Au centre Craig Cobb, derrière sa femme, à gauche un pote pour une patrouille en toute décontraction dans les rues de la ville – Capture d’écran de la vidéo

"Welcome To Leith" : une promenade glaçante dans une ville néo-nazie

Les réalisateurs Michael Beach Nichols et Christopher Walker se sont rendus du côté de Leith, Dakota du Nord. Une ville fantôme aux mains de suprématistes blancs depuis l'installation d'un premier colon, Craig Cobb. 

Au centre Craig Cobb, derrière sa femme, à gauche un pote pour une patrouille en toute décontraction dans les rues de la ville - Capture d'écran de la vidéo

Au centre Craig Cobb, derrière sa femme, à gauche un pote pour une patrouille en toute décontraction dans les rues de la ville - Capture d'écran de la vidéo

En 2012, il n'y avait selon les témoignages qu'entre 16 et 24 habitants à Leith dans le Dakota du Nord. Inscrite sur le registre des "villes fantômes", distante de 120 kilomètres de Bismarck, ville la plus importante dans les alentours, la bourgade était à l'image de cette Amérique condamnée à l'exode rural que des séries comme True Detective ont tenté de figurer.

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Le froid, des routes poussiéreuses, des bâtiments abandonnés, et depuis 2012, une bande de suprématistes armés jusqu'aux dents.

Leith : utopie néo-nazie

En débarquant à Leith en septembre 2011, Craig Cobb avait un plan.  Après avoir acheté un à un les bâtiments décrépis du "hameau", l'homme recherché au Canada pour appel à la haine raciale convie ses compères de lutte à rejoindre le Dakota du Nord pour y fonder un ilot dédié au culte du Troisième Reich et à la race blanche.

Une enclave où on est bien sûr invité à revêtir ses plus beaux habits de fête et où les "journalistes gauchos" ne sont pas les bienvenus, comme le précise l'idéologue cité par Film Drunk. Il faut croire que Michael Beach Nichols et Christopher Walker ont réussi à contourner l'interdiction.

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A Leith entre svatsika et drapeau confédéré, la résistance s'organise - Crédit Image Last Real Indians

A Leith entre svatsika et drapeau confédéré, la résistance s'organise - (Crédit Image Last Real Indians)

 

Welcome to Leith : "une ville combattant la vision extrémiste de l'un de ses habitants"

Suite à la publication d'un article dans les colonnes du New York Times, les réalisateurs brooklynites qui ont fondé leur propre société de production, No Weather Production, décident de se rendre sur place. Ils capturent alors la vie de la petite ville et les tensions au sein de sa population.

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Car depuis la publication d'une interview télévisée où l'on apprend ses origines noires, le leadership de Cobb s'est vu ébranler, même au sein de ses troupes. Car, malgré tout, une poignée de locaux résistent coûte que coûte à "l'envahisseur".

En novembre dernier Cobb est en effet arrêté par la police locale suite à une plainte déposée par des riverains. En cause ? La terreur qu'il fait planer sur la ville, et les agressions perpétrées sur certains de ses résidents.

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Emprisonné pour une courte période, revenu depuis à Adolph Hitler Pvt. Park of Leith (le charmant surnom qu'il donne à la ville), il poursuit son oeuvre, en toute impunité et offre à Michael Beach Nichols et Christopher Walker l'occasion de terminer le tournage.

Le film est actuellement à la recherche de fonds pour la post production via Kickstarter alors qu'un premier trailer conséquent a été publié. Avant une première diffusion on l'espère.

Par Tomas Statius, publié le 03/06/2014

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