Les figurines des personnages de Django Unchained

Django Unchained accusé de banaliser l'esclavagisme

Depuis la sortie de Django Unchained aux États-Unis, Quentin Tarantino a été accusé de racisme. La récente vente de figurines à l'effigie des personnages du film n'a pas amélioré les choses : elle a mis le feu aux poudres des organisations de défense des droits civiques.

La figurine incriminée : Stephen, joué par Samuel L. Jackson, "esclave de maison".

Des figurines pas plus hautes que huit pouces, soit 20 centimètres, sont aujourd'hui au centre d'une polémique qui touche Quentin Tarantino. Elles représentent des personnages de son dernier film, Django Unchained, et ont été mises en vente après avoir été approuvées par les producteurs, soit The Weinstein Company. Une organisation des droits civiques n'a pas pas apprécié leur portée symbolique.

Publicité

En cause, une poupée qui illustre le personnage de Stephen, un esclave "maison" joué par Samuel L. Jackson. Interrogé par l'agence américaine Associated Press, Najee Ali, directeur de l'organisation de défense des droits civiques Project Islamic Hope, est furieux :

C'est une claque dans le visage de nos ancêtres [...]. Nous sommes outragés car nous sentons que cela banalise les horreurs de l'esclavagisme et de ce que les afro-américains ont traversé.

Les figurines des personnages de Django Unchained

Publicité

Pour autant, Najee Ali n'est pas opposé à ce que Django Unchained aborde le thème de l'esclavage ni qu'il utilise aussi librement le terme "nigger" ("nègre" en français). En parallèle, le révérend KW Tullos, président du National Action Network [une organisation des droits civiques fondée en 1991 par le révérend Al Sharpton, ndlr] fait une différence entre les figurines et le film :

[Django Unchained] est un film pour adultes mais ces figurines sont à destination des enfants. Nous ne voulons pas qu'elles soient utilisées pour divertir, pour se moquer de l'esclavage.

Sur Amazon : des commentaires qui divergent

Pour prendre le pouls des consommateurs, The Guardian est allé faire un tour sur le site d'Amazon et est revenu avec deux types de réactions : les choqués et ceux qui relativisent et vont jusqu'à comparer Django Unchained à Pocahontas. Pour Berneta Haynes, "le film Django Unchained est une moquerie à l'égard de la lutte des afro-américains dans ce pays. Quentin Tarantino et son équipe devrait avoir honte".

Publicité

Capture d'écran du site Amazon.com

Pour le pseudo "Respect", les figurines sont une offense à ses ancêtres : "Je suis choqué que quelqu'un puisse exploiter la lutte de mes ancêtres et, dans son intégralité, le mouvement de la liberté avec des figurines sans goût, sans classe et dégoutantes [...]".

Capture d'écran de Amazon.com

Publicité

En parallèle, des internautes ont réagi aux aux commentaires de personnes qui se disaient blessées. L'un compare Django Unchained à Pocahontas : "Tournez la page. C'est une poupée. Pour un film. Vous n'avez pas protesté pour les jouets de Pocahontas. Vous n'avez pas protesté contre les jouets de La Princesse et la Grenouille ou Avatar [...]".

Capture d'écran Amazon.com

L'autre contredit le révérend KW Tullos : "Ces poupées n'ont rien fait de mal. Elles sont des personnages d'une fiction. Elles sont pour des adultes qui collectionnent des figurines. Et je suis sûr que si ces figurines ou le film avaient été racistes, Samuel [L. Jackson] et Jamie [Foxx] n'en auraient pas fait partie [...]".

Capture d'écran du site Amazon.com

Le 27 décembre dernier, le réalisateur Spike Lee avait été le premier à déclarer publiquement, au cours d'un entretien pour Vibe TV, son refus d'aller voir Django Unchained par respect pour ses ancêtres :

Je ne peux pas en parler, parce que je n’irai pas le voir. Je ne veux pas le voir [...]. Je pense que ça serait manquer de respect à mes ancêtres. C’est tout ce que j’ai à dire. Je ne peux pas manquer de respect à mes ancêtres. Je ne peux vraiment pas… Après, ce n’est que mon avis, et je ne parle qu’en mon nom propre.

Mauvais buzz ou pas, Django Unchained a déjà amassé près de 100 millions de dollars au box-office américain en deux semaines. En France, les hostilités débuteront le 16 janvier prochain.

Par Louis Lepron, publié le 09/01/2013

Copié

Pour vous :