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Vidéo : le discours puissant de Maïwenn en réponse à la tribune des 100 femmes

Publié le

par Lucille Bion

STUPEFIANT

"Quelque chose d’historique est en train de se jouer, alors soyons unis. Chacun doit pouvoir souffrir de ce qu’il veut, comme il veut et quand il veut."

Après l’affaire Weinstein qui a secoué Hollywood, la petite famille du cinéma français a réagi aux divers mouvements solidaires et féministes en publiant une tribune le 9 janvier dans Le Monde. Cent femmes, dont l’actrice Catherine Deneuve, la journaliste Peggy Sastre ou encore l’autrice Catherine Millet ont souhaité défendre la "liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle".

Cette tribune a révolté, attristé et étonné plus d’une femme. Dans son émission Stupéfiant, Léa Salamé a invité la réalisatrice et actrice Maïwenn à s’exprimer sur le sujet. Au moment de l’affaire Weinstein, l’ex-compagne de Luc Besson (alors âgée de 15 ans) a été pointée du doigt par les tweets d’Asia Argento, qui condamnaient le comportement du cinéaste français avec les mineures.

Traduction : " habite en France et légalement, il n’est pas coupable d’un crime, est-ce que cela excuse n’importe qui de sortir avec un mineur ?"

Restée dans le silence pendant quatre mois, la réalisatrice de Mon Roi et Polisse s’exprime enfin sur la libération de la parole des femmes et appelle, dans une lettre, à l’union des femmes et à la tolérance. D’une grande sagesse, Maïwenn pose ses mots sur les maux déchirants notre société actuelle. Voici son discours :

"Écrire un film, écrire une lettre, écrire un SMS, employer des mots et des phrases qui ne veulent pas dire la même chose pour vous que pour moi. Je réclame le droit de panser mes plaies comme je le veux.

Je réclame le droit de coucher avec qui je veux pour le temps d’une nuit sans être une femme facile quand les hommes sont des séducteurs. Je réclame le droit d’avoir du droit dans mon travail sans faire peur aux hommes.

Je réclame le droit d’être draguée avec maladresse, insistance et d’appeler cela "importuner", si je le veux. Je réclame le droit de ne pas être jugée si j’emploie des mots qui n’ont pas la même résonance que pour vous.

Je réclame qu’on ne juge pas une femme si elle a eu besoin d’écrire un livre sur son histoire de harcèlement sexuel. Je réclame le droit qu’on ne juge pas une femme qui pense qu’on doit se débrouiller seule après un viol.

Nous ne sommes pas tous égaux dans la douleur et dans la résilience et nous n’avons pas la même capacité mentale ou physique de nous remettre de nos traumatismes. Ne jugeons pas une femme qui aime la violence quand elle fait l’amour.

Ne jugeons pas une femme qui ne se remet pas d’une main aux fesses. Ne jugeons pas les femmes intellectuelles qui prennent la parole et bousculent nos mœurs. Par pitié, arrêtons de nous juger les unes et les autres. […]

Quelque chose d’historique est en train de se jouer, alors soyons unis. Chacun doit pouvoir souffrir de ce qu’il veut, comme il veut et quand il veut. On va y arriver."

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