( © Mars Films )

5 bonnes raisons d'aller voir Sing Street, un teen movie qui vous fera du bien

Voici cinq bonnes raisons d'aller voir Sing Street. Histoire de ne pas passer à côté du nouveau film de John Carney, un feel good movie pour tous, dopé au rock'n'roll.

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Sing Street, qui sort ce mercredi 26 octobre, est un petit bijou cinématographique qui prétexte la musique pour délivrer un message sur l’identité tout en donnant la pêche au spectateur. Le réalisateur, en assumant ses choix, fait du vrai cinéma, divertissant, documentaire et tente même une mise en abyme expérimentale en intégrant les clips amateurs de ses acteurs débutants. 

Conor (Ferdia Walsh-Peelo), jeune adolescent de quinze ans, fait sa rentrée à Synge Street, où il rencontre Raphina (Lucy Boynton), dont il tombe immédiatement amoureux. Pour la séduire, il monte avec ses copains, des ringards solitaires, un groupe de musique qui se définit comme futuriste. En parallèle, le héros assiste au divorce de ses parents et doit faire face à ses professeurs très pieux ainsi qu'à ses camarades redoutables et dissipés. Un parcours initiatique, rempli de charmes et de belles idées.

On vous donne cinq bonnes raisons de vous rendre dans les salles obscures. De toute façon, il n'y aura pas plus boostant cette semaine.

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1. Une BO magistrale :

John Carney avait déjà réalisé un film musical en 2014, New York Melody. Avec Sing Street, il prouve une fois de plus que la musique est capable de rassembler les gens, les esprits rebelles et sensibles. 

Avec sa BO magistrale, Sing Street est le genre de film dont on ne sort pas indemne. Un feel good movie rythmé par les grandes légendes du rock, comme The Jam, The Cure, Duran Duran, qui permet de passer un bon moment tout en redécouvrant les grands noms du genre, à coup de vieux vinyles qui passent à fond dans une chambre d'ado ou dans une décapotable. Rock'n'roll !

Si vous avez les batteries à plat, les mélodies survitaminées de Sing Street vont assurément vous redonner la pêche.

On comprend vite dans le film que la musique devient une échappatoire pour la bande de gamins, ces adolescents qui tentent de percer alors qu’ils ne maîtrisent même pas le jargon et les codes de la musique. Avec une bonne dose d’humour, ce petit film est porté par des personnages irrésistibles, attachants et maladroits. De vrais anti-héros réjouissants qui rappellent que faire du rock'n'roll, c'est prendre un risque, ce désir d’aller au bout de ses rêves, à travers une forme d’art.

2. Un film qui donne envie d'être à nouveau adolescent

( © Mars Films )

(© Mars Films)

Dans Sing Street, la jeunesse représente un nouveau pouvoir spontané, une soif de liberté. Il faut dire qu'à cet âge, on a un potentiel illimité et des rêves pleins la tête. Conor, qui porte le film, voit son monde s’écrouler et cherche à séduire la plus belle fille du quartier, Raphina, plus âgée que lui. Il s’invente donc un groupe de musique futuriste pour l’impressionner et pour qu’éventuellement, elle joue dans ses clips.

Conor écrit des chansons à Raphina, en guise de déclarations d'amour. Cette naïveté et cette maladresse font tout le charme du film. On peut voir des clips bien cheap et autres coupes de cheveux expérimentales, dignes des années 1980. Les héros se cherchent un look, avec un air assuré. C’est très touchant de voir, à cet âge, jusqu’à quel point on est prêt à aller pour faire battre le cœur de l’autre. 

3. Une relation poignante entre deux frères

Mais dans ce film, il y a surtout le personnage du grand frère, Brendan (Jack Reynor). L'aîné un peu paumé qui ne fait pas grand chose de ses journées, à part comater devant la télé, vissé au canapé du salon. Si son look un peu crado prouve qu'il se laisse aller, il joue pourtant un superbe rôle de mentor, taiseux et sensible. C’est lui qui va éduquer musicalement son petit frère de quinze ans pour qu’il parvienne à séduire Raphina.

En parallèle, les enfants doivent faire face aux problèmes conjugaux de leurs parents. Ils ne cessent de se disputer et leur domicile familial, leur cocon protecteur, se détruit littéralement au fil de l’histoire. C'est le grand frère, conscient qu'il est le fruit d'une union d'un soir, qui portera les malheurs du monde sur ses épaules et qui permettra à Conor de voler de ses propres ailes. 

La scène où Brendan laisse éclater sa colère est sûrement celle qui fait de ce feel good movie un grand film poignant, aussi. Pas uniquement une comédie fraîche et dopante. Sing Street, c’est une histoire d’amour certes, voire un conte musical mais c’est surtout l’histoire magnifique de deux frères.

4. Pour découvrir les talents de demain

( © Mars Films )

(© Mars Films)

John Carney n'a pas souhaité faire appel à des comédiens professionnels, pour privilégier un jeu naturaliste. Pendant six mois, le réalisateur a organisé un casting sauvage pour dénicher les petites perles qui savaient jouer d'un instrument. C’était un véritable défi car en choisissant des non-professionnels, il prenait le risque de ne pas réussir à transmettre les émotions qu’il voulait, à cause du manque de vécu des jeunes. Au final, le réalisateur arrive à s’ajuster aux acteurs, ces adolescents qui ont une vision naïve de la vie, parce qu'ils sont en train de la découvrir.

De ce casting anonyme, on retiendra bien sûr Lucy Boyton (Raphina), pour sa beauté fragile et hypnotique mais surtout Ferdia Walsh-Peelo (Conor), qui campe le rôle principal. Le jeune irlandais de seize ans vient d'une famille de musiciens, qui a sûrement pris le soin d'éveiller sa sensibilité artistique. Avant de pouvoir faire ses preuves devant l'équipe du film, il a patienté cinq heures dans la file d'attente, pour finalement séduire tout le monde.

Il faut dire qu'avec sa gueule d'ange et son charisme maladroit, l'ado martyrisé par ses camarades ne perd rien de sa fougue et crève l'écran malgré ses accoutrements cocasses. Il se construit, se cherche, sans jamais se trouver vraiment. Cet aspect ridicule du personnage participe au charme irrésistible et frais du film.

5. Pour le charme du Dublin des années 1980

Le réalisateur a justement retranscrit l'ambiance du Dublin des années 1980, période où la dette publique, après le choc pétrolier de 1979, pesait sur les citoyens qui devaient se battre pour maintenir leur niveau de vie. John Carney a donc plongé ses personnages dans ce contexte, qui a poussé le jeune Conor a changer d'école, pour que la famille fasse des économies.

En plus de cela, le film présente l'époque comme une période moins libre pour les couples qui ne peuvent divorcer et où l'Église catholique est très présente dans la société. Le personnage du prêtre, redoutable directeur de l'école, est prétexte à des sketchs tordants et poignants, qui vont permettre au héros de s'émanciper et de contourner l'oppression scolaire.

Mais cet aspect documentaire du film reste très léger. Les personnages évoluent en se fabriquant leurs propres expériences.

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Par Lucille Bion, publié le 25/10/2016

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