AccueilCinéma

Avec The Fall, le réalisateur d'Under The Skin nous entraîne dans sa chute

Publié le

par Manon Marcillat

(© BBC Films)

Après sept ans sans nouvelle, Jonathan Glazer nous revient avec un court-métrage vertigineux.

Jonathan Glazer nous redonne enfin signe de vie. Et sept minutes, moins deux si on leur soustrait le générique, c’est le temps qu’il lui faut pour nous plonger dans le plus profond des malaises, un sujet qu’il maîtrise à la perfection.

Après avoir transformé Scarlett Johansson en extraterrestre vengeresse dans Under The Skin, classé quatrième dans la liste des 100 plus grands films du XXIe siècle du ​Guardian, le réalisateur britannique nous propose aujourd’hui The Fall, une violente chasse à l’homme produite par la BBC.

Jonathan Glazer signe ici un court-métrage animal au cœur d’une sombre forêt qui s'ouvre sur un arbre secoué pour en faire tomber l’homme à son sommet comme un vulgaire fruit.

Une fois la proie capturée, une communauté anonyme et dépourvue d’humanité, le visage dissimulé sous des masques figés, le plongera dans une chute vertigineuse d’une minute trente, servie par l’anxiogène bande originale de Mica Levi, qui avait également signé celle d’Under The Skin.

Mais avant de faire tomber le couperet, la foule masquée n’oubliera pas le selfie de rigueur, une référence à la photographie des fils de Donald Trump s’affichant fièrement avec leur trophée de chasse illégale, inspiration de Glazer pour ce court.

The Fall est une dystopie angoissante à mi-chemin entre American Nightmare et La Plateforme, par le principe de verticalité qu’il met en scène grâce à une habile alternance de plans en plongée et contre-plongée. Du haut de son arbre, l’homme traqué se retrouvera plongé dans un puit sans fond avant d’entreprendre une laborieuse remontée.

Après une diffusion sur Mubi, le film est désormais disponible en VOD sur les plateformes UniversCiné, iTunes, Google, Vimeo, Filmo TV, Arte VOD, Vitis, Médiatheque Numérique et Xbox.

On apprend également que le réalisateur britannique a réalisé un court-métrage pendant le confinement, la pandémie que nous traversons actuellement étant un terrain de jeu propice à ses scénarios dystopiques et anxiogènes. 

Pour Strasbourg 1518, il s’est s’inspiré d’un étrange phénomène survenu dans la capitale alsacienne au XVIe siècle, surnommé "la peste dansante". Des Strasbourgeois ont entrepris une danse d’un mois et certains moururent d’épuisement ou de crise cardiaque sans que personne ne puisse déterminer si l’origine de ce phénomène était surnaturelle ou médicale. Et pour la partition électronique de ce court très clipesque, Jonathan Glazer a une nouvelle fois fait appel à Mica Levi.

À voir aussi sur konbini :