Jafar Panahi dans son film « Ceci N’est Pas Un Film » (2011)

Interdit de réalisation, il présente son film par Skype

Le réalisateur iranien Jafar Panahi, interdit de réalisation, a présenté son nouveau film au Festival International de films de Karlovy Vary (République Tchèque) à l'aide de Skype. Retour sur un parcours hors du commun.

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Jafar Panahi dans son film "Ceci N'est Pas Un Film" (2011)

Réalisateur qui compte parmi les plus influents de la Nouvelle Vague iranienne, Jafar Panahi a reçu des prix partout dans le monde : à Cannes (Caméra d'Or à Cannes pour le Ballon Blanc en 1995), à Locarno (Léopard d'Or pour Le Miroir en 1997), à Venise (Lion d'Or en 2000 pour Le Cercle) ou encore à Berlin (Ours d'Argent pour Hors-Jeu en 2006).

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On retrouve dans ses films une thématique omniprésente : celle de l'absence de liberté en Iran. Ouvertement opposé au régime mis en place dans son pays, le réalisateur va se voir refuser la diffusion de certains de ses films chez lui.

Un cinéaste engagé qu'on veut faire taire

En effet le régime interdit progressivement la diffusion de ses films : Le Cercle, Sang d'Or et Hors Jeu ne seront pas diffusés en Iran, alors qu'ils gagnent à l'étrangers des prix très prestigieux. Bien qu'elles ne soient pas projetées, ses oeuvres sont diffusées de façon clandestine en DVD dans le pays. Jafar Panahi participe également à des manifestations dans la rue, pour contester les injustices dont sont victimes les Iraniens, et arbore même une écharpe verte (couleur de l'opposition) au Festival de Montréal.

En 2010, il est interdit par le régime de se rendre à Berlin où il est invité d'honneur. Il est ensuite incarcéré avec sa famille, pendant le Festival de Cannes, pour lequel il avait été convié pour faire partie du jury. Panahi entame une grève de la faim pour protester contre les conditions de vie dans la prison d'Evin. Les organisateurs du Festival placeront une chaise à son nom à côté des personnalités présentes à Cannes, pour montrer leur mécontentement.

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panahi

La chaise vide de Cannes (2010).

Même schéma à la Mostra de Venise. Son court-métrage L'Accordéon est sélectionné mais il ne pourra pas venir le défendre. En fin d'année 2010, Jafar Panahi est condamné à six ans de prison et à une interdiction de réaliser des films et de quitter le pays pendant vingt ans. Mais le cinéaste iranien ne va pas se laisser faire.

Ceci n'est pas un film

En 2011 Jafar Panahi présente son film Ceci n'est pas un film à la Croisette. Filmé à l'aidé d'une caméra numérique et d'un iPhone dans sa résidence surveillée, le film est un documentaire sur l'interdiction de filmer  : paradoxal. Il montre le quotidien du réalisateur et d'un de ses amis cinéastes, en dénonçant la difficulté de réaliser des films en Iran. Le film est apporté au festival de Cannes sur une simple clé USB. L'histoire raconte même qu'elle aurait été dissimulée dans un gâteau.

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Panahi a presenté son nouveau film via une conversation Skype.

Cette année, il co-réalise avec Kambuzia Partovi le film Closed Curtain, qui reçoit l'Ours d'Argent du meilleur scénario. Le film est toujours tourné en secret au domicile du réalisateur. Panahi vient de le présenter via une conférence Skype lors du Festival de Karlovy Vary (République Tchèque).

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Par Etienne Dang, publié le 05/07/2013

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