The Artist accusé de plagiat

Le réalisateur de The Artist, Michel Hazanavicius, est poursuivi par un scénariste français, a-t-on appris mardi. Le plaignant affirme avoir écrit un scénario similaire dès 1998.

Michel Hazanavicius, Bérénice Bejo et Jean Dujardin lors du 64e Festival de Cannes © Starface

Michel Hazanavicius, Bérénice Bejo et Jean Dujardin lors du 64e Festival de Cannes © Starface

The Artist, succès mondial de 2012, est-il une copie ? C'est ce que clame aujourd'hui un scénariste qui attaque le réalisateur Michel Hazanavicius et le producteur Thomas Langmann pour plagiat, ainsi que le relate le site d'information Hexagones (article abonnés).

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Le plaignant, le cinéaste français Christophe Valdenaire, dénonce de nombreuses ressemblances entre un scénario qu'il a écrit entre 1998 et 2009 et celui du film à succès. Plusieurs dizaines de scènes seraient concernées, selon l'acte d'accusation.

"Une trentaine de points de convergence"

Dans un billet posté en mars dernier sur son site personnel, Christophe Valdenaire affirme que le scénario de The Artist est calqué sur celui de son long métrage Timidity, la Symphonie du petit homme, dont il a débuté l'écriture en 1998 :

Plusieurs versions du scénario ont été élaborées entre 1998 et 2008, deux demandes d’aide ont été formulées auprès du compte de soutien au CNC en 2000 et 2006. Une structure de production a été créée pour porter le projet de film, un récapitulatif des plans et séquences a été réalisé en juin 2006, des essais pellicules ont été réalisés.

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Le plaignant raconte avoir rencontré la mère de Bérénice Béjo, l'actrice principale de The Artist et compagne de Michel Hazanivicius, en 2008. Par le biais de celle-ci, il aurait fait passer des essais à Moïra Grassi, la sœur de Bérénice Bejo. "Peu de temps après, raconte-t-il, j’apprends avec consternation que monsieur Michel Hazanavicius entre en production d’un film présentant les mêmes caractéristiques, et informe aussitôt la mère de madame Bérénice Bejo de mon inquiétude."

Dans ce même post de blog, Christophe Valdenaire appuie son accusation de plusieurs exemples :

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Un dossier a été constitué. Il contient notamment les preuves d’antériorité et le comparatif. A titre d’exemples : rencontre fortuite des personnages principaux au travers d’une ouverture dans un mur, cauchemar, désaccords sur l’avenir entre producteur et artiste, homme réduit, échec commercial d’un film dans le film, scènes de danse, tentative de suicide, hospitalisation, homme désespéré sauvé par l’amour d’une femme… Nous avons constaté une trentaine de points de convergences entres mon scénario et celui de The Artist.

"Pourquoi ne pas avoir porté plainte plus tôt", dira-t-on. Christophe Valdenaire invoque "deux drames personnels qui reportent aussitôt [son] action autour de ce conflit". Et d'ajouter que la sortie de The Artist a compliqué le montage financier de son film à lui.

Les assignés confiants

Joint par l'AFP, Michel Hazanavicius a repoussé l'accusation de Christophe Valdenaire, disant avoir "la conscience claire comme de l'eau de roche" :

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Le scénario (du plaignant) n'a absolument rien à voir avec mon film, ni avec le scénario, que j'ai écrit d'ailleurs.

Me Florence Vatrin, l'avocate de Thomas Langmann – dont la société de production "La petite reine" est également visée par la plainte –, a déclaré que son client n'est "absolument pas inquiet".

Une première audience sur le fond aura lieu courant 2015.

Par François Oulac, publié le 02/09/2014

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