Le top 5 des pires remakes américains de films français

Si certaines productions tiennent parfois la route, les accidents de parcours sont hélas légion.

C’est bien connu : quand ils ne sont pas occupés à produire des suites et des reboots à tire-larigot, les nababs hollywoodiens aiment s’adonner à l’exercice du remake de films étrangers. Et dans cette dynamique, la France n’est pas en reste. Les Américains sont par exemple tombés en pâmoison devant La Totale ! de Claude Zidi, devenu True Lies chez James Cameron. Paul Haggis a tourné sa version du polar Pour elle de Fred Cavayé. La Femme infidèle de Claude Chabrol s’est muée en Infidèle pour Adrian Lyne et le public d’outre-Atlantique a également pu découvrir The Upside, la relecture made in US d’Intouchables, avec Bryan Cranston et Kevin Hart.

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Côté gros ratage, on pense à Sleepless de Baran bo Odar, remake du thriller Nuit blanche de Frédéric Jardin. À l’écran, Jamie Foxx y remplace Tomer Sisley sous les traits d’un flic de Las Vegas suspecté par la police des polices après le détournement d’une livraison de coke destinée à la mafia. À moins de le regarder au huitième degré, le résultat s’avère clairement risible, baladant les personnages principaux d’invraisemblances en incohérences. On fait le point sur les pires adaptations américaines de films français.

#1. The Dinner (Le Dîner de cons)

En 1998, Le Dîner de cons sort en salles. Le raz-de-marée est immédiat. 9 247 001 spectateurs chauffent leurs zygomatiques devant les gaffes de François Pignon. Douze ans plus tard, les Américains ont la mauvaise idée d’adapter le projet à leur sauce grotesque dans The Dinner (Dinner For Schmucks). Steve Carell et Paul Rudd nous font regretter en quelques secondes le duo Jacques Villeret/Thierry Lhermitte. Mise en scène fantomatique, dialogues absurdes, l’ensemble, inconséquent et grimaçant, sidère par sa bêtise.

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#2. LOL USA (LOL)

Gros succès populaire au début de l'année 2009, avec 3 660 204 curieux au box-office, LOL de Lisa Azuelos fonctionnait tant bien que mal grâce à la paire Sophie Marceau/Christa Théret, mère et fille à l'écran. Il faudra compter à peine trois ans pour que la cinéaste française exporte son concept aux États-Unis. Elle réalisera un pur copycat en mettant en scène Miley Cyrus et Demi Moore. Pâle calque de l’œuvre originale, qui se suffisait déjà à elle-même, cette variante sans charme n’est qu’un spasme crispant.

#3. New York Taxi (Taxi)

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Quatrième plus gros succès de l’année 1998, avec 6 522 121 entrées en France, Taxi de Gérard Pirès est très vite devenu un phénomène de société. Efficace et sympathique, cette production de Luc Besson, cinéaste adulé par une partie du public américain, trouve sans mal son chemin vers le pays de l’Oncle Sam. Pour remplacer Samy Naceri au volant, New York Taxi fait la part belle à Queen Latifah, reine des taxis de New York. Le scénario ne s’élève jamais plus haut que l’asphalte et les vannes pourries sont crachées comme la fumée d'un pot d’échappement.

#4. Trois hommes et un bébé (Trois hommes et un couffin)

Avec 10 251 465 spectateurs réunis en 1985, Trois hommes et un couffin est le 28e plus gros succès de l’histoire du cinéma en France. Généralement, les gros succès publics confortent les Américains dans leurs rêves de remake. Ce fut le cas ici, précipitant deux ans plus tard la mise en chantier de Trois hommes et un bébé, avec Leonard Nimoy, Monsieur Spock himself, à la réalisation. Exit Roland Giraud, Michel Boujenah et André Dussolier. Et bonjour Tom Selleck, Steve Guttenberg et Ted Danson. Sûrement pas indigne mais incroyablement inutile et inauthentique.

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#5. The Tourist (Anthony Zimmer)

Johnny Depp espérait sûrement un grand rôle en acceptant de tourner dans The Tourist. Il avait à sa disposition le réalisateur allemand Florian Henckel von Donnersmarck, plébiscité pour l’excellent La Vie des autres, et un script basé sur l’efficace Anthony Zimmer de Jérôme Salle. Malheureusement pour lui, comme pour sa partenaire Angelina Jolie, la catastrophe est totale. Interprétation hasardeuse, alchimie en carton pâte, les personnages ne sont ni passionnants ni attachants. Passez votre chemin.

Par Mehdi Omaïs, publié le 11/08/2017