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Voici les 5 rôles iconiques de Matt Damon, qui souffle ses 50 bougies

Publié le

par Lucille Bion

De Will Hunting à Jason Bourne, Matt Damon est un acteur incontournable d'Hollywood.

Une montagne de muscles, un visage doux qu’on a vu évoluer au fur et à mesure qu’Hollywood a produit des blockbusters… Matt Damon fête ce jeudi 8 octobre ses 50 ans et continue de travailler avec le même acharnement. Bientôt, il sera aux côtés de Ben Affleck, son complice de toujours, dans The Last Duel de Ridley Scott, un film d’époque du temps des chevaliers.

Nommé cinq fois aux Oscars au cours de sa carrière, ce gosse de Cambridge a durablement marqué la culture populaire avec des films immanquables. Christopher Nolan, Steven Spielberg, Gus Van Sant, Francis Ford Coppola, Martin Scorsese, Steven Soderbergh… autant de cinéastes prestigieux ont participé à l’écriture de sa réputation, entre films d’action et films indépendants qui ont souvent cartonné au box-office. Qu’il défonce à coups de rames Jude Law dans Le Talentueux Mr. Ripley ou qu’il soit invincible face au virus dans Contagion, Matt Damon est une valeur sûre.

Avec un master de lettres suivi à Harvard et un passé de breakdancer, le comédien se forme au théâtre avant de décrocher une succession de rôles secondaires. Il en a marre d’être transparent et écrit avec Ben Affleck le scénario de Will Hunting. Il se bat pour camper le premier rôle qu’il rêvait d’avoir. L’industrie lui remet l’Oscar du Meilleur scénario et lui déroule le tapis rouge. Sa carrière est enfin lancée, et perdure toujours. Focus sur cinq rôles phares qui ont bâti sa légende.

#1. Will Hunting

Il est des acteurs qui plongent dans le grand bain hollywoodien avec fracas, et l’ambitieux Matt Damon est définitivement de ceux-là. Las d’attendre un rôle à la hauteur de ses ambitions qui ne venait pas, le jeune Matt fait appel à son meilleur ami Ben Affleck pour écrire à quatre mains un scénario à sa mesure.

Ceux qui deviendront par la suite les potes les plus célèbres d’Hollywood écrivent alors un script centré sur un jeune génie des mathématiques issu des quartiers populaires de South Boston. Refusant de mettre son intelligence au profit d’une quelconque formation académique ou entreprise, Will Hunting préfère enchaîner les petits boulots ingrats et traîner, flanqué des deux loubards Affleck en guise de camarades de fortune.

Après être passé entre les mains de plusieurs producteurs américains, le scénario finira sa course chez Gus Van Sant, qui avait opéré sa première incursion dans l’industrie hollywoodienne deux ans auparavant avec Prête à tout.

Réalisateur idéal, il est parvenu à injecter avec grâce ce qu’il connaît des errances adolescentes dans ce scénario un brin manichéen, taillé pour plaire aux studios hollywoodiens. Ce sont également des personnages secondaires travaillés, comme celui de Skylar, la copine de Will au naturel déconcertant, interprétée par Minnie Driver, qui donnent lieu, selon nous, aux plus belles scènes du film.

Success-story comme les aime Hollywood, Will Hunting ne décrochera pas moins de neuf nominations pour deux statuettes face au mastodonte Titanic à la cérémonie des Oscars de 1998. Les très jeunes et très impressionnés Affleck et Damon adresseront alors un légendaire et chaotique discours de remerciements. De son côté, Robin Williams remportera le seul et unique Oscar de sa carrière pour son rôle de Sean Maguire, le psychologue qui parviendra à dompter Will Hunting.

#2. La saga Jason Bourne

Alternant entre ambitieux projets et franchises lucratives, Matt Damon prendra part en 2002 à l’adaptation cinématographique de la saga Jason Bourne, à mi-chemin entre blockbuster d’action et élégant film d’espionnage, acclamée par la critique, notamment pour la modernité des thèmes abordés, en phase avec leur temps.

Pour interpréter cet espion de la CIA amnésique en cavale, l’acteur coiffera au poteau Matthew McConaughey, Russell Crowe et même Sylvester Stallone. Mais non content d’obtenir ce rôle prometteur, l’intello Matt Damon a voulu étoffer le personnage, qui s’imposera rapidement comme l’anti-Bond.

Il incarnera par trois fois cet espion moderne et emphatique en quête d’identité avant de céder sa place en 2012 à Jeremy Renner par solidarité avec Paul Greengrass, le réalisateur de La Mort dans la peau et La Vengeance dans la peau, qu’il retrouvera en 2016 pour le cinquième opus.

On attend désormais de voir Matt Damon renfiler le costume de Bourne pour un sixième film qui continuera, on l’espère, à élever le niveau des blockbusters d’espionnage.

#3. Les Infiltrés

Bon élève, enfant de chœur dans ses jeunes années, Matt Damon version jeune croise avec une étrange fascination Frank Costello, le parrain des quartiers sud de Boston. Quelques années plus tard, il devient agent de la police d’État et intègre une section chargée de dézinguer le crime organisé dans la ville. Il est alors partagé entre sa mission d’informateur auprès de Costello et la présence de Leonardo DiCaprio, un autre infiltré de la police d’État du Massachusetts. Traquenards et contre-offensives s’enchaînent logiquement, jusqu’au jour où flics et voyous réalisent pourquoi.

Si, à cause d’un problème d’emploi du temps, Brad Pitt est contraint de laisser son rôle à Matt Damon, il produira tout de même le film. Sorti en 2006, Les Infiltrés est l’un des plus grands succès critiques et commerciaux de l’année, couronné de quatre Oscars dont l’un des premiers pour Martin Scorsese, qui avait pourtant signé jusque-là Mean Street (1973), Taxi Driver (1976) ou encore Casino (1995).

Ce remake du film hongkongais Infernal Affairs (2002) a littéralement propulsé Matt Damon dans la cour des grands puisqu’il a le privilège de côtoyer Brad Pitt et Martin Scorsese, mais aussi parce qu’il donne la réplique à Leonardo DiCaprio, Jack Nicholson, Mark Wahlberg et Alec Baldwin.

#4. Seul sur Mars

Un certain Mark Watney est laissé pour mort par ses coéquipiers en pleine mission spatiale. Lorsqu’il se réveille, il est sur la planète Mars, démuni et totalement dépendant de l’environnement. Solitaire condamné, le personnage de Matt Damon se fait la promesse de ne pas crever ici. Après s’être enlevé un méchant bout de métal du ventre et avoir fait ses points de suture avec l’agrafeuse, il se lance dans l’agriculture martienne et le rationnement millimétré.

Pour la première fois devant la caméra de Ridley Scott, le comédien a accepté le rôle deux jours après avoir reçu le scénario. Seul, il porte pendant 2 h 20 le film inspiré du roman éponyme d’Andy Weir, à travers un rôle très physique (il devait parfois enfiler des costumes lourds de plus de 45 kg). L’équipe du film, tourné en Jordanie et dans des hangars gigantesques, a travaillé main dans la main avec la Nasa pour le rendre le plus authentique possible. Au total, Seul sur Mars a été financé avec un budget estimé à 108 millions de dollars et a rapporté… 630 millions de dollars.

Extrêmement rentable, ce blockbuster orangé manifestait l’intérêt du public pour les films dans l’espace sur la même période, entre Gravity et Interstellar, dans lequel Matt Damon avait également fait une apparition en tant que cosmonaute abandonné. Avec son petit côté MacGyver, il s’offre le statut de véritable héros américain et semble clamer haut et fort qu’Hollywood ne peut certainement pas se passer de lui.

#5. Le Mans 66

Après le scénario survivaliste de Seul sur Mars en 2015, Matt Damon connaît une petite période de creux. Si La Grande Muraille et Downsizing sont boudés par la critique et le public, il reprend une énième fois son rôle de Jason Bourne pour le reboot signé Paul Greengrass. Entre deux caméos et le financement de Manchester by the Sea pour Ben Affleck, il se noie dans les polémiques qui entourent #MeToo et tente de faire oublier ses paroles gênantes. Accusé d’avoir voulu faire étouffer l’affaire Weinstein il y a quelques années, l’acteur s’est vu vivement critiquer.

Il faudra donc attendre 2019 et Le Mans 66 pour voir son retour retentissant à coups de voitures de course, de vitesse et de franche camaraderie. James Mangold forme là un duo efficace en engageant Christian Bale, plein de fougue et d’arrogance, et Matt Damon, utilisé à contre-emploi de Jason Bourne dans la peau d’un constructeur de bolide féroce.

S’il n’est pas derrière le volant, il doit convaincre le big boss de Ford de laisser le pilote Ken Miles prendre le volant à bord de la voiture la plus performante du moment. Dans un style rétro, les vieilles voitures nous font un défilé de mode impeccable sur le goudron, jouant avec nos nerfs. On redemande un tour de piste, avec un Matt Damon impeccable.

Un article écrit par Lucille Bion et Manon Marcillat.