Sur Facebook une page contre la destruction de la Tour Paris 13

La Tour Paris 13 a terminé sa résidence parisienne. Après un mois d'exposition aux yeux du public, elle va fermer ses portes pour disparaître. Une page Facebook combat sa destruction.

La Tour Paris 13, ce phénomème street-art qui s'est déroulé au cours du mois d'octobre à Paris, n'a pas dit son dernier mot. C'est en tout cas la volonté de Vincent Smadja. Ce directeur en communication d'un label a décidé de lancer une opération de soutien à sa préservation sur Facebook.

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En chiffres ? 4 500 m², 9 étages, 36 appartements, plus de 80 street-artistes de 16 nationalités différentes pour 30 jours d'exposition. En somme, une initiative qui aura dicté l'actualité culturelle du 13ème arrondissement de Paris pendant un mois et qui se voulait accessible au public. Tellement, que ce dernier devait faire face à de longues, très longues heures d'attente.

Pas plus de 49 personnes en même temps

Derrière cette lenteur, des directives : pas plus de 49 personnes en même temps dans le bâtiment pour des raisons de sécurité. Résultat : 30.000 personnes en un mois qui ont parcouru ses chambres, couloirs et escaliers... mais au moins tout autant de frustrés qui n'ont pas pu y accéder.

Comme le précise Vincent Smadja, contacté par Konbini, "la Tour Paris 13 va disparaître pour faire place à quelques logements sociaux". Et de préciser : "Cette tour unique au monde dans laquelle réside des œuvres street-art subit un processus de destruction. Cela nous attriste". En conséquence, avec deux autres personnes, il a créé une page Facebook de soutien : "Sauvons la Tour Paris 13".

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Lors de l'envoi des questions à son créateur, la page comptait 5.000 personnes. Deux heures plus tard, ils étaient près de 8.000 à participer à la cause.

"Rassembler une opposition à la destruction"

"J'ai créé la page le 4 novembre. Mon but était de rassembler l'opposition à la destruction de la Tour Paris 13 mais, aussi, que les responsables de celle-ci voient la page et les nombreux fans qui parlent d'une même voix".

Pour Vincent, l'idée artistique était trop belle :

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J'ai eu la chance d'y aller et je peux vous dire que c'est à couper le souffle. Le monde du street-art est éphémère, certes, mais ça nous fait réellement mal au coeur de voir de si belles oeuvres finir en cailloux. Le concept de la Tour 13 est unique au monde et a lancé de nombreux mouvements (notamment au Japon). La démarche d'exposer un art à tous est une démarche artistique. J'admire donc ce travail.

Quand on souligne l'éphémérité du street-art et le lien que cela a eu avec le succès de l'exposition, il est d'accord, mais nuance :

En effet, de base le street-art est un art éphémère. Mais suivant cette logique, la tour devrait être en libre accès. Or celle-ci est limitée à 49 personnes dans l'enceinte. La Tour 13 ne respecte donc pas les codes du street-art mais est tout de même respectable, ainsi que les artistes y exposant.

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Cette problématique va plus loin et pose d'autres questions qu'on lui soumet. Soit : "Qu'est-ce que cela dit du street-art si cette tour est détruite ?" et "Est-ce que le street-art n'est finalement qu'un art toujours voué à disparaître de la circulation ?".

Lorsque la Tour 13 sera détruite, il n'en restera que des souvenirs pour ceux qui ont eu la chance d'y pénétrer. Pour les autres, ce sera une déception, voire une frustration, même si le bâtiment aura un certain prestige. Pour ma part, un art doit être sauvegardé. C'est ce qui nous aide à retracer l'histoire et la culture.

Et Vincent ne parle pas de "muséification". Selon lui, "le street-art a sa place dans l'histoire et peut être une institution. D'ailleurs, le plus grand mérite de l'art n'est pas d'être oublié mais d'être transmis".

Le but de la page Facebook est clair : il s'agit de médiatiser une volonté collective.

Mon seul objectif est de faire méditer les responsables de cette Tour qui pour moi font une erreur. Les membres de "Sauver la Tour Paris 13" sont une reconnaissance au travail des somptueux artistes ayant participé au projet.

Par Louis Lepron, publié le 06/11/2013

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