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Voici les 4 raisons de (re)voir le poignant Call Me by Your Name

Publié le

par Lucille Bion

Le film (culte) de Luca Guadagnino fête ses quatre ans.

Au cours de l’été éclot une romance entre deux hommes, Elio et Olivier, dont l’écart d’âge et la disparité des physiques auraient pu être malaisants. Au contraire, Call Me by Your Name, en assumant un côté insolite et perturbant, est devenu le film incontournable de 2017, sortant officiellement aux États-Unis il y a quatre ans jour pour jour.

Sublime, poignant, intense : le nouveau long-métrage de Luca Guadagnino s’est bâti une réputation pour le moins… excellente. Pour fêter l’anniversaire de sa sortie, voici quatre arguments en béton pour le (re)voir.

#1. La BO est addictive

Premièrement, la musique. Si Sufjan Stevens a composé "Mystery of Love" et "Visions of Gideon" pour rythmer le film, on retrouve dans cette douce et mélancolique BO de vieux tubes tels que "Words Don’t Come Easy", "Love my Way" ou un bon vieux "Lady Lady". Cette playlist d’une heure est clairement addictive. Les deux titres de Sufjan Stevens sont d’ailleurs sortir en vinyle.  

On peut également entendre Timothée Chalamet au piano sur la première piste. Pour ce premier rôle, il a dû apprendre la guitare. On va justement vous expliquer pourquoi c’est le meilleur. Laissez tourner la playlist…

#2. Parce que Timothée Chalamet 

À l’époque, il n’avait que 22 ans et une énergie sucrée. D’origine française et américaine, il est devenu dans les années qui ont suivi ce rôle la nouvelle coqueluche d’Hollywood, passant chez Scott Cooper (Hostiles) Greta Gerwig (Lady Bird), puis confirmant dans la foulée son talent auprès de Wes Anderson (The French Dispatch) et Denis Villeneuve (Dune).

En grande partie grâce à son feeling avec le réalisateur, Luca Guadagnino, qui a la phobie des castings, il a décroché ce rôle de jeune garçon sage et sensible. Ce qui distingue Timothée Chalamet, c’est la manière dont il ose se mettre en danger, sa capacité à rester taiseux dans des moments clés, bientôt mémorables.

Comme tout le monde, on pourrait parler de cette fameuse scène de masturbation avec la pêche, déjà culte, mais il est aussi nécessaire de s’attarder sur son dernier regard, onirique, visage face caméra, dans la scène de fin du film. Une scène silencieuse, elle aussi, mais précieuse. Ces deux scènes risquées et parfois jugées malaisantes sont, en plus d’être poétiques, utiles. Car Timothée Chalamet réussit à incarner ce qui est indicible et inavouable, avec une facilité surprenante.

#3. 40 °C en hiver

Dans le cinéma de Luca Guadagnino, la piscine est un espace récurrent. En ces temps de grand froid, le film apportera un peu de soleil et de chaleur au spectateur qui voudra bien découvrir cette romance brûlante.

L’histoire se déroule dans une villa du XVIIe siècle dans le nord de l’Italie, qu’un petit chanceux millionnaire pourra bientôt acheter. Ce spot unique et lumineux, c’est une sorte de havre de paix où le personnage principal évolue, se construit. Mais outre ces décors magnifiques, lumineux, il y a l’ennui. Malgré les plafonds à moulures immenses et les fenêtres grandes ouvertes, Elio se sent enfermé, comme piégé par la pièce elle-même. Son idylle sera justement le moyen de pimenter son quotidien morose.

#4. On n’a jamais aussi bien parlé d’amour au cinéma

Le grand corps d’Armie Hammer face au frêle Timothée Chalamet, cela peut au départ étonner. De cet assortiment étrange naîtra pourtant l’une des plus belles histoires d’amour du cinéma. Cette chronique délicate et onirique explique en un peu plus de deux heures la complexité des sentiments amoureux.

L’amour dans ce qu’il a de plus beau, de plus obsédant mais aussi dans ce qu’il a de plus triste, de plus mélancolique. On y parle de ce goût amer qui reste souvent en bouche à la fin des histoires estivales, les histoires intenses mais passagères. Call Me by Your Name évoque avec minutie ce drôle de sentiment, lorsqu’on s’arrache le cœur et que l’on n’est plus contraint de vivre qu’avec des souvenirs.

Peut-être que la réussite de ce film tient aux intentions – en marges – du réalisateur, qui n’a pas souhaité parler de l’homosexualité, comme d’un sujet à part entière. Il a simplement voulu parler du désir, sous toutes ses formes.

Article publié le 28 février 2018, mis à jour le 25 novembre 2021

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