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Les 10 choses que vous ne saviez (sûrement) pas sur Superman

Publié le

par Lucille Bion

Et la troisième va vous surprendre.

À l’heure où nous écrivons ces lignes, les super-héros n’ont jamais été aussi puissants dans la pop culture, parfois sublimés par une (grande) injection d’effets spéciaux plus ou moins visibles, plus ou moins pertinents. Pourtant, ces personnages qui nous accompagnent plus que jamais dans notre quotidien datent de l’âge de pierre. Ou presque.

À une époque où le moral des troupes était au plus bas et que la société éprouvait le besoin d’imaginer des hommes providentiels dans le monde moderne ; à une époque où les mythes et anciennes légendes ne faisaient plus rêver le citoyen, le 18 avril 1938 naît Superman. Ce jour-là, le super-héros apparaît pour la première fois dans le numéro un d’Action Comics, pimpé par le scénariste américain Jerry Siegel et le dessinateur canadien Joe Shuster, alors âgés de 17 ans seulement. Destiné malgré lui à devenir une véritable icône des États-Unis, le plus célèbre des kryptoniens emprunte sa force à Hercule et Flash Gordon.

D’abord censé être super rapide et sauter super haut, ses super-compétences prennent de l’ampleur au fur et à mesure que sa popularité gagne du terrain. C’est-à-dire très vite. Il sera désormais capable de traverser le temps, de brûler une cible avec ses yeux, de voler et même de déplacer des planètes. Ce Clark Kent de la ville pourrait devenir l’égérie des temps modernes d’Adidas tant le slogan "impossible is nothing" est fait pour lui.

Du haut de ses 83 ans, le héros patriotique dans l’imaginaire américain nous en a fait voir de toutes les couleurs, au cinéma, à la télévision, dans les jeux vidéo ou les comics. À l’occasion de son anniversaire, voici 10 choses à savoir sur le super-héros qui pourrait être ton grand-père.

#1. Superman a d’abord été un méchant

Il sauve les mamies en détresse, les innocents et autres braves citoyens, mais le capital sympathie de Superman n’a pas toujours été l'atout de ce dernier. Avant que les aventures de ce héros protecteur ne soient publiées dans les pages d’Action Comics, Jerry Siegel (aka Herbert S. Fine) et Joe Shuster avaient écrit Le Règne de Superman en 1933, l’histoire d’un sans-abri nommé Bill Dunn.

"Le Règne du Superman", illustré par Joe Shuster, scénarisé par Jerry Siegel et publié par ce dernier dans son fanzine, Science Fiction, en 1933.

Le destin de cet anonyme change lorsque Ernest Smalley, un chimiste, lui offre le gîte et le couvert pour le convaincre de jouer les cobayes le temps d’une expérience révolutionnaire. Le démuni accepte et ingurgite une potion secrète qui le transforme peu à peu. Il commence à se découvrir des super-pouvoirs télépathiques, de manipulation mentale et perd la tête, avide de pouvoir et d’argent. Il tue le scientifique qui détenait la formule et entame un règne de terreur. Mais bientôt, ses super-pouvoirs se dissipent et le ramènent à la case départ.

Il suffit aux deux ados de mener une petite étude marketing pour s’apercevoir que ce qui se vend le mieux, c’est l’histoire des héros, pas des méchants. Le duo planche donc sur une toute nouvelle version de Superman et… vous connaissez la suite.

#2. Henry Cavill s’est gavé pour jouer Superman

Si Henry Cavill, le dernier acteur a avoir endossé le costume de Superman pour les films DC, s’est fait lapider sur la place publique de Twitter pour sa moustache, personne ne peut remettre en cause sa préparation physique pour le rôle.

La légende raconte qu’il a dû ingurgiter 5 000 calories par jour pour augmenter sa masse corporelle. Armoire à glace dans Man of Steel, Batman v Superman, puis Justice League, Henry Cavill a suivi un entraînement strict pendant près d’un an, avec un coach qui le soutenait pendant ses deux heures et demie de sport par jour.

En voyant aujourd’hui les photos de ses entraînements, il est assez drôle d’imaginer que lorsqu’il était petit, Henry Cavill était un enfant en surpoids et se faisait surnommer "Fat Cavill" par les autres élèves de son école. C’est ce qu’on appelle une revanche musclée.

#3. Tim Burton était à deux doigts de réaliser film Superman

Vous connaissez les Batman de Tim Burton, mais saviez-vous que le cinéaste avait commencé à travailler sur un Superman ? Après le bide de Mars Attacks!, le réalisateur a travaillé pendant un an sur une nouvelle histoire du super-héros, se concentrant cette fois moins sur l’action et les cascades que sur l’âme et les tourments de l’homme, qui doit apprendre à trouver sa place sur Terre malgré sa différence – un thème cher à Tim Burton.

Le studio s’emballe et fait signer des contrats de pay-or-play qui imposent le versement de la totalité du salaire quelles que soient les circonstances, que le film soit tourné ou que l’acteur soit recasté. Tim Burton et Nicolas Cage, pressenti dans le rôle-titre, sont alors respectivement payés 5 millions et 20 millions de dollars.

Chris Rock, Courteney Cox, Julianne Moore, Christopher Walken, Jim Carrey : tout le gratin d'Hollywood passe des auditions pendant que les concept arts prennent forme. La Warner date même le film, pensant sauver les meubles suite aux nombreux échecs commerciaux qu’ils doivent essuyer, de Batman et Robin à Tarzan et la Cité perdue.

Sans cesse réécrit, le scénario ne convainc pas le studio. Face à ces allers-retours incessants, Tim Burton commence à perdre patience et, d’un commun accord, tout le monde baisse les bras. Au cours de ses interviews, le cinéaste s’est souvent amusé de la situation : "J’ai fait le film, on a juste oublié de le filmer." Heureusement, il reste une trace de ce film inexistant sur YouTube, à travers un documentaire qui s’est attelé au mystère entourant sa production et intitulé The Death of "Superman Lives": What Happened ? :

#4. Avant d’être Batman, Ben Affleck a aussi mis la cape de Superman

On connaît l’histoire tragique de Ben Affleck et Batman, celle d’un acteur qui a lâché le costume du Chevalier noir anéanti par son divorce, son alcoolisme et les échecs critiques de ses films. Sachez qu’il existe aussi une version (parodique) de Ben Affleck en… Superman.

Une anecdote difficile à croire après avoir vu Ben Affleck et Henry Cavill s’écharper dans Batman v. Superman. Pourtant, dans Hollywoodland, on voit bien Ben Affleck porter fièrement ses couleurs rouges.

Ce film d’Allen Coulter sorti en 2016 s’intéresse à la mort de George Reeves, l’acteur qui a incarné Superman dans le fameux feuilleton télévisé des années 1950, Les Aventures de Superman. Pour ce thriller, Ben Affleck s’est alors glissé dans la peau de l’icône regrettée et a endossé la cape du justicier pour retracer sa carrière. Il ne vous reste qu’à décider ce qui lui sied le mieux : le rouge ou le noir ?

#5. Superman a daté WonderWoman

Petite parenthèse people sur le monde DC. Dans les récentes productions hollywoodiennes, Superman n’a d’yeux que pour Lois Lane. À la rédaction du Daily Planet, Clark Kent et l’ambitieuse journaliste, c’est le couple goal des journalistes. Pourtant, dans les pages des comics, on leur a volontiers accordé des relations amoureuses plutôt tumultueuses au fil des époques et des scénaristes.

Superman embrassant WonderWoman dans "All-Star Batman and Robin, the Boy Wonder" (2005) écrit par Frank Miller et dessiné par Jim Lee.

#6. Superman Returns est le film de super-héros préféré de Quentin Tarantino

Perçu comme le grand messie contemporain du septième art, entre ses films qui cartonnent et ses critiques de cinéma pour The New Bev, Quentin Tarantino est un cinéphile inégalé qui regarde absolument tout. Comme les films de super-héros ne font pas exception à la règle, le jour où Bryan Singer a entendu les éloges de Q.T sur son Superman Returns, il n’a pas pu faire autrement que de le clamer haut et fort à qui voulait bien l’entendre.

Dans les colonnes du New York Times en 2009, Quentin Tarantino racontait sa fascination pour le film en 2009 :

"Je suis un grand fan de Superman Returns. Je travaille sur ce qui est maintenant une critique de pas moins de 20 pages, et je n’ai pas fini."

On attend toujours de lire cet exploit.

#7. Will Smith s’est vu proposer le rôle

Non, Idris Elba n’a pas été le seul acteur noir découragé par le racisme, lorsqu’il a été question d’incarner une figure de la pop culture. Will Smith a décliné le rôle de Superman pour les mêmes raisons, comme il l’a révélé en 2008. Par peur d’être boycotté par le public parce qu’il se glisserait dans la peau d’un héros blanc, le comédien a préféré se pencher sur d’autres opportunités en posant là un triste constat :

"Si vous touchez à un des héros des Blancs à Hollywood, vous ne trouverez plus jamais de travail dans cette ville !"

À défaut d’être devenu Superman, il a endossé le rôle de Hancock, cet anti-super-héros dont la cote de popularité est proche de zéro. Une bonne surprise, pleine d’autodérision.

#8. Superman Returns a été le premier film disponible en IMAX

En 2006, alors qu'il y avait encore des salles de cinéma ouvertes, Superman Returns s’imposait comme un véritable événement aux yeux du public. Si le film de Bryan Singer a été le premier à utiliser une caméra HD Panavision Genesis, toute nouvelle sur le marché, son innovation technologique ne s’arrête pas là.

Superman Returns est considéré comme le premier film "live" prévu pour être projeté en trois dimensions dans les salles IMAX. Si la tendance s’est largement popularisée avec l’arrivée du révolutionnaire Avatar, ce spectacle visuel était inédit pour l’époque. Lors de séquences spécifiques, une icône indiquait au spectateur de mettre des lunettes adéquates pour profiter des effets 3D. La technique était auparavant réservée aux documentaires comme Deep Sea 3D ou aux films d’animation tel que Le Pôle express. Inutile de préciser que cette initiative a été un grand succès.

#9. Jude Law a failli jouer Superman

Après avoir marqué les plus belles comédies romantiques de l’histoire du cinéma, Jude Law aurait pu se battre pour une autre cause que l’amour véritable : la justice. En 2006, alors que Bryan Singer est en train de préparer Superman Returns, Jude Law est approché pour enfiler la cape de Superman.

Rattrapé par ses origines britanniques, le comédien n’arrivait pas à se projeter sous les traits de l’icône des Américains. Pensant le convaincre, le cinéaste lui a envoyé la panoplie du super-héros chez lui. Et au moment d’essayer le costume, l’acteur a une révélation :

"J’ai apporté le costume dans ma salle de bains et je l’ai enfilé. Puis je me suis regardé dans le miroir et là, d’un coup, je suis devenu Superman. La musique s’est ensuite un peu imposée à mon esprit, ta, ta, tatatatata, et je me suis imaginé portant ce costume sur des affiches dans le monde entier. Et je me suis dit : 'Y’a pas moyen !'"

Jude Law aura été Superman quelques minutes devant sa glace. C’est déjà ça.

#10. Darren Aronofsky veut faire un Superman

Il est difficile d’imaginer Darren Aronofsky s’attaquer aux super-héros, après avoir visionné son inimitable Mother! , fable écologique avec d’interminables plans serrés sur Jennifer Lawrence. Chef-d’œuvre pour certains, film grotesque pour d’autres, son projet a fait de lui l’un des cinéastes les plus clivants de ces dernières années. Pourtant, réaliser un Superman est l’un de ses plus grands désirs, comme il n’a cessé de le clamer à la presse après la sortie de Mother! en 2017.

En réalité, cette idée trotte dans la tête du cinéaste depuis… 2010. Lorsque la Warner voulait rebooter les aventures de l’homme d’acier, le nom de Darren Aronofsky circulait dans les couloirs hollywoodiens. En pleine hype, suite à la réalisation de son Black Swan, le monde entier fantasmait à l’idée de retrouver le cinéaste et sa muse à l’écran.

À l’époque, il était en effet question que Natalie Portman endosse le rôle de Lois Lane, à la seule condition que Darren Aronofsky soit aux commandes du film. Finalement, l’actrice s’est retrouvée chez la concurrence, en incarnant Jane Foster chez Marvel.

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