Vidéo : pour Marlène Schiappa, il n'y a pas de différence entre Ladj Ly et Roman Polanski

La secrétaire d'État chargée de l'égalité hommes-femmes était interrogée ce matin au sujet des nominations des César 2020.

Après la polémique qui a suivi les 12 nominations aux César de J’accuse de Roman Polanski, Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’égalité hommes-femmes, était l’invitée de LCI ce jeudi 30 janvier au matin. Cette dernière était interrogée sur ladite polémique, et n’a pas hésité à donner son avis sur la question, déclarant qu’elle "serait choquée de voir une salle applaudir Polanski".

Parmi ses nombreuses réponses, Marlène Schiappa a notamment expliqué :

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"On nous dit souvent 'il faut distinguer l’homme de l’œuvre', mais là, c’est à l’homme que l’on propose de remettre des récompenses comme Meilleur réalisateur, comme Meilleur scénariste, donc je ne vois pas de distinction.

Qu’on voit le film, peut-être que ça peut être sans message, mais qu’on aille applaudir une personne qui est accusée de viol par plusieurs femmes, je trouve cela choquant. […]

Pendant très longtemps, on nous a expliqué que lorsqu’un homme était accusé de viol par une femme, il voyait sa carrière brisée, sa vie était terminée. Là, on voit que ce n’est absolument pas le cas et que ce sont plutôt les femmes ayant le courage de parler qui voient des portes se fermer."

Mais c'est un autre point de cet entretien de vingt minutes qui a retenu l’attention sur les réseaux sociaux. Quand on lui demande si elle voit une différence "dans le fond" entre Ladj Ly, qui a purgé une peine de prison pour séquestration et enlèvement, et Roman Polanski, la secrétaire d’État explique "qu'il n'y en a pas".

Quand la journaliste rétorque que "personne ne s’élève contre le fait que Ladj Ly a eu 11 nominations" aux César pour Les Misérables, cette dernière répond ainsi :

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"Si, j’ai dit que j’étais assez surprise du fait qu’on porte aux nues quelqu’un qui manifestement avait eu un comportement de la sorte. Alors après, Alain Terzian, président de l’académie des César, nous dit que les César ne font pas de morale. Il ne s’agit de morale, il s’agit de droit, et en l’espèce, en ce qui concerne les violences contre les femmes, il s’agit de respect des femmes."

Une réponse qui a, sans surprise, provoqué un tollé sur les réseaux. Il faut dire que, de base, la question était sujette à la polémique, et que la comparaison n'avait certainement pas lieu d'être. Car même si Polanski a "techniquement" purgé une peine, comme Ladj Ly, on évoque ici des faits différents, des peines différentes, en prise dans deux systèmes judiciaires différents.

L’un a toujours clamé son innocence et a purgé une peine de trois ans de prison pour une affaire de séquestration et d’enlèvement, expliquant qu’il était sur place lors des faits mais qu’il avait tout fait pour éviter toute violence. L’autre a plaidé coupable pour détournement de mineur en 1977, a été condamné à trois mois de prison puis a été libéré au bout de 42 jours, et a fui vers Paris début 1978 juste avant que le juge ne réclame une peine de 50 ans de prison. Il est depuis soumis à des mandat d’arrêt internationaux, et, depuis, cinq femmes l’ont accusé de violences sexuelles.

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Par Arthur Cios, publié le 30/01/2020

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