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Le Stagiaire des affiches : ce graphiste sans pitié révèle les grosses ficelles des posters de films

Focus sur le travail du Stagiaire des affiches, qui fait marrer Internet en ajoutant ses petits commentaires acerbes sur des affiches de films. Derrière son ordinateur, un cinéphile s’est inventé un personnage pour nous ouvrir les yeux sur la paresse et l’absurdité des campagnes de promo de l’industrie du cinéma.

(© LSA)

Il est incognito, drôle et sans répit. Le Stagiaire des affiches est l’une des perles de l’Internet français et parle de l’actualité ciné comme personne. Derrière son écran, il se fait appeler Régis et mène un combat acharné contre les gros clichés du cinéma. Ses armes ? L’humour et une thèse en Photoshop, avec lesquels il enrichit des affiches de ciné avec des commentaires férocement drôles. En plus de son site Web, l’artiste a développé son identité sur tous les fronts : Twitter, Facebook, Pinterest, Tumblr

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Le cinéphile a décidé de se lancer dans cette bataille le jour où il s’est rendu compte que les affiches de cinéma ne lui procuraient plus d’émotions. Sur Internet, le stagiaire masqué opte pour une approche très second degré, comme il l’explique si bien :

"Je m’appelle Régis, et mon papa m’a acheté Photoshop en 1998. Depuis je fais des affiches de cinéma, et j’ai récemment intégré la prestigieuse École Graphique du Cinéma.

Faut pas croire c’est difficile, mais je vous explique mes techniques de pro ici."

Et Régis, pas peu fier de ses petites trouvailles, s’en donne à cœur joie. Typos, visuels, mises en scène des acteurs, éléments d’accroche… Le faux débutant rhabille les dernières affiches des distributeurs avec ses petits commentaires cyniques. Son regard avisé dénonce souvent un manque de créativité assez saisissant, qui pourrait presque faire passer les businessmen de l’industrie du cinéma pour des mecs pas très courageux – ces derniers semblent survivre en recyclant les tendances populaires, par peur de se planter.

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Un exemple impitoyable ?

Oui, c’est vachement culotté. Mais cette petite technique qui consiste à réutiliser les mêmes repères visuels que les grosses comédies attirera plus d’un spectateur, soyez-en sûr.

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Quand les Français imitent Hollywood

L’autre passe-temps préféré de Régis consiste à comparer des affiches américaines et françaises. Là encore, il y a de quoi faire : traductions ahurissantes, inversion de la place des acteurs sur l’affiche, suppressions de trucs "trop amerloques", etc. L’océan Atlantique traversé, la culture n’est plus la même, elle est plus raffinée…

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Souvent, ces grosses modifications d’un pays à l’autre signifient que les films sont pressentis pour faire un flop. En l’occurrence, avec #PireSoirée, Scarlett Johansson, la plus célèbre des actrices du casting en France, finit par écraser toutes les autres stars sur l’affiche. "Habile, Bill" :

Grosse pression des quotas Disney pour #PiratesoftheCaribbean 5. (© LSA)

T.P. de compression pour La Tour sombre. (© LSA)

Il y en a pour tous les goûts

Les différentes tentatives pour séduire une cible particulière sautent aux yeux de notre enquêteur. Pour les jeunes, on préférera ainsi les mots-clés bien bidons, quitte à insérer quelques hashtags pour se donner un air cool, comme pour Bad Buzz (comédie au titre déjà très révélateur). Pour les seniors avides de comédies familiales, la règle d’or consiste à jouer sur l’émotion et à faire rentrer tout le monde sur l’affiche, afin de prétendre à une véritable ambiance conviviale.

Décryptage de l’affiche de Bad Buzz. (© LSA)

T.P. de l’entassement familial. (© LSA)

T.P. Baston de femmes pour un vieux. (© LSA)

Par Lucille Bion, publié le 12/12/2017

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