Sibyl, la pépite dramatique avec Virginie Efira qui a séduit Cannes

Justine Triet remet ça, trois ans après Victoria, et c'est sublime !

Au cours du Festival de Cannes, Konbini vous fait part de ses coups de cœur. Aujourd’hui, place au nouveau film de Justine Triet, toujours avec Virginie Efira, Sibyl, qui clôt cette sélection officielle 2019.

Sibyl, c’est quoi ?

Virginie Efira continue de choisir ses films avec beaucoup d’intelligence, Sibyl en est la preuve. Elle retrouve cette fois la réalisatrice Justine Triet, trois ans après l’excellent Victoria, qui lui a ouvert les portes du cinéma indépendant.

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Cette dernière y joue Sibyl donc, une psychanalyste au bout du rouleau, ancienne alcoolique à deux doigts de retomber, mère célibataire en galère, qui décide de se replonger dans l’écriture de roman — sa première passion. Une décision qui intervient juste avant de rencontrer Margot (Adèle Exarchopoulos), une actrice en détresse.

Enceinte d’un acteur célèbre (Gaspard Ulliel) avec qui elle doit tourner un film, et qui est au passage en couple avec la réalisatrice dudit long-métrage, Margot veut avorter. Ce récit devient alors la première source d’inspiration du nouveau bouquin de Sibyl, qui se replonge en même temps sur l’échec d’une relation complexe du passé, et l’amène à prendre de bien mauvaises décisions…

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Mais c’est bien ?

Le film se centre sur un ressort dramatique assez commun : la romancière qui s’inspire de ce qu’elle vit pour écrire sa nouvelle œuvre, aux dépens des autres. Mais Triet aborde cette intrigue avec beaucoup de justesse, en la mettant au cœur du récit tout en se concentrant sur tout le reste, tout ce qui se passe autour de Sibyl, et les multiples questionnements qu’elle se pose.

Car oui, le film est en très très grande partie basé sur Virginie Efira. Heureusement pour le long-métrage, cette dernière y est absolument parfaite. Sachant aussi bien jouer la psy idéale à l’écoute d’un jeune garçon et la thérapeute sans scrupule qui enregistre les sessions avec Margot, l’amante folle d’amour et la séductrice destructrice, la manipulatrice et la candide qui se fait avoir, une maman protectrice et absente, Efira passe par bien des états : toujours avec brio.

Au final, la pléthore de personnages ne sert qu’à exacerber tout ce que ressent Sibyl. Et c’est l’une des forces de ce récit protéiforme. Car au-delà de l’intrigue, c’est surtout le parcours de cette femme que l’on suit avec plaisir, que ce soit dans les meilleurs, et les pires moments. Et c’est fort, car sur le papier, il y aurait de quoi s’ennuyer. C’est loin d’être le cas, et pour ça, il faut remercier Justine Triet, qui manie sa mise en scène, sa caméra et son montage avec beaucoup de subtilité et de rythme.

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Qu’est-ce qu’on retient ?

L’actrice qui tire son épingle du jeu : Virginie Efira, toujours aussi épatante.

La principale qualité : Le scénario, très malin, et son actrice principale qui crève l’écran.

Le principal défaut : le film aurait gagné à s’arrêter peut-être un peu plus tôt, avant la gueule de bois.

Un film que vous aimerez si vous avez aimé : "Victoria", pour saisir l’alchimie Triet/Efira.

Ça aurait pu s’appeler : "Stromboli".

La quote pour résumer le film : "Virginie Efira brille, de nouveau, devant la caméra de Justine Triet."

Par Arthur Cios, publié le 27/05/2019

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