Le dragon dans le prochain Transformers.

Un docu original décortique le tournage du prochain Transformers

Alors que Transformers 4 : l'âge de l'extinction, réalisé par Michael Bay, sortira le 16 juillet 2014 en France, un documentaire de 25 minutes réalisé à partir de vidéos amateurs postées sur YouTube permet de comprendre certains enjeux autour du tournage du futur blockbuster.

L'épisode dans le Starbucks à Chicago où le réalisateur a eu l'idée de ce reportage. (Crédit image : Kevin B. Lee)

L'épisode dans le Starbucks à Chicago où le réalisateur a eu l'idée de ce reportage. (Crédit image : Kevin B. Lee)

En septembre dernier, Kevin B. Lee, réalisateur et critique de film, se retrouve entassé avec une foule de gens dans un Starbucks à Chicago. Tous attendent avec impatience l'arrivée d'un convoi de voitures un peu spécial. Si autant de gens dégainent alors leurs smartphones, appareils photo et caméras lorsqu'un camion pointe son nez, c'est parce qu'il s'agit du tournage d'une scène qui sera dans le prochain Transformers.

Publicité

Et alors que le jeune américain souhaite réaliser un documentaire sur le tournage du futur blockbuster, il se rend bien vite compte que la tâche ne s'annonce pas aussi facile que prévue étant donné que des quartiers entiers sont bloqués pour l'occasion et deviennent inaccessibles au public.

Il réalise également que ce n'est pas un seul mais plusieurs tournages qui ont lieu simultanément. D'abord, celui à 165 millions de dollars produit par Paramount ; ensuite, son modeste reportage indépendant ; et surtout des dizaines et des centaines de vidéos amateurs de fans qui captent le temps d'un instant quelques scènes du tournage.

Publicité

En surfant sur le net, il découvre des vidéos non seulement de Chicago mais aussi de Détroit et même de Hong Kong et plus il avance, plus la production s'avère être vraiment massive. Il traque alors les conférences de presse chinoises, échange des emails avec certains YouTubers et se retrouve avec 355 vidéos YouTube. Kevin B. Lee qualifie ainsi son oeuvre de "documentaire de bureau" et lui donne le nom de "Transformers : the premake".

En effet, on suit, pendant 25 minutes, un écran d'ordi où le curseur navigue de page web en page web. Et comme on pouvait s'en douter, les explosions fusent et l'on doit faire marcher notre imaginaire pour apercevoir les robots géants. Mais ce qui est surtout intéressant avec ce reportage d'un nouveau genre, c'est qu'on en tire trois enseignements qui permettent de comprendre quelques mécanismes d'une grosse production américaine.

Les gouvernements locaux américains et l'allègement fiscal

L'épisode de Detroit montre la manière dont les gouvernements locaux américains essaient d'attirer les productions hollywoodiennes dans l'espoir de créer des emplois et de produire une sorte de film publicitaire pour mettre en lumière la ville.

Publicité

C'est la conclusion que tire Kevin B. Lee. Effectivement, on voit comment Détroit, qui devait à l'origine accueillir pendant un mois les équipes de Transformers, s'est fait détrôner par Chicago qui proposait un allègement fiscal plus intéressant, même s'il y a un débat quant à savoir si ces avantages fiscaux créent vraiment des avantages tangibles pour les contribuables.

Transformers, un blockbuster chinois ?

Comme le montre la vidéo, la Chine influence le box-office et exerce un pouvoir politique sur la manière dont les films d'Hollywood sont faits.

Le dragon dans le prochain Transformers.

Le dragon dans le prochain Transformers.

Publicité

En effet, le public chinois est friand de ce genre de film de sciences fiction. À titre d'exemple, Iron Man 3 a obtenu la seconde place au box-office chinois en 2013. Il représente alors une part importante de spectateurs. Les productions américaines ont donc tout intérêt à en jouer et à en profiter.

Mais cela ne va pas que dans un sens et en échange d'une future audience pratiquement assurée, la Chine exigerait une bonne image de sa culture. Et pour preuve, beaucoup de scènes de Transformers ont été tournées là-bas, on retrouve au casting des artistes chinois tels que la pop star Han Geng et l'actrice Li Bingbing, et si on en croit une des images du film, une dragon inspiré de l'animal chimère dans la culture chinoise, se retrouve dans la production de Paramount.

Comme l'explique le New York Times, le film a été co-produit avec une société chinoise, une désignation qui permet le contournement des stricts quotas chinois mis en place en ce qui concerne les films étrangers. En effet, seulement 34 films non-chinois sont autorisés à être tournés chaque année sur son territoire.

Comment les vidéos amateurs contribuent à la promotion du film

Les centaines de vidéos qu'a utilisé Kevin B. Lee pour réaliser son documentaire.

Les centaines de vidéos qu'a utilisées Kevin B. Lee pour réaliser son documentaire.

Conscient que sa propre vidéo est une forme de promotion pour le blockbuster, Kevin B. Lee réalise également à quel point l'industrie cinématographique américaine profite de cette publicité gratuite et virale que postent les fans sur Internet.

Les utilisateurs des réseaux sociaux se sont convertis en une force publicitaire. Nous sommes tous de la publicité, même quand on ne le fait pas intentionnellement. Nous sommes constamment en train de créer, en important des images, des vidéos et des données sur Internet.

Une promotion que la production compte néanmoins contrôler, en faisant supprimer certaines vidéos de YouTube qui porteraient une image négative de son prochain film.

Par Anaïs Chatellier, publié le 20/06/2014

Pour vous :