AccueilCinéma

Voici les 21 films les plus attendus de 2021

Publié le

par Manon Marcillat

Si 2020 a été une catastrophe pour le cinéma, 2021 devrait être à la hauteur de nos attentes.

Teddy

En 2021, Teddy est attendu au tournant pour dynamiter le cinéma français. Vendu comme le premier film de loup-garou à la française, forcément, Teddy intrigue. Mais il est en réalité bien plus que ça.

Dans leur second long-métrage, au croisement du fantastique, de l’horreur, de la comédie, du drame et de la fresque sociale, les frères Boukherma revisitent la figure mythique du loup-garou à la sauce adolescent désœuvré d’une province tranquille et parviennent à incorporer dans cet ambitieux projet les thématiques de l’exclusion d’une certaine jeunesse et même le très actuel débat de la situation du loup en France.

Sans queue ni tête, ce loup-garou ? Pas du tout. Aussi décalé que sanglant, aussi osé que réjouissant, Teddy viendra, c’est sûr, perturber la tranquillité des villageois et spectateurs endormis. Pour redonner quelques couleurs à un cinéma de genre français presque inexistant, on devrait également pouvoir compter sur les sauterelles de La Nuée ou sur un certain Ogre, qui, comme Teddy, viendront semer le trouble dans les salles obscures en 2021.

Suprêmes

Aussi attendu que redouté, le biopic de NTM est un projet qui devrait faire beaucoup de bruit en 2021. Alors que le tournage a démarré en août dernier, cette entreprise risquée marque déjà un premier bon point : son casting.

Ce sont les acteurs Sandor Funtek et Théo Christine qui ont été retenus pour incarner respectivement Kool Shen et JoeyStarr à l’écran. Aux prémices de leur jeune carrière, ils font déjà preuve de discernement dans leurs choix professionnels et, d’un point de vue purement physique, force est d’admettre qu’ils sont l’un et l’autre crédibles dans leurs rôles respectifs.

(© Gianni Giardinelli/Sony Pictures)

Suprêmes retracera les débuts de NTM de 1988 à leur premier Zénith en 1992. Audrey Estrougo réalise donc à la fois le premier biopic d’un groupe de rap français et un biopic sur le premier groupe de rap français. L’enjeu est de taille et le succès, on l’espère, sera au rendez-vous. Kool Shen et JoeyStarr, qui ont collaboré au scénario aux côtés de DJ S, leur producteur historique, se montrent confiants.

OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire

OSS 117 : Le Caire, nid d’espions a 15 ans. Voilà pour le coup de vieux. Quinze ans après, c’est Nicolas Bedos qui est en charge de renouveler l’histoire du plus mauvais, du plus raciste et du plus misogyne des agents secrets français, Hubert Bonisseur de La Bath, qui s’était aussi barré sur les traces de Belmondo (L’Homme de Rio) lors de sa deuxième aventure en 2009, OSS 117 : Rio ne répond plus.

En 2021, si Michel Hazanavicius n’est plus derrière la caméra, le casting a gardé son acteur principal, Jean Dujardin, et son scénariste (déjà derrière les deux premiers films), Jean-François Halin. Est-ce qu’il faut s’attendre à une évolution ? Oui : si les deux premiers OSS avaient pour référence le début de la guerre froide, des intrigues aux apparences hitchcockiennes et une mise en scène parfaitement raccord avec les années 1960, OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire change complètement d’époque et de décor.

Fini les années 1960, l’Amérique du Sud et l’Égypte, place à 1981 et au Kenya, alors que l’agent français doit tout faire pour sauver la Françafrique de rebelles, en bon agent conservateur de l’ordre. Il est désormais accompagné d’un petit nouveau, OSS 1001, incarné par Pierre Niney. Si le premier trailer est sorti exactement 117 jours avant sa sortie au cinéma (le 3 février prochain), les conditions sanitaires ont eu raison de cette référence habile : OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire est désormais prévu pour le 14 avril. Qu’à cela ne tienne, faisons comme ça.

Luca

Chaque nouveau Pixar est un petit évènement et l’espoir de beaucoup d’émotions sur grand écran. Le magnifique Soul est venu illuminer la fin de l’année 2020 sans avoir eu la chance de connaître un destin à la hauteur de ses qualités dans les salles obscures. En 2021, nous devrions avoir droit, dans un tout autre registre, à Luca qui, on l’espère, pourra bénéficier d’une sortie en bonne et due forme.

Pour la troisième année consécutive, après En avant et Soul, Pixar continue de faire preuve d’ambition en nous livrant une nouvelle histoire originale. Après Brooklyn et l’au-delà, les studios nous amènent en voyage direction : la Riviera italienne.

(© The Walt Disney Company France)

Mais si l’on attend Luca avec tant impatience, c’est également en raison du seul et bref synopsis dont nous disposons, à savoir la promesse d’une histoire d’amitié masculine qui abordera le thème du passage à l’âge adulte au cours d’un été sur la côte italienne. Un résumé qui nous fait (légitimement) espérer un Call Me by Your Name version animée.

C’est le réalisateur italo-américain Enrico Casarosa, qui a déjà fait ses preuves avec La Luna, nommé à l’Oscar du Meilleur court-métrage animé, qui est aux manettes de ce récit très personnel.

The French Dispatch

Certainement un des films les plus attendus de 2020, The French Dispatch devient donc le film le plus attendu de 2021, si bien qu’il devrait retrouver d’office sa nomination en compétition officielle au Festival de Cannes. Et plus le film se fait attendre, plus il attise notre curiosité et notre impatience. Car ce dixième long-métrage, trois ans (si tout va bien) après L’Île aux chiens, a tout pour plaire au public français.

Le francophile Wes Anderson a réuni dans les rues d’Angoulême un casting XXL saupoudré de nombreuses petites têtes françaises. Aux côtés de Benicio del Toro, Adrien Brody, Tilda Swinton, Frances McDormand, Kate Winslet, Timothée Chalamet, Jeffrey Wright, Bill Murray, Owen Wilson, Elisabeth Moss, Edward Norton, Willem Dafoe, Saoirse Ronan et Christoph Waltz, on pourrait donc voir défiler sur le tapis rouge cannois Cécile de France, Guillaume Gallienne, Denis Ménochet, Félix Moati, Léa Seydoux, Lyna Khoudri, Mathieu Amalric ou encore Pablo Pauly. Quant à l’intrigue, l’affiche ou la bande-annonce, elles fourmillent de références à la culture française et d’hommage au septième art hexagonal.

Promising Young Woman

Certainement le projet le plus excitant de 2021, Promising Young Woman ne saurait laisser indifférent et devrait alimenter les conversations en 2021. Car sous un vernis pop rose bonbon et une reprise de "Toxic" très à propos se cache une implacable histoire de vengeance féministe fomentée par une Harley Quinn brisée.

Si l’on sent déjà souffler un vent de critiques déplorant le manichéisme, le manque de subtilité voire le caractère misandre du film, la caméra effectivement sans concession et la plume acérée d’Emerald Fennell nous font l’effet d’une baffe. Showrunneuse de la saison 2 de Killing Eve, elle a également su mener d’une main de fer sans gant de velours ce thriller noir piqué de rose.

Avec Promising Young Woman, Emerald Fennell entre, de force, par une autre porte pour dénoncer les violences sexuelles et, visiblement lassée, elle a décidé de ne plus s’embarrasser de pédagogie, préférant frapper un grand coup pour éduquer au consentement. Une vengeance vaut parfois mieux que de longs discours.

The Last Duel

Tourné incognito en Dordogne, le nouveau film d’époque de Ridley Scott s’est offert un joli casting à base de Ben Affleck, Matt Damon et Adam Sandler dans des costumes étranges de chevaliers, sur fond d’agression sexuelle. Le film raconte le duel entre le chevalier Jean de Carrouges et l’écuyer Jacques Le Gris, accusé d’avoir violé Marguerite, la femme du premier.

On a hâte de découvrir ce bond en arrière, dans une ère post-#MeToo où Matt Damon et Ben Affleck ne s'illustrent franchement pas par leur comportement. Vont-ils manier l’épée avec dignité pour se rattraper ou simplement nous plonger dans un duel aussi intense que celui de Gladiator ? Quoi qu’il en soit, on fait confiance au duo d’amis de toujours qui nous avait émus en écrivant Will Hunting de Gus Van Sant puisqu’ils ont également coécrit The Last Duel, que l’on attend dans les salles le 13 octobre 2021.

Matrix 4

Après trois chapitres dans la matrice, Neo est de retour sous la houlette de Lana Wachowski, que vous le vouliez ou non. Si l’on croyait cette trilogie achevée en 2003, Hollywood nous a fait la surprise de ressusciter l’univers matrixien, entre trench et petites lunettes noires.

Œuvre cultissime de la science-fiction, cette franchise se poursuit avec Keanu Reeves, Carrie-Anne Moss mais également Jada Pinkett Smith et Lambert Wilson tout en intégrant de nouveaux personnages sous les traits de Neil Patrick Harris, Jessica Henwick, Jonathan Groff et Yahya Abdul-Mateen II.

Si quelques scènes de tournage ont été dévoilées sur les réseaux sociaux, entre explosions et cascades dans les airs, ce nouveau film a été vendu avant tout comme une histoire d’amour. Sans sa partenaire historique Lilly et avec ce tournant narratif inattendu, la cinéaste s’est attiré la méfiance des puristes, mais le reste du public se réjouit de retrouver ce reboot sur grand écran très prochainement. Assurément l’une des plus grosses attentes à venir, datée au 22 décembre 2021

Mourir peut attendre

Comme Tenet, No Time to Die sera-t-il le nouveau sauveur du cinéma ? Initialement prévue pour le 31 mars 2020, la sortie du film a été décalée un nombre incalculable de fois. Pour le dernier opus avec Daniel Craig dans le costume de James Bond, Cary Joji Fukunaga a posé ses caméras en Jamaïque, en Italie et en Grèce. Dépaysement garanti.

Un voyage très attendu dans lequel on retrouvera Léa Seydoux, Christoph Waltz mais aussi Rami Malek et Lashana Lynch, la fameuse actrice noire qui reprendra le flambeau de 007. Un dernier volet immanquable pour connaître la suite de la franchise, qui rend tout le monde curieux. À quelle sauce sera mangé James Bond ? En attendant de savourer la dernière recette des Broccoli, les producteurs ont dégoté une nouvelle recrue française : Dali Benssalah, qui commence doucement à monter dans l’Hexagone. Réponse le 31 mars 2021, si tout va bien.

Les Vedettes

Cinq ans après leur première excursion dans le septième art, avec un essai pour le coup plus que réussi répondant au doux nom de La Folle Histoire de Max et Léon, le Palmashow sera de retour dans les salles obscures cette année. Cela suffit à nous allécher.

Et tant mieux, car nous n’avons pas grand-chose d’autre à nous mettre sous la dent concernant ce projet. On ne sait pas ce que racontera Les Vedettes, toujours réalisé par Jonathan Barré. Mais le connaissant, les fans seront au rendez-vous. En attendant, ils pourront toujours voir les deux comparses devant la caméra de Quentin Dupieux, dans le très bon Mandibules, qui sortira aussi cette année après un report de dernière minute fin 2020.  

Comment je suis devenu un super-héros

Bon, on ne sait toujours pas à quoi ressemblera le planning final des sorties cinéma de 2021, l’agenda changeant en permanence face à l’évolution de la crise sanitaire. Si tout va bien, nous devrions avoir cette année le grand retour de Marvel et de DC Comics. Il faudrait, en croisant les doigts pour les fans du genre, compter sur Black Widow, Eternals et Thor: Love and Thunder d’un côté, et Suicide Squad et Black Adam de l’autre.

Et si, cette fois, le film de super-héros le plus alléchant ne venait pas de chez l’Oncle Sam ? Nous avons des raisons de penser, et d’espérer, que l’audacieux projet de Douglas Attal sera peut-être le plus intéressant. Les autres s’inscrivent dans une continuité, une mythologie, là où le Français essaie de raconter une nouvelle histoire. Celle où tout le monde peut être un super-héros, même Benoît Poelvoorde et Clovis Cornillac.

Ajoutez à cela Swann Arlaud en vilain, face à Pio Marmaï, Leïla Bekhti et Vimala Pons, et vous comprendrez que quitte à voir un film de super-héros cette année, ça vaut la peine d'essayer d’être chauvins pour une fois.

Kaamelott

Le fan club le plus relou de France, et les moins aficionados qui apprécient le travail d’Alexandre Astier, auront de quoi se mettre sous la dent cette année. Douze ans après la fin de la géniale série Kaamelott, le film concluant l’histoire devrait enfin sortir en salles.

On n’y croyait plus, mais ce vieux leitmotiv sous forme de blague voulant que le long-métrage ne sorte jamais est démenti. Reste à voir comment l’univers d’un monde que l’on voyait au départ par tranche de 3 minutes 30 pourra être exploité ici. Connaissant la minutie de son auteur, son casting XXL (le nombre de caméos s’annonce gigantesque) et l’ambition du projet, difficile de ne pas avoir hâte.

Last Night in Soho

Le seul nom d’Edgar Wright suffit à attiser la curiosité de quiconque connaissant le personnage. Le réalisateur de Shaun of the Dead, Hot Fuzz, Scott Pilgrim, Le Dernier Bar avant la fin du monde et Baby Driver fera son grand retour en 2021, et cette information suffit pour nous mettre l’eau à la bouche.

Last Night in Soho racontera le voyage d’une femme, Anya Taylor-Joy, passionnée par la mode qui se retrouve propulsée dans le Londres des années 1960, avant que le film ne penche vers l’angoisse et l’horreur. On y retrouvera Matt Smith, Thomasin McKenzie, la regrettée Diana Rigg et Terence Stamp. On vous a déjà dit qu’on avait hâte ?

Incroyable mais vrai

Il était une fois un couple, fraîchement installé dans une nouvelle maison, un pavillon dit tranquille, qui va découvrir qu’il réside quelque chose dans son sous-sol qui va "changer sa vie". Non, il ne s’agit pas de Parasite, mais du prochain film de Quentin Dupieux.

Non sans vouloir comparer Bong Joon-ho à notre trublion français, l’idée de cet Incroyable mais vrai s’annonce intrigante. Déjà parce qu’il s’agirait d’un thriller. Et un thriller à la sauce Dupieux, on est preneur. Mais aussi parce qu’il s’agira des retrouvailles entre le cinéaste et Alain Chabat, qui seront accompagnés de Léa Drucker, Anaïs Demoustier et Benoît Magimel.

Sachant qu’en attendant de mettre la main dessus, nous aurons déjà eu en salles son nouveau film, Mandibules. Une double dose de Quentin Dupieux pour 2021, que demande le peuple ?

The Green Knight

David Lowery. Son nom ne vous dit peut-être pas grand-chose, mais il est derrière l’un des plus beaux drames de 2017, A Ghost Story, accompagnant le fantôme de Casey Affleck dans une maison habitée par sa femme, désormais seule, et incarnée par Rooney Mara. En 2021, le voilà qui revient avec un nouveau projet attrayant, dans un cadre et une histoire (très) différents.

Place à The Green Knight, adaptation d’un roman de chevalerie, Sire Gauvain et le Chevalier vert. Sire Gauvain n’est autre que le neveu du Roi Arthur et un chevalier de la Table ronde. Il accepte un défi : celui de confronter un chevalier vert avec pour défi de lui couper la tête, ce qu’il réussit à entreprendre. Mais tout ne se passe pas comme prévu.

Pour ce nouveau projet, David Lowery a collaboré avec l’ambitieuse boîte de production américaine A24, à l’origine de pas mal de nos cauchemars de ces dernières années, de Midsommar à The Witch en passant par Mise à mort du cerf sacré. The Green Knight ne devrait pas déroger à la règle, les premières images du film laissant entrevoir un projet aussi sublime que dérangeant, aussi violent que puissant.

Dune

2020 aurait dû sourire à Denis Villeneuve. Avec pour projet l’adaptation du livre culte de Frank Herbert, le cinéaste canadien avait réussi à entreprendre une aventure cinématographique ambitieuse, aux côtés d’Oscar Isaac, Timothée Chalamet, Josh Brolin, Zendaya, David Bautista ou encore Javier Bardem. La bande-annonce, dévoilée en septembre dernier, annonçait un film racé, puissant, à la hauteur d’une œuvre que même un David Lynch avait eu du mal à épouser.

Aux côtés de Tenet de Christopher Nolan, qui était parvenu à passer entre les mailles du filet sanitaire, Dune était l’un des blockbusters les plus attendus de 2020. Sa sortie était prévue en décembre, mais les restrictions n’aidant pas, Denis Villeneuve a dû abdiquer face à la nouvelle logique (streaming) qui s’est confirmée au fil des décalages des sorties cinéma : aux États-Unis, Dune sortira sur HBO Max. En France, sa sortie est toujours prévue en salles – au mois de septembre prochain –, mais rien ne nous dit que les choses n’évolueront pas d’ici là.

Sound of Metal

Enfin. Riz Ahmed a enfin trouvé un rôle à la hauteur de son talent. S’il avait déjà impressionné dans la mini-série The Night Of pour HBO, Sound of Metal est le premier film dans lequel il a voix à un potentiel dramatique élevé, tenant le premier rôle de Ruben, un batteur et ancien toxico qui souffre soudainement d’une forte perte auditive, l’empêchant d’entendre. En quelques minutes, la nuance de sons laisse place à des bourdonnements insatiables, amenés par un long larsen devenu acouphènes.

À la baguette de ce film, Darius Marder, dont la carrière l’a vu être l’assistant réalisateur de The Place Beyond the Pines, le long-métrage de Derek Cianfrance – qui a notamment pour point commun la promotion d’un acteur principal, ici nommé Ryan Gosling, dont la chevelure a tiré vers le blond option tatouages sur tout le corps. Si le film n’a pas encore de date de sortie (il aurait dû sortir en ce mois de janvier), on a très hâte dans le retrouver dans les salles obscures, afin de profiter comme il se doit du travail de Darius Marder sur l’image et, surtout, le son.

Annette

On l’attend depuis huit ans et son film/performance Holy Motors, mais on sait déjà que Leos Carax saura nous surprendre. L’énigmatique réalisateur a tourné une comédie musicale, qui réunira la coqueluche du ciné indépendant Adam Driver à Marion Cotillard, qui s'est faite de plus en plus rare ces dernières années. De l’histoire, rien n’a fuité ou presque, et aucune image du tournage n’est arrivée jusqu’à nous.

En revanche, le peu que l’on sait a de quoi mettre l’eau à la bouche. Le film raconte les hauts et les bas d’un couple de Los Angeles. Henry est un comique et Ann, une chanteuse d’opéra star. Les dialogues seront à 95 % chantés, et Adam Driver a confirmé qu’il ne s’agissait en aucun cas d’une comédie musicale au sens conventionnel. Pour preuve, elle sera interdite aux moins de 17 ans aux États-Unis.

Mais le film ne s’est pas fait sans remous. D’abord annoncée au casting, Rihanna a finalement quitté le projet, marquant ainsi le deuxième départ après celui de Rooney Mara. C’est la chanteuse Angèle que l’on verra donc faire ses premiers pas au cinéma, après une brève apparition dans la série La Flamme.

Toute la musique a été composée par le groupe Sparks, qui dit d’ailleurs du film : "Ce projet avec Leos Carax ne sera pas une comédie musicale du style Broadway. Il y a de la musique, et parfois l’histoire progresse à l’aide de dialogues hyper-stylisés, qui sont chantés/parlés. C’est vraiment sans concessions, mais en même temps très accessible selon nous." En attendant Cannes 2021, où l’on pressent que le film aura sa place, le mystère reste entier.

Benedetta

C’est un film qu’il aura fallu attendre. D’abord repoussé pour faire partie de la sélection de Cannes 2020, le film attend depuis plus d’un an que le festival se tienne. On sait donc d’ores et déjà qu’il fera partie de la promotion 2021, qui aura lieu à l’été. Paul Verhoeven et Virginie Efira, c’est un coup de foudre artistique qui date déjà d'il y a quelques temps. Il l’a d'abord révélée grâce à un rôle secondaire d’épouse dévote un peu coincée dans Elle en 2016, puis en fait naturellement la star de son nouveau film en 2021. Décidément, le visage angélique de sa muse semble donner la foi au réalisateur de Basic Instinct et RoboCop, puisque c’est en nonne que l’on retrouvera l’actrice belge aux côtés de Charlotte Rampling et Lambert Wilson.

Adapté du livre Sœur Benedetta, entre sainte et lesbienne de Judith C. Brown, le film raconte l’histoire vraie de sœur Benedetta Carlini au XVIIe siècle qui, alors qu’elle est sur le point d’être béatifiée, va être jugée pour son homosexualité. Elle restera enfermée dans son couvent pendant 35 ans.

Si l’histoire peut sembler austère, la thématique reste extrêmement contemporaine à une époque où les droits LGBTQI+ sont encore et toujours bafoués. Un film politique donc, où Virginie Efira prouve une nouvelle fois par ses choix audacieux et pointus qu’elle est l’une des meilleures actrices que compte le cinéma français.

Minari

Il a tout raflé à Sundance, le Grand prix du Jury et le Prix du public, ce qui reste le gage de qualité suprême pour tout film indépendant. Avec Steven Yeun dans le rôle principal, qui alterne avec une aisance déconcertante les blockbusters comme The Walking Dead et les films d’auteur comme Burning, et Brad Pitt à la production, on ne s’avance pas trop en affirmant que ce combo ne peut que faire des étincelles.

Le film, inspiré de la vie du réalisateur Lee Isaac Chung, raconte l’histoire d’une famille d’immigrants coréens qui essaie de s’en sortir dans l’Amérique rurale des années 1980. L’arrivée de la grand-mère, taquine mais attachante, va bousculer la dynamique familiale. D’après le trailer, on imagine un portrait intimiste et poétique d’une famille empêtrée dans son idéal du rêve américain, face à la réalité de la vie dans une petite ferme de l’Arkansas. On espère le voir arriver en France au printemps 2021, pour rassasier nos envies d'évasion et de grands espaces.

Nomadland

Grand favori des Oscars, Nomadland aurait dû sortir le 30 décembre dernier, après s’être imposé dans les plus grands festivals d’Europe et des États-Unis, notamment grâce à la prestation de Frances McDormand dans le rôle principal. La comédienne incarne une sexagénaire qui a tout perdu suite à la crise économique. La fermeture de son usine l’encourage à entamer un long voyage à travers l’Ouest américain où elle trouve, pendant la période des fêtes, un emploi du côté des petites mains d’Amazon.

Réalisé par la sino-américaine Chloé Zhao, connue pour ses discours passionnants sur l’Amérique contemporaine et la place des femmes dans le cinéma, Nomadland pourrait ainsi clore une sorte de trilogie sur l’ouest de l’Amérique moderne, après avoir filmé le quotidien de manière quasi documentaire des Indiens (Les Chansons que mes frères m’ont apprises), puis celui d’un cow-boy vedette en perte de vitesse (The Rider), qui nous avait déjà happés. Tourné dans sept États pendant quatre mois, ce road trip intimiste des "van dwellers" regorge de plans somptueux qu’il nous tarde de découvrir sur grand écran le 24 mars 2021, si la pandémie le permet.

À voir aussi sur konbini :