Capture d’écran du site Mega

J'ai testé pour vous Mega, le nouveau service de Kim Dotcom

Un an après, Kim Dotcom revient avec un nouveau site de stockage de fichiers. Megaupload a laissé la place à Mega, pour le meilleur et pour le pire des industries culturelles. Dans le viseur, l'Amérique de Barack Obama. Du coup, on l'a testé pour vous. 

"Plus grand. Meilleur. Rapide. Fort. Sûr" (Capture d'écran du site Mega)

C'est une coïncidence, une passe d'armes symbolique, qui s'est jouée entre le 19 et le 20 janvier. Hier soir à 19 heures, heure de Paris, le nouveau site de Kim Dotcom, Mega, a été lancé sur la Toile. Le lendemain, Barack Obama a prêté serment pour son deuxième mandat à la tête des États-Unis.

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Kim Dotcom n'aurait pas pu choisir meilleure date pour inaugurer sa réponse virtuelle, sa revanche personnelle. Car selon lui, derrière la fermeture de MegaUpload en janvier 2012, il y aurait une décision politique : Barack Obama a beaucoup de soutiens proches de l'industrie du cinéma. Et ces derniers ont eu beaucoup à gagner en supprimant une gigantesque épine de leur pied : MegaUpload.

Mega a donc été propulsé dans la mare aux services de stockage de fichiers. En l'espace de quelques heures, c'est la ruée vers le site. Kim Dotcom, sur Twitter, n'en revient pas : «Wow. Je n'ai jamais vu une chose pareille. De 0 à 10 gigabits d’utilisation de bande passante en dix minutes ».

Capture d'écran Twitter

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Dans la foulée, ce sont près de 250 000 demandes d'enregistrements, toujours selon Kim Dotcom sur Twitter, qui ont été enregistrées sur l'interface de Mega. Pari réussi ?

Capture d'écran Twitter

Un Dropbox survitaminé

Ces derniers jours, les caractéristiques de Mega ont été dévoilées sur les réseaux sociaux par l'Allemand, grand amateur de courses de voitures. Elles sont désormais visibles, lorsque les serveurs le permettent :

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  • l’accès, gratuitement, à un espace de stockage de 50 Go. C'est bien supérieur à un service comme Dropbox qui n'accorde que 2 Go d'espace gratuit et un supplément de 16 Go si on parraine un nouveau compte. Si Mega a gardé une caractéristique de son grand frère MegaUpload, c'est bien le superlatif "Mega";

Capture d'écran du site Mega

  • les fichiers et dossiers sont cryptés;
  • le service de stockage ne sera pas accessible aux États-Unis;
  • les contenus seront accessibles, ou non, en fonction de la volonté du propriétaire du compte.

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Ce que confirme Finn Batato, responsable du marketing pour Mega et interrogé par Écrans.fr :

C’est à l’utilisateur de décider ce qu’il veut faire avec la clé qui permet d’accéder à ses données, qui ne sera pas publique. Egalement, l’équipe Mega ne pourra pas voir ou obtenir une clé : les données sont totalement privées et protégées.

Car l'utilisateur de Mega peut partager une partie ou l'ensemble de ses contenus via l'ajout de contacts. Pour cela, rien de plus simple : il vous suffit de connaître l'adresse email avec laquelle votre connaissance a créé son compte Mega.

Capture d'écran du site Mega

Il est aussi possible de transférer un fichier ou un dossier à une personne qui n'a pas de compte Mega en s'aidant d'une simple URL. Une fois votre fichier téléchargé sur votre espace, réalisez un clique droit sur votre fichier et allez sur "Recevoir le lien". Là, vous pourrez copier le lien de votre fichier.

Capture d'écran du site Mega

Lorsque la personne le recevra, elle tombera sur une page, similaire à celle ci-dessous, et pourra télécharger le contenu. Il vous sera seulement demandé d'accepter les "Conditions d'utilisations de MEGA".

Capture d'écran du site Mega

De futurs soucis avec la justice ?

15 minutes avant le lancement de Mega, Kim Dotcom n'a pas pu s'empêcher de provoquer le président Barack Obama sur Twitter. Mais est-ce que l'Allemand, aux côtés de Mathias Ortmann, Bram van der Kolk, et Finn Batato, évitera la case justice avec ce nouveau doigt d'honneur réalisé en direction des États-Unis ?

Capture d'écran Twitter

Il faut savoir qu'en 2012, MegaUpload a été accusé de ne pas avoir supprimé des fichiers au regard du respect des droits d'auteur. Et les 175 milllions de dollars de chiffre d'affaires généré par le site chaque année (qui produisait jusqu'à 4% du trafic mondial sur Internet), n'ont pas réjoui les industries culturelles.

Bien qu'il existe une loi aux États-Unis (la Digital Millenium Copiryght Act) et une jurisprudence (Google vs Viacom, 2010) qui permettent aux fournisseurs américains d'accès à Internet de pas être responsables des contenus qui passent par leur bande passante, MegaUpload n'en a jamais profité. Car à la différence de Google vs Viacom, l'affaire instituée contre Kim Dotcom avec l'appui d'une vingtaine d'agents du FBI, est directement passée au pénal. Résultat, par mesure de précaution, Mega n'est pas accessible aux États-Unis.

Aujourd'hui, Kim Dotcom se sert du sacro-saint respect de la vie privée pour que son nouveau bébé évite les futurs procès. C'est ici que l'idée des fameuses "clés" entrent en jeu : elles illustrent, à travers les fichiers cryptés et la possibilité pour les utilisateurs de garder leurs comptes isolés, la barrière de la vie privée. Argument ultime imaginé par Kim Dotcom : Mega aura les yeux fermés sur tous les comptes.

Finn Batato confirme :

Mega fournira un secret total lors du stockage ou de l’échange de vos données personnelles, le tout d’une façon très pratique grâce à un système d’encodage qui fonctionne directement depuis un navigateur Internet, ce qui est une première mondiale.

Et le site Mega de citer l'article 12 de la Déclaration universelle des droits de l'homme :

Nul ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes.

Par Louis Lepron, publié le 20/01/2013

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