Avec ce court-métrage, l'amour moderne est (enfin) démystifié

Une virée tardive en taxi, ça peut avoir du bon.

Coincés dans un Uber Pool à la fin d’une soirée, une jeune fille et un jeune homme débattent sur leurs affaires de cœur. La première a déménagé à New York pour retrouver son amour qui ne semble pas vouloir d’elle, tandis que le second vient de se faire larguer par son petit ami rencontré sur une application de dating.

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Dans ce court-métrage tourné en langue anglaise, le réalisateur Thibaut Buccellato réitère ses réflexions sur l’amour, son sujet de prédilection. Après avoir traité cette thématique sous différentes formes dans The Wait, The Space Between Us, The Moments I Miss ou encore Je suis une rencontre, réalisé dans le cadre du Nikon Film Festival.

Il fait appel à Rebecca Dayan (sorte de Rooney Mara croisée avec Laëtitia Clément dans Luna) et Jeremy McClain (sublime dans Pose) pour interroger notre perception du couple, largement influencée par la société. En 6 minutes, le réalisateur se la joue David Cronenberg dans Cosmopolis et nous fait traverser la ville en voiture, avec des plans simples et des dialogues riches de sens, rappelant que la solitude est loin d’être une fatalité.

Inspiré par le travail de Richard Linklater, Éric Rohmer et autres "films de discussions", Thibaut Buccellato voulait mettre des mots sur les sentiments amoureux et le célibat, à travers un simple dialogue.

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Konbini | Comment est né Someone, Somewhere ?

Thibaut Buccellato | J’ai tourné à New York en une nuit, en septembre 2019. Un peu comme mon court-métrage précédent The Wait, j’ai écrit Someone, Somewhere en sachant que je le ferai à l’étranger et avec peu de moyens, donc j’ai écrit le scénario en partant de ce principe. Il me fallait quelque chose de facile à tourner, qui demanderait peu d’argent, peu de temps ou d’autorisations, mais qui resterait esthétique. J’ai donc pensé à une discussion dans une voiture de nuit, car cela permettait de profiter de New York et de ses lumières de nuit (surtout celles de Times Square), sans trop de dépenses. Ce concept de deux personnes parlant dans un Uber en traversant New York me semblait donc parfait.

Comment as-tu choisi tes deux comédiens ?

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J’avoue que pour mes castings, je me mets de plus en plus à utiliser Instagram, car c’est une bonne façon de pouvoir entrer directement en interaction avec les acteurs, d’autant plus qu’il est très dur d’obtenir les contacts des agences aux États-Unis, contrairement à la France où ces dernières ont chacune un trombinoscope sur leur site et le contact de chacun des agents.

J’avais vu Rebecca Dayan dans Novitiate et Jeremy McClain dans la série Pose. Je les ai tous les deux contactés sur Instagram. Après avoir lu le scénario, ils ont très vite accepté. Une fois à New York, on s’est vu tous les trois pour répéter et travailler le dialogue, quelques jours avant le tournage.

Pourquoi l’amour semble omniprésent dans ta filmographie ?

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J’avais déjà abordé le thème du célibat avec The Space Between Us, mais c’était plutôt sur le choix d’être seul·e. Cette fois, après The Wait qui parle d’une rencontre et de l’attente du premier SMS, j’ai l’impression de boucler la boucle, en abordant le thème de la rupture. C’est vrai que j’aime parler d’amour dans mes films. C’est parce que c’est le cinéma que j’aime, mais aussi et surtout, car c’est un sujet universel qui touche tout le monde. C’est un sujet très personnel, intime et en même temps complètement universel et intemporel.

Au-delà de l’amour, je voulais aussi et surtout parler du célibat et du fait d’être seul·e, car comme je le dis dans le film, je pense que de plus en plus, les gens cherchent l’amour pour éviter la solitude et deviennent amoureux du concept de couple au lieu de la personne en elle-même. Je pense qu’apprendre à être seul, s’apprécier et apprécier ces moments est important et rendra d’ailleurs les relations futures d’autant plus fortes et vraies.

Par Lucille Bion, publié le 19/05/2020