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Violence jubilatoire au cinéma : cinq films incontournables

Publié le

par Les Nouveaux Sauvages

À l’occasion de la sortie de la comédie à l’humour très noir Les Nouveaux Sauvages, nous nous sommes penchés sur les films les plus iconiques qui traitent la violence jubilatoire au cinéma. 

Dans Les Nouveaux Sauvages, comédie venue d’Argentine et produite par Pedro Almodovar, six personnages clés sont victimes d’injustices. À bout de nerfs, tous réagissent de manière disproportionnée en ayant recours à des vengeances drastiques. Un décalage et un comique de situation qui reposent sur une règle simple de storytelling : plus notre héros morfle, plus sa vengeance sera douce à observer.

La preuve :

Ce film manie à la perfection ce que l'on appelle la violence jubilatoire. Pour expliquer ce schéma, revenons quelques décennies en arrière. Fût un temps où le cinéma était moins libre, et où chaque cuisse dévoilée, chaque accès de violence suscitait les représailles de la société puritaine. Le peuple continuant de réclamer du pain et des jeux, il fallait trouver de quoi satisfaire la soif de violence du public sans passer pour un irresponsable.

Le western apporta alors un début de réponse : il y a les bons et les méchants, les sales types face au justicier. Il suffisait d'attendre que les méchants accomplissent suffisamment d'actes horribles pour que le gentil soit en bon droit d'avoir la gâchette facile. Une formule simple mais efficace, qui fut adaptée à tous les genres cinématographiques.

Plus il y a préjudice, plus la vengeance est justifiée. Tout repose sur le facteur de la frustration que le public ressent : je regarde quelqu’un que j’apprécie subir les actes de quelqu’un que je n’aime pas, mais je ne peux pas encore prendre part au scénario (attendez un peu, ça ne va pas tarder). Ma frustration grandit jusqu’au moment où le héros sonne le tocsin de la vengeance, là j’applaudis et je jubile en imaginant une débauche de violence à laquelle évidemment je n'aurais pas recours dans la vraie vie.

A travers 5 films emblématiques, nous avons explorés les différentes facettes de la violence jubilatoire.

  • Django Unchained de Quentin Tarantino

Expert en la matière, Quentin Tarantino sait mieux que personne légitimer l’extrême violence de ses héros. Ses derniers films sont tous des remakes de classiques de films de revanche : dans Kill Bill on se venge d’un homme qui tenta de vous assassiner enceinte, le jour de votre mariage; dans Inglorious Basterds on canarde du nazi; dans Django, c'est l’esclave qui se venge de ses maîtres dans une ambiance de western. Et ça fait un bien fou.

  •  Le jour de la bête de Alex de la Iglesia

Autre maitre de la violence dans ses films : le cinéaste espagnol Alex de la Iglesia. Il parvient à nous faire rire de l’horreur à l’image d’un Tarantino espagnol, un réalisateur dont il se sent d’ailleurs très proche et qui l'inspire. Ses héros, tels des personnages de comics ou de jeux vidéo, ont beau être maltraités ou être victimes des pires accidents, ils se relèvent toujours.

C'est le cas dans Le jour de la bête, qui raconte l'épopée délirante d'un prête qui, pour éviter l’arrivée de l’antéchrist sur Terre, va entrer en contact avec le Diable et le tuer. Le tout, dans un déchaînement de violence délicieux.

  • Taken de Pierre Morel

Dans le thriller Taken Bryan, un ancien agent secret résidant à Los Angeles assiste par téléphone à l'enlèvement, en plein Paris, de sa fille Kim. À l'oeuvre, un groupe de mafieux albanais spécialisé dans la traite des femmes. Il va alors avoir 96 heures pour tenter de la retrouver.

Méthodiquement, il va abattre ses ennemis de sang froid, et provoquer un carnage au sein de la mafia. Mais il faut l'avouer, on est ravi qu'il s'en prenne à ces ces affreux proxénètes qui s'attaquent à des jeunes filles sans défense.

  • Gladiator de Ridley Scott

Comment évoquer le sujet de la violence jubilatoire sans citer Gladiator ? On ne peut pas. Ce péplum réalisé en 2000 par Ridley Scott est entré dans la mémoire collective comme étant l'incarnation d'une vengeance qui se mange froid.

Depuis, Russell Crowe n'a jamais été aussi charismatique au cinéma que dans Gladiator. Il réussit le pari de développer une force et une honnêté face au méchant Joaquin Phoenix et son pouce en bas. Mais finalement, on ne vous apprend rien : cette violence jubilatoire est par un "Force et honneur" de mise.

  • Old Boy de Chan-wook Park

Septembre 2004 : Chan-wook Park sort une petite bombe dans les salles obscures. Deux termes pour une vengeance sanglante devenue culte : Old Boy. À sa tête, Cho Min-sik, un père de famille sans histoire qui est kidnappé et séquestré durant des années. Son seul lien avec la réalité est une télévision à travers laquelle il est témoin du meurtre de sa femme. 15 ans plus tard, il sort de sa prison, la rage au ventre, des questions dans la tête.

Son objectif, retrouver celui qui l'a enlevé, celui qui l'a manipulé. Et c'est à l'aide de la mort que son combat se poursuivra, dans l'horreur la plus totale.