Une journaliste en colère contre une pochette de Crystal Castles

Sorti en novembre dernier, le troisième album de Crystal Castles fait à nouveau l'actualité en raison de sa pochette. Une journaliste n'a pas aimé le détournement de ce qui est, à l'origine, une photo prise au Yémen.

Crystal Castles

C'est une question d'éthique professionnelle qui se pose. Un photographe a t-il le droit de faire tout ce qu'il veut de ses créations ? Un cliché de guerre, sied-il à la couverture de l'album d'un groupe en vue ?

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C'est la question que pose la photo-journaliste Madeleine Corcoran qui a éructé en découvrant (un peu en retard) la pochette du dernier album de Crystal Castles. La réponse quant à elle est moins aisée.

De la cécité du photo journalisme : (III) de Crystal Castles

 

Les mots sont durs, amers, d'autant plus que la photo en question n'est pas l'oeuvre de n'importe qui et n'est pas passée inaperçue avant sa seconde vie dans le milieu de la musique. Grâce à ce cliché d'une mère et de son fils lors du conflit au Yémen, le photographe Samuel Aranda remporte le prix Worldpress 2012 de la meilleure photo.

L'utilisation de la photo primée par les canadiens de Crystal Castles déplait au plus haut point à Madeleine Corcoran. Dans son texte La cécité du photo journalisme est claire comme de l'eau de roche, elle écrit :

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Voilà ce qui arrive quand le consumérisme prime et est dirigé par un ensemble d'idéologies excentrique, raciste, patriarcal, et blanc que seuls les occidentaux se permettent. Voilà ce que fait le consumérisme au corps, aux histoires, aux identités, au chagrin et à l'humanité : transformer tout cela en une pile de merde jetable au nom du cool.

Interloqué par cette agression en bonne et due forme (bien que le fond puisse être reçu), le photographe répond à ce qu'il juge être une diatribe, une déclaration sensationnelle sans fondement et surtout sans arguments recevables :

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La réponse à cette polémique que vous essayez de créer de toutes pièces est simple : je suis toujours en contact avec cette femme et son enfant et ils m'ont donné leur accord. C'était aussi une volonté du groupe de mettre en lumière ces individus qui se sont battus pour leurs droits au cours de ces deux dernières années.

Les paroles de Samuel Aranda mises en doute

Tout est bien qui finit bien. Du moins, c'est ce qu'on pouvait penser jusqu'à ce retournement de situation que le site Petapixel met sur la table. A la lecture d'une interview du photographe datant de novembre 2012, soit peu avant la sortie de l'album, l'assentiment des deux sujets ne semblait pas évident.

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A la question "Que pensez de la réaction de Fatima et Said [la mère et le fils, ndlr] ?", l'intéressé a répondu :

Je pense qu'ils le prendront bien. Ce sont des gens biens et ouverts.

Ceci ajouté à ses déclarations sur son inquiétude quant à l'exploitation commerciale du cliché met en doute la véracité de ses dires aujourd'hui. Ce qui donne une toute autre tournure à ce débat. A suivre.

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Source : PETAPIXEL

Par Tomas Statius, publié le 13/03/2013

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