Capture d’écran YouTube

Ai Weiwei fait du (mauvais) heavy metal

Ai Weiwei a décidé d'illustrer ses conditions de détention en Chine avec un clip pour la chanson "Dumbass". Elle est le premier extrait d'un album qui devrait sortir bientôt.

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En 2011, Ai Weiwei était désigné comme la figure de l'art contemporain la plus puissante de l'année par le magazine Art Review. Son militantisme faisait de lui un artiste résolument collé au réel. Détenu en prison pendant 81 jours par le gouvernement chinois en 2011, il a eu besoin d'exorciser cette triste expérience en enregistrant une chanson de heavy metal nommée "Dumbass". Bonne nouvelle : celle-ci a son clip.

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Mauvaise nouvelle : celle-ci est mauvaise. Ai Weiwei chante faux, la musique est une parodie de neo-metal et les arrangements n'évitent pas de sombrer dans la mièvrerie. Pire encore, la chanson est issue d'un album entier à paraître sous le nom Divine Comedy.

Il a été composé par Wu Hongjin alias Zuoxiao Zuzhou, star de la scène underground censuré dans son propre pays.  "Aujourd’hui ils ont interdit le rock’n roll", confie Ai Weiwei à RFI. "Ils ont fait comprendre à mon ami Zhao Zhuzhou qui a écrit la musique de l’album, qu’il ne pouvait plus se produire sur scène. (...) Quel pays en dehors de la Chine interdit ainsi le rock’n roll à part la Russie où les Pussy Riot sont toujours en prison ?".

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80 centimètres de distance de sécurité

Tant pis pour la qualité de la musique puisque le clip en question est surtout là pour raconter les conditions de détention subies par l'artiste, considéré alors comme dissident, notamment à cause de son engagement auprès de la Charte 08, mais officiellement pour fraude fiscale.

L'artiste a donc été traité avec peu d'égards. Et c'est ce qu'il essaye de montrer dans sa vidéo où il se fait raser le crâne, travestir et suivre en permanence par deux gardes qui devaient, selon lui, le suivre et rester en permanence à 80 centimètres de lui. Réalisé par l'Australien Christopher Doyle - qui a notamment collaboré avec Wong Kar Wai, le clip a été tourné dans une "réplique exacte" de la pièce dans laquelle était enfermé Ai Weiwei, selon les dires de l'artiste.

Ai Weiwei n'en est pas à son coup d'essai. Déjà, suite au phénomène généré par le tube intercontinental "Gangnam Style", son équipe et lui-même avaient réalisé une version home made de l'infâme chanson. Cette vidéo avait été tournée pour réclamer le droit à se réaliser individuellement... même au travers des mèmes internet.

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Question actu, Ai Weiwei attend toujours de récupérer son passeport pour participer à la Biennale de Venise. La rédaction de Konbini espère de tout coeur que les autorités le lui délivreront, et plus encore que le cas échéant, il n'y chantera pas.

Par Théo Chapuis, publié le 22/05/2013

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