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Vous devez absolument voir ces 5 films présentés au festival de Deauville

Publié le

par Arthur Cios

Oscar Isaac. (Courtesy of Focus Features)

Cinq films que vous devriez surveiller de près.

Le Festival du cinéma américain de Deauville peut être propice à des découvertes du côté du cinéma américain. C’est là qu’on a vu passer certains films qui iront aux Oscars pour la première fois en France, comme l’année dernière avec Minari, ou des films encensés par les critiques comme First Cow.

Et cette année, la récolte a été de bonne tenue. On a retenu cinq films qui méritent le plus votre attention — et on ne vous parle pas ici ni des films présentés à Cannes comme les superbes Red Rocket ou Julie (en 12 chapitres), ou même des films prochainement disponibles ce 15 septembre en salles comme La Proie d’une ombre ou encore, bien entendu, Dune

Pleasure, de Ninja Thyberg

Pour la première fois, une femme a posé son regard de cinéma sur l’industrie du X. Et ça donne un film courageux et sans concession sur un sujet risqué, qui a mis une claque au public de Deauville. Conquis, le jury de Charlotte Gainsbourg a décidé de lui remettre le prix du Jury, ex-aequo avec Red Rocket de Sean Baker, autre long-métrage sur fond de cinéma porno.

Avec ce premier film, Ninja Thyberg dresse le portrait de Bella, une jeune suédoise de 20 ans qui veut devenir la nouvelle super pornstar de Los Angeles et met à nu une industrie misogyne plus complexe qu’on ne le pense dans un film parfaitement maîtrisé et sans gratuité aucune. Il y a de la violence, de la nudité et du sexe mais chaque plan et chaque réplique sont questionnés et réfléchis pour ne jamais tomber dans le voyeurisme. 

En récompensant Pleasure, le jury récompense également la performance audacieuse et certainement éprouvante de Sofia Kappel, la jeune révélation de ce film coup de poing. La sortie de Pleasure est prévue le 20 octobre prochain et le film sera interdit aux moins de 16 ans.

Pleasure sera en salles le 20 octobre prochain.

Pig, de Michael Sarnoski

Pig est l’un des films les plus originaux vus cette année à Deauville. Pour son premier long-métrage, Michael Sarnoski s’est offert les services de l’étoile déchue Nicolas Cage et met son destin hollywoodien en abyme. Le jeune cinéaste recycle la recette cinématographique (souvent efficace) du choc des cultures entre un ermite misanthrope forcé de se confronter à la vie citadine, façon Captain Fantastic, ici détournée en revange movie un brin loufoque.

Découpé en quatre chapitres séquencés sous forme de recettes – car Pig est avant tout une déclaration d’amour à la gastronomie – ce long-métrage inclassable nous amène à Portland à la recherche de la précieuse truie truffière du héros, ancien chef désormais clochard reclus dans un coin de forêt de l’Oregon. Mais ce scénario kamoulox est également l’occasion d’aborder la thématique du deuil et de l’impossible reconstruction.

Pig sera en salles le 27 octobre prochain.

The Card Counter, de Paul Schrader

Paul Schrader est un nom trop peu connu en dehors des sphères cinéphiles. Il est pourtant un scénariste parmi les plus brillants de l’histoire (on lui doit Taxi Driver, Rencontre du Troisième Type ou Raging Bull), et un excellent réalisateur (American Gigolo, Mishima, et tant d’autres).

En 2018, il avait, sans trop prévenir et après avoir alterné quelques moins bons films, sorti un long-métrage absolument incroyable, Sur le chemin de la rédemption. Surprise : Schrader remet ça avec un drame tendu, The Card Counter.

L’histoire d’un homme (Oscar Isaac), fraîchement sorti de prison, qui a appris à compter les cartes pendant son séjour, et va essayer de remporter de belles mises pour aider un gamin (Tye Sheridan) duquel il s’est rapproché. Il y a bien plus à dire mais le moins vous en saurez, le mieux ce sera pour vous.

The Card Counter sortira en salle en France le 1er décembre 2021.

The Beta Test, de Jim Cummings

Appelez-le Jordan, Jordan Hines. Du haut de son mètre 80, il est une raclure, soit un agent hollywoodien à succès qui pense avoir un contrôle parfait de son petit monde. Alors qu’il est à quelques jours de se marier, le voilà qui trébuche sur un courrier anodin : une lettre anonyme l’invitant à une rencontre… sexuelle, et à laquelle il répond positivement. 

Présenté à Deauville, The Beta Test est une formidable critique d’un milieu du cinéma gangréné par l’argent, des comportements toxiques, un sexisme latent et des projets basés sur des mensonges et du vent. À la barre de ce long-métrage qui sortira à la mi-décembre en France, on retrouve Jim Cummings (qui s’était déjà fait remarquer avec Thunder Road), accompagné de PJ McCabe.

Pour parfaire leur scénario, les deux réalisateurs ont fait un travail de recherche sur 11 témoignages d’ex-employés qui officiaient dans des grandes agences hollywoodiennes. Le résultat ? Un film choc qui n’hésite jamais à mélanger une violence physique et morale entourant un personnage qui perd progressivement pied et dont le visage déformé (Jim Cumming incarne cet agent immoral) réfléchit à la perfection, façon Jim Carrey, la pourriture de l’industrie du cinéma. On recommande.

The Beta Test sera en salles le 15 décembre prochain.

The Novice, de Lauren Hadaway

Imaginez un Whiplash mais dans le monde de l’aviron, sans prof tortionnaire mais centré sur une jeune étudiante incarnée par l’actrice d’Esther (qui a maintenant 24 ans, et s’appelle Isabelle Fuhrman), qui s’auto-impose un entraînement des plus intenses pour aucune autre raison que la volonté maladive d’être la meilleure. Et voilà : vous avez The Novice.

Jamais l’aviron n’a été aussi bien mis en scène. Et dieu sait que c’est un sport des plus cinématographiques, dont l’un des peak time a été une scène désormais culte de The Social Network. Il y a des idées incroyables assez novatrices de mise en scène et d’images à la pelle. C’est simple : l’un des films qui nous a visuellement le plus scotchés de ce Festival de Deauville 2021, facile. Sans compter Isabelle Fuhrman, qui réussit à porter tout le monde sur ses épaules.

The Novice n’a pas encore de date de sortie en France.

Article écrit en collaboration avec Louis Lepron et Manon Marcillat

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