Irmela Mensah-Schramm, 68 ans, n’aime pas les messages racistes

À 68 ans, elle supprime tous les messages racistes

En Allemagne, il y a parfois de fortes têtes. Irmela Mensah-Schramm en est une. Depuis 27 ans, elle n'hésite pas à s'arrêter dans la rue pour supprimer tout message raciste. Ça lui vaut aujourd'hui un documentaire.

messages racistes

Irmela Mensah-Schramm, 68 ans, n'aime pas les messages racistes. Alors elle les enlève.

Irmela Mensah-Schramm n'est pas une Allemande comme les autres. Depuis 27 ans, elle déambule dans les rues de Berlin avec un objectif en tête : supprimer toutes traces de propagande raciste dans la capitale allemande. Les graffitis ou slogans finissent sous une couche de peinture noire, les affiches sont arrachées à la main tandis que les stickers les plus nauséabonds sont enlevés à la truelle. Panneaux, boîtes postales, arrêts de bus, poteaux grisâtres : tous les supports y passent.

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Dans un documentaire, The Hate Destroyer, Vincenzo Caruso et Fabrizio Lussu reviennent sur l'histoire de cette Allemande dont le travail a été relayé par la presse allemande et internationale.

Du haut de ses 68 ans, elle se surnomme une "nettoyeuse politique", une "Politputze" dans la langue de Goethe. Avec son petit cabas, elle trimballe une flopée d'instruments de torture pour ces messages d'extrême-droite qu'elle exècre.

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Un petit docu sur une grande protestation

Irmela Mensah-Schramm au travail

Tout a commencé en 1986 lorsqu'elle aperçoit à un arrêt de bus de Berlin un sticker. Dessus, un message favorable à la libération du nazi Rudolf Hess, connu pour avoir été un proche d'Adolf Hitler et l'un des rédacteurs des lois de Nuremberg. Plus tard dans la journée, elle revient chez elle : le sticker est toujours là. Elle décide alors de l'enlever à l'aide de ses clés.

De cette action, Irmela Mensah-Schramm va continuer à rayer le mobilier urbain (parfois à caractère privé) en Allemagne pour mieux éradiquer ces messages xénophobes. Et comme elle le souligne dans un article du Goethe Institut :

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Si je ne le fais pas, qui va s'en charger ?

De cette farouche volonté, Irmela aura gagné la reconnaissance de l'administration allemande. Elle a été citée à l'ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne [la récompense la plus élevée en Allemagne, ndlr] mais a refusé cet honneur : d'une, une pièce de métal ne vaut rien à côté de l'encouragement des citoyens. De deux, cette récompense ne vaut rien selon elle : lors de la Seconde Guerre mondiale, des politiciens nazis l'avaient aussi reçu.

Au cours de son combat Irmela Mensah-Schramm s'est retrouvée une fois face à un néo-nazi horripilé parce qu'elle avait eu le toupet de retirer d'un poteau une croix gammée. Elle n'a pas reculé.

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Par Louis Lepron, publié le 07/10/2013

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