Banksy rend hommage aux deux tours du World Trade Center

Banksy rend hommage aux tours du World Trade Center

Le street artist Banksy ouvre son propre musée alternatif dans les rues de New York, en parallèle de son projet Better Out Than In. Mais pas seulement : un camion et une vidéo YouTube sont aussi au rendez-vous.

banksy

(Capture d'écran YouTube)

On vous en avait parlé il y a quelques jours, le célèbre Banksy a annoncé son nouveau projet, Better Out Than In. Sur son site internet, l'artiste annonce investir les rues de New York de ses graffitis. Ses oeuvres iconoclastes et intelligentes feront alors surface dans la Grosse Pomme dans le courant du mois d'octobre, faisant des rues de la métropole un véritable musée à ciel ouvert. Et la deuxième a fait surface (image ci-dessous).

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Banksy

Désobéissance civile. (Crédits : Banksy)

Pour renforcer l'impression de musée, l'artiste (dont des oeuvres ont été dérobées récemment à des fins pécunières) accompagnera chaque oeuvre d'un numéro de téléphone gratuit. Celui-ci donne accès à un audio-guide, avec cette pointe d'humour acerbe qui caractérise le street artist : musique d'ascenseur, étymologie du mot graffiti, explication sommaire. Bref, comme dans un vrai musée. Pour écouter un extrait du premier audio-guide, rendez-vous sur la page internet de l'oeuvre.

Le numéro de téléphone correspondant à l'audio-guide de l'oeuvre que vous contemplez (Crédits : Banksy)

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Le 3 octobre : 24 h pour deux détériorations

Et si l'initiative est à signaler, il est maintenant évident que la personnalité Bansky mais aussi sa conception de l'art urbain ne font pas l'unanimité.

La disparition

Ainsi quelques heures après l'apparition du collage, le magazine The Lo-Down constatait une première "détérioration", le panneau "Graffiti Is A Crime" ayant disparu puis remplacé par une affiche similaire mais au message différent (information corroborée et précisée par Animal New York).

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La réapparition

Selon Death And Taxes, le coup pourrait être attribué au Smart Crew, visiblement en désaccord avec les vus du street-artist britannique. Dernière nouvelle en date : le mur serait recouvert définitivement de peinture blanche. Seuls les contours apparaissent. Comme un fantôme.

L'annihilation

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Au moment où l'on s'apprête à refermer le dossier Banksy, on constate qu'une nouvelle oeuvre de l'artiste est apparue du côté de New York. L'inscription "This Is My New York Accent... Normally I Write Like This" se donne à présent à voir du côté du Westside. La localisation précise est encore inconnue. Celle-ci est un hommage un peu décalé au "hand style" de la Grosse Pomme. Et une peinture par jour semble être le rythme qu'il s'est imposé. Si c'est le cas, nul doute que le mot dièse #banksyny va gonfler.

4 octobre : contre-offensive de Banksy

Ce 4 octobre, le street-artist semble avoir trouvé la parade. Après s'être fait recouvrir certains de ses propres graffitis, Banksy a lui aussi sa propre manière de se défendre, ajoutant le terme "The Musical" ("la comédie musicale") à certaines oeuvres de ses pairs. Les images sont présentes sur le site dédié à son projet new yorkais, Better Out Than In.

(Crédit : Banksyny.com)

(Crédit : Banksyny.com)

(Crédit : banksyny.com)

5 et 6 octobre : Numérique et techniques mixtes

Quand on apprenait que Banksy élisait domicile dans le ville qui ne dort jamais pour un petit mois, on imaginait une production importante de fresques, pochoirs, ou autres interventions dans l'espace public. Mais au cours des derniers jours le Britannique nous a étonné. D'abord en proposant une oeuvre itinérante, All City, installée à l'arrière d'un fourgon. Au programme ? Paysage paradisiaque, arc-en-ciel et papillons. Et comme l'indique le message vocal adjoint aux images de l'installation sur son site internet : "l'oeuvre est là pour vous apporter du calme", denrée rare dans les grandes villes.

(Crédit : banksy.co.uk)

(Crédit : banksy.co.uk)

Et si cette intervention pouvait étonner, l'opus dominical de ce mois Banksy à New York est encore plus déroutant. Une vidéo d'Al Jazeera donnant à voir des rebelles tirant au lance-roquette sur un engin non identifié a fait son apparition hier dans la journée. Et la chute n'est pas ce à quoi on s'attendait.

Preuve qu'en dépit des remous autour de sa venue, le britannique parvient à garder le rythme. Et à créer.

7 et 8 octobre : Des références au passé

Après des créations "ex nihilo", les deux dernières oeuvres de Banksy fourmillent de références. Qu'il s'agisse du passé de l'artiste ou de l'époque antique.

Prenons les choses dans l'ordre. Le 7 octobre, encore du côté du Brooklyn, un nouveau "pochoir" de l'artiste britannique apparaissait. Et celui-ci n'est pas sans rappeler un oeuvre précédente. Appréciez plutôt.

Crédit Image Banksy

Crédit Image Banksy

Rappelez-vous la petite fille qui laissait filer son ballon, auquel était adjoint le message optimiste : "Il y a toujours de l'espoir". 

Crédit Image Phaidon

Et là où le ballon est intact dans sa version originale, celui-ci est apparu plein de sparadraps du côté de New York. Comme une manière de réaffirmer la permanence de l'espoir malgré la difficulté ?

L'opus à dater du 8 octobre du natif de Bristol fait quant à lui écho aux écrits du philosophe grec Platon. Et à ses considérations sur la facticité de certains penseurs. L'oeuvre ne se distingue pas tant par son inventivité graphique (des lettres tracés volontairement, on le suppose, maladroitement sur un mur) mais bien plus par le message qu'il véhicule.

Crédit Image Banksy

Comme si par cette oeuvre l'artiste relativisait son influence et la supposée profondeur de ses créations. Comprenne qui pourra. Nous on l'interprète de cette manière.

11 octobre :  payer pour voir

Tout a commencé par une photo téléchargé sur un site : on est témoin d’un pochoir de Banksy dans lequel un rat est à côté d’un poteau renversé. Une fois la localisation “exacte” de l’oeuvre trouvée, la chasse au graff a débuté ans les rues de New York. Cette ruée (c’est à l’est du quartier de Brooklyn que le pochoir se trouve) aboutit à un rebondissement : une fois arrivés sur place, au 272-290 Bradford Street – East New York, les spectateurs ont été confrontés à un groupe de jeunes hommes.

Comme le rapporte, non sans ironie, le magazine Gawker, ce groupe, posté devant le mur, a fait payer les badauds pour voir la dernière pièce de l’artiste britannique.

Si le magazine annonce un prix de cinq dollars, la publication Gothamist assure que les enchères ont désormais grimpé jusqu’à 20 dollars pour un simple coup d’oeil. Et précise qu’avant de rendre la “contemplation” de l’oeuvre payante, les deux jeunes hommes avaient essayé, en vain, de “retirer” le pochoir de son support d’origine au burin.

Pour être complet sur le sujet, rappelons qu’en marge de cette annonce, la nouvelle oeuvre de Banksy (pas encore dévoilée) semble avoir été découverte en avant-première : un camion rempli de peluches se promenant dans les rues de la ville. Le jeu de piste n’est pas encore fini.

Crédit Image Street Art News

14 octobre : des toiles en vente

L’homme, originaire de Chicago, voulait seulement “quelque chose pour [ses] murs” histoire de décorer son chez soi. Il est reparti avec trois œuvres de Banksy pour la modique somme de 240 dollars. Soit 80 dollars la pièce. Le monsieur est l’un des seuls (avec deux autres personnes) à avoir pris le “risque”, en pleine rue, d’acheter des œuvres du street-artist. Ce dernier a élevé un stand en relation avec sa résidence d’un mois dans la Grosse pomme, comme le précise The Telegraph.

Une néo-zélandaise est aussi repartie deux petites peintures en dépensant 120 dollars tandis qu’une autre femme a réussi à offrir à son enfant, en diminuant le prix de moitié (marchandage oblige), une œuvre pour même pas 60 dollars. Et quand on regarde des vidéos “de surveillance”, on ne sait pas s’il ont conscience qu’ils s’offrent du Bansky et que leur achat pourrait se revendre des milliers de dollars sur le marché de l’art. Certains auraient une valeur tournant autour de 160 000 euros.

15 octobre : hommage au WTC

Au bas d'un mur d'un immeuble de New York, deux petites tours sont apparues : il s'agit de la silouhette du World Trade Center. L'une des tours possède une fleur tout à son sommet. Banksy rend hommage, à mi-parcours de son mois de résidence, à une période difficile pour les États-Unis et plus particulièrement pour la Grosse pomme.

Banksy rend hommage aux deux tours du World Trade Center

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Par Théo Chapuis, publié le 15/10/2013

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