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Woody Allen sur Harvey Weinstein : "C’est un homme triste et malade"

Publié le

par Marie Jaso

Alors que les prises de position sur l’affaire Weinstein demeurent principalement féminines, Woody Allen a décidé de prendre part au débat. Et il aurait peut-être mieux fait de s’abstenir.

Woody Allen dans <em>To Rome With Love</em>. (© Mars Distribution)

Woody Allen, dont le fils Ronan Farrow a mis en lumière le scandale Weinstein et permis l’ouverture d’une enquête par la police de New York, s’est décidé à aborder l’affaire dans une interview pour la BBC samedi 14 octobre, après un long silence, déclarant :

"Toute l’affaire est très triste pour tout le monde. Tragique pour toutes les pauvres femmes impliquées, triste pour Harvey Weinstein dont la vie a été bouleversée. Il n’y a aucun gagnant dans l’histoire."

Par ailleurs, il met également en garde contre ce qui pourrait devenir une "ambiance de chasse aux sorcières", expliquant que "si chaque homme qui fait un clin d’œil dans son bureau à une femme doit soudain appeler un avocat pour le défendre, ce n’est pas bon non plus".

Sévèrement critiqué et accusé de prendre la défense d’Harvey Weinstein – avec lequel il a travaillé à plusieurs reprises, notamment pour Maudite Aphrodite (film sur lequel l’actrice Mira Sorvino a révélé avoir été agressée sexuellement par le producteur) et Tout le monde dit I love you – et de le mettre sur le même plan que ses victimes, le réalisateur américain a dû préciser ses propos dans une interview pour Variety.

"Quand j’ai dit que je me sentais triste pour Harvey Weinstein, je ne pensais pas que mes propos puissent être interprétés autrement : c’est parce que c’est un homme triste et malade."

Il a également assuré ne jamais avoir entendu d’allégations d’agressions ou de harcèlement sexuel à l’égard du producteur américain, "seulement des rumeurs".

Les soupçons qui pèsent sur Woody Allen

Il semble bon de rappeler que Woody Allen a été accusé d’avoir agressé sexuellement en 1992 sa fille adoptive Dylan Farrow, alors âgée de sept ans, dont il a perdu la garde et le droit de visite l’année suivante. Il n’a cependant jamais été inculpé, en raison de l’absence de preuves tangibles pour caractériser un abus ou une maltraitance.

Mais le doute plane encore. En 2014, Dylan Farrow réitère ses allégations en détaillant les faits dans une lettre ouverte publiée par le New York Times. Le journaliste, qui a toujours soutenu sa sœur, estime que cette affaire est révélatrice de la "culture du silence et de l’impunité".

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