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Le personnage culte d'Hannibal s'empare du petit écran

Publié le

par Lorraine Besse

Incarné par Mads Mikkelsen, le personnage culte d'Hannibal fait aujourd'hui peser son ambiance mortifère sur le petit écran français, depuis le 21 septembre sur Canal +. Pour notre plus grand plaisir.

Le simple nom du Docteur Hannibal Lecter suffit à évoquer l'histoire terrifiante du célèbre cannibale. Un livre original, différentes interprétations à travers plusieurs films (dont la plus remarquable restera toujours celle d’Anthony Hopkins dans Le Silence des Agneaux ou Red Dragon), et quelques cauchemars plus tard, voilà la série Hannibal qui débarque sur NBC.

Mais quel est l'intérêt de s'attarder une nouvelle fois sur le même personnage, si fascinant qu'il soit ? La réponse tient en un nom : Mads Mikkelsen. Inoubliable monsieur Le Chiffre dans Casino Royale, monstre brut venu du froid, il incarne avec une facilité désarmante, et presque un peu dérangeante, le personnage ambigu du psychiatre qui mangeait les gens. Certes, n'est pas Hopkins qui veut, mais Mikkelsen s'en sort admirablement bien pour faire frissonner. Autour de lui, mystérieux, on retrouve Will Graham, un agent profiler du FBI un peu à bout de nerfs, qui a désespérément besoin de l'aide d'un psychiatre. Mais est-ce pour consulter les cas sur lesquels il travaille ? Ou pour l'analyser ? Difficile de vraiment être fixé sur la question…

Un duo d'acteurs pour une dynamique réussie

Les deux hommes forment à première vue un duo assez surprenant. Pourtant, la dynamique qui s'installe entre les deux acteurs fonctionne à merveille. Rapidement, on s'aperçoit qu'au-delà d'histoires de meurtres, plus horribles les unes que les autres, à résoudre, c'est un drame psychologique qui se met en place. Entre pression, manipulation et soumission, les deux hommes jouent l’un avec l’autre à un jeu dont les règles ont clairement été inventées par Lecter.

Oppressante, et stressante, la mise en scène de Bryan Fuller achève de nous convaincre. S'il n'y a aucun suspense sur l'identité de Hannibal et son régime un peu particulier, cela n'en est pas pour autant gênant. Fuller s'amuse avec le spectateur, faisant de chaque détail un clin d'œil à ce que le public sait déjà du personnage. Il utilise ce que le spectateur connaît d’une façon très intelligente, rendant tout acte qui à première vue semblerait innocent, réellement inconfortable.

Et même si Fuller n’a pas encore montré Hannibal entrain de tuer, chaque scène de repas devient alors suspecte et bien plus intense, chaque remarque innocente d'Hannibal prend tout son sens lorsque l’on a à l’esprit les paroles d’Anthony Hopkins à propos du divin mariage entre le foie humain et un verre de chianti. Et non sans une certaine ironie, on s'amuse d'entendre le docteur dire qu'il adorerait nous avoir pour dîner.

Finalement, la série n'en est qu'à son troisième épisode et elle est déjà si prenante qu'on ne peut plus s'en passer. À tous ceux qui aiment une certaine ambiance pesante, celle-ci est pour vous.

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