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Violence, personnages, comics : les critères d'un blockbuster à succès

Publié le

par Constance Bloch

The Amazing Spider Man 2, Godzilla, X-Men, Ninja Turtles... on ne compte plus les blockbusters qui s'apprêtent à envahir nos écrans au cours des prochains mois. Et ce n'est pas un hasard, puisque ce genre cinématographique est celui qui attire le plus de spectateurs dans les salles obscures. Une recette tellement bien maîtrisée par les studios hollywoodiens qu'ils nous la servent à toutes les sauces, toujours en gardant quelques ingrédients indispensables : courses poursuites, explosions, corps à corps et fusillades.

Le journaliste Walt Hickey de Five Thirty Eight a décidé de regarder de plus près ce phénomène en s'appuyant sur les données d'IMDb (Internet Movie Database). Pour cela, il a sélectionné 364 films parmi ceux répertoriés dans la catégorie "blockbuster", qui ont tous été notés plus de 50 000 fois et réalisés en 1975 ou après. Ainsi, il a établi plusieurs graphiques assez éloquents.

En s'intéressant d'abord aux genres, son étude révèle que 46% des blockbusters sont des films "d'action", 42% "d'aventure" et 32% des "comédies". Le genre le moins bien représenté dans cette catégorie est ainsi la "romance".

Par ailleurs, on se rend également compte - sans réelle surprise - que les films s'inspirant de bandes-dessinées et de comics ont explosé, puisqu'ils sont passés de moins de 10% avant les années 2000 à plus de 30% entre 2010 et 2013. Ce graphique fait donc écho à la déferlante de super-héros Marvel et DC comics prévue au cinéma dans les trois prochaines années.

Plus de meurtres mais moins de sang

Depuis toujours, les blockbusters sont inexorablement synonyme d'action. Ainsi, les courses poursuites représentent 36%, les chutes 34%, suivies de près par les déflagrations en tous genres (35%). Les explosions de voitures sont quant à elles présentent dans 20% des films, et celles d'immeubles dans 11%.

Si la violence fait bien évidemment partie intégrante blockbusters, l'analyse révèle que les scènes gores sont cependant en chute libre. Elles passent ainsi de 20% à moins de 8% entre 1975 et 2013. Les meurtres sont quant à eux bien en hausse, puisqu'ils sont passés de 30 à plus de 55% entre ces mêmes années, mais ils sont donc de moins en moins sanglants.

La relation père-fils domine le genre

Un autre axe de l'étude examine les liens qui unissent les personnages. Ainsi, on se rend compte que la relation que l'on retrouve le plus souvent à l'écran entre deux explosions est celle de père-fils (31%), beaucoup plus que celle de père-fille (21%). C'est à peu près le même ratio que celle entre mère-fils (23%) et mère-fille (11%), très certainement dû au fait qu'il y ait généralement moins de personnages féminins dans le cinéma hollywoodien.

Si la relation mari-femme dominait largement le genre dans les années 70 (42%), à la fin des années 80 elle n'était plus présente que dans 10% des films. Ce chiffre a de nouveau augmenté dans les dernières années et stagne désormais autour de 30%.

Mais le chiffre le plus impressionnant concernant le genre est certainement celui des prequels. Depuis 2010, plus de 50% des blockbusters réalisés sont des suites. Il suffit de regarder les longs métrages à l'affiche pour s'en apercevoir :  The Amazing Spider Man 2 (lui-même reboot d'une précédente trilogie), le deuxième volet de Captain America, celui de Thor... Et dans quelques semaines nous aurons aussi le droit au cinquième volet de la saga X-Men réalisé par Bryan Singer, dont le premier, sorti en 2000, a initié la vague des adaptations de comics au cinéma.

Reboots, suites, scènes d'actions similaires... A l'aide de ces graphiques, Walt Hickey tend à démontrer que non seulement les blockbusters sont devenus la poule aux oeufs d'or de l'industrie cinématographique hollywoodienne, mais surtout que l'uniformisation du genre pourrait bien le mettre en danger. Car à terme, ces films à grosses ficelles risquent bien d'ennuyer les spectateurs, lassés de ne pas voir assez de créations originales dans les salles obscures.

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