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Pourquoi les Français inventent des titres en anglais bien nazes pour les films américains

Publié le

par Lucille Bion

( © The Local )

Que deviennent les titres de films anglophones lorsqu'ils traversent l'Atlantique et arrivent dans l'Hexagone ? Étonné par certaines traductions, The Local a mené son enquête. 

Le site The Local s'est interrogé sur les pratiques des distributeurs : pourquoi avoir sexualisé et déformé à l'extrême certains titres ?

Le site à mené son enquête et en est venu à la conclusion que ces films, pris pour exemples, étaient bien partis au départ pour faire un flop. Donc, pour attirer le public dans les salles, leur faire acheter un DVD ou simplement attiser leur curiosité, les distributeurs français doivent être stratégiques, de manière à donner un maximum de visibilité au film.

Faire court et rester dans la tendance populaire

Comme le cinéma est avant tout un business, les productions ne peuvent pas négliger la conscience populaire. Ainsi, on vous avait déjà expliqué que le nom de la saga à succès Very Bad Trip avait été traduit, en référence à Very Bad Things, film de Peter Berg au pitch similaire, sorti en 1998.

La rédaction de The Local nous apporte des éléments nouveaux pour comprendre les procédures commerciales. Le marché français serait friand des titres en trois mots ou moins, nous expliquent-ils. Le plus judicieux serait donc de miser sur des titres courts et accrocheurs :

(© The Local )

(© The Local)

Placer subtilement le mot "sex"

Certains mots-clés, comme "sex" marchent aussi très bien pour attirer les foules :

(© The Local)

(© The Local)

Jusque-là, rien de nouveau, le sexe est populaire et a toujours fait vendre.

Un vocabulaire transparent

Modifier les titres en utilisant des termes anglais très proches du français est également une pratique très courante. Selon les distributeurs, ce type de vocabulaire donnerait un aspect plus cool au film. Les mots-clés les plus appréciés sont, entre autres : “sex”, “friends”,  “dance”, “happy”, “crazy”, “american”, “girls” ou "therapy".

(© The Local)

Mais toutes ces modifications déçoivent un peu Manon Kerjean, qui dirige LostinFrenchlation.com, un site anglophone dédié au cinéma français :

"Mais ces traductions sont aussi un peu embarrassantes dans le sens où les Français ont besoin de modifier la langue pour être capable de la comprendre au lieu de s'ouvrir à la culture anglaise."

Le paradoxe du succès

The Local a donc mis le doigt sur un problème majeur et paradoxal de notre industrie cinématographique. Celle qui ne mise presque plus que sur les comédies, soit-disant garantes de succès, au dépit de très bons films d'auteur très peu distribués, qui sans l'existence des festivals seraient complètement invisibles sur notre territoire.

À lire -> Lucy, Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? : ces films français qui marchent à l’étranger

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