Charlie Countryman, copyright : Marco Polo Production

Après ses écarts, le tourmenté Shia LaBeouf veut s'offrir un nouveau départ

L’acteur, humoriste et réalisateur est revenu sur ses erreurs du passé, dues au stress post-traumatique et aux addictions dont il a souffert.

(© Marco Polo Production)

Désireux d’exorciser à jamais ses vieux démons à l’occasion de la sortie de son nouveau film, Borg/McEnroe, Shia LaBeouf s’est confié au sujet de son passé tumultueux dans un long entretien pour le magazine Esquire.

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Si l’acteur poursuit une carrière honorable, il défraye trop régulièrement la chronique à coups de challenges improbables (son dernier en date : regarder l’intégralité de sa filmographie dans un cinéma pendant 72 heures d’affilée), d’apparitions audacieuses sur le tapis rouge ou de déboires judiciaires.

En 2017, LaBeouf a été poursuivi en justice par un barman qu'il a traité de raciste car il ne voulait pas le servir, interpellé en état d’ébriété sur la voie publique (arrestation au cours de laquelle l’acteur s’est perdu en insultes, parfois racistes, envers les policiers présents), et admis pour dix semaines en centre de désintoxication.

Un passé dont l’acteur n’est visiblement pas fier et qu’il essaie aujourd’hui d’enterrer. Comme il l'a confié à Esquire

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"Je me sens terriblement honteux quand je repense à cette arrestation, qu’on peut résumer en trois mots : privilège blanc, désespoir, désastre. J’ai fait preuve d’un aveuglement égoïste et j’essayais de me décharger de la culpabilité que je ressentais à ce moment-là. J’ai merdé."

Stress post-traumatique et addiction à l’alcool

En cure de désintoxication, les médecins lui diagnostiquent un trouble de stress post-traumatique, lié – selon l’intéressé – à ce dont il a dû être témoin au cours de son enfance. Quand Shia LaBeouf était enfin, sa mère a subi un viol. Il l'a accompagnée au commissariat pour déposer plainte, doit assister au témoignage et revivre ainsi le crime. Un traumatisme qui suit le jeune acteur jusque dans l’enceinte de l’école, où il commence à s’attirer des ennuis.

Quelques années plus tard, il assiste à une nouvelle agression de sa mère, percutée par une voiture dans un parking. Enragé, il poursuit l’auteur de l’acte avec un couteau. S’il ne l’utilise finalement pas, il décide de le remplacer par un pistolet qu'il garde sur lui afin de se sentir plus en sécurité. Arme avec laquelle il dort toujours aujourd’hui.

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"J’ai toujours cru que quelqu’un allait arriver. Toute ma vie", confie-t-il.

L’acteur finit par trouver du réconfort dans les spiritueux, addiction dangereuse à l’origine de plusieurs interpellations et accidents et pour laquelle, comme pour le reste, il semble étranger aux limites : "Mon mode de fonctionnement consiste à boire, explique-t-il. Je suis un bon vieil alcoolique – je tourne au whisky et à la bière – et ce depuis que j’ai touché l’alcool pour la première fois."

Une carrière à l’antithèse de ses ambitions

Si ses débuts dans le cinéma remontent à ses dix ans, Shia LaBeouf, également humoriste et réalisateur, ne semble pourtant pas trouver d’apaisement dans le septième art. A contrario, certaines de ses expériences cinématographiques auraient selon lui contribué à son mal-être général.

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On pense par exemple à sa contribution à la franchise Transformers, dont il juge les films "non pertinents". Un choix à l’opposé de ses ambitions artistiques, derrière la désagréable impression pour l’acteur que sa carrière devenait ainsi "l’antithèse de son rôle sur la planète".

Incontrôlable quand il est sous l’emprise de ses addictions, Shia LaBeouf a adopté des comportements violents sur divers plateaux de tournage. Ivre, il a assommé Tom Hardy sur le tournage du film Des hommes sans loi, et sous acide, il a tenté d’étrangler Fredrik Bond, le réalisateur de Charlie Countryman, un jour où ce dernier a suggéré une pause déjeuner.

Aussi, l’acteur n’a pas hésité à se mutiler et à se faire arracher une dent pour Fury, visiblement soucieux de réalisme. À 31 ans, Shia LaBeouf souhaite maintenant laisser tout cela derrière lui :

"J’essaie de rester créatif et d’apprendre de mes erreurs. J’ai été sur une pente descendante pendant longtemps. La majorité de ma vie. La vérité est que, dans mon désespoir, j’ai perdu le fil."

Par Marie Jaso, publié le 15/03/2018

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