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Selon une étude, un Français sur deux a déserté les lieux culturels

Publié le

par Lucille Bion

Depuis l’instauration du pass sanitaire, le bilan est lourd.

Depuis l’instauration du pass sanitaire, les lieux culturels ne trouvent plus leur public. "Près d’un Français sur deux ne s’est pas rendu dans un lieu culturel depuis le 21 juillet, alors qu’ils étaient 88 % à le faire avant la pandémie de Covid-19", a rapporté Le Monde. Selon l’étude, commandée à la fin de l’été par le gouvernement et réalisée par l’institut Harris Interactive, les Français privilégieraient les sorties en plein air depuis la pandémie de Covid-19.

Cinémas, musées, galeries, théâtres, concerts, monuments historiques… Les secteurs ne sont pas impactés de la même façon, révèlent les chiffres. Alors que 51 % des Français qui allaient au moins une fois par an au cinéma se sont refait une toile, seuls 25 % des Français sont retournés voir les planches. À peine plus que les amateurs de musique, qui ne sont que 27 % à être allés à un concert.

Si le cinéma s’en sort le mieux, on constate que c’est le spectacle vivant qui souffre le plus, comme on peut le voir sur les courbes ci-dessous :

Sébastien Beslon, le directeur du théâtre L’Européen à Paris, souligne les contradictions du pass sanitaire dans Le Monde :

"C’est un frein psychologique parce qu’il donne l’image que les salles de spectacle restent des lieux dangereux. Nos spectateurs s’entassent dans le métro pour venir, mais arrivés chez nous, doivent montrer leur pass. C’est un peu lunaire quand même."

La peur d’attraper le Covid

Depuis le 15 octobre, les tests imposés sont devenus payants pour ceux qui ont refusé le vaccin. Pourtant, la baisse de fréquentation des lieux culturels ne semble pas uniquement liée au pass sanitaire. Un peu plus de la moitié des personnes interrogées (52 %) ont confié qu’elles évitaient les lieux culturels fermés notamment parce qu’elles ont peur d’attraper le Covid-19. Ces dernières sont 74 % à privilégier systématiquement les loisirs de plein air.

Les acteurs de la culture sont d’autant plus inquiets que l’étude a révélé que les jeunes souhaitaient transformer radicalement leur consommation culturelle. 24 % des Français – et même 32 % des moins de 35 ans – ont déclaré qu’ils privilégieront désormais les moyens numériques pour accéder aux contenus culturels.

Si la pandémie a bouleversé le secteur, les lieux culturels n’ont plus d’autre choix que de s’adapter en modifiant leurs abonnements, leurs tarifs, leurs habitudes et leur modèle économique. Dans les colonnes du Monde, un haut fonctionnaire du ministère de la Culture a insisté sur ce point : "Croire que le monde d’avant va revenir et qu’on va pouvoir continuer à bâtir les mêmes budgets est une illusion."

Le gouvernement a déjà annoncé qu’une nouvelle étude serait réalisée au mois de décembre pour voir comment les pratiques culturelles des Français ont évolué.

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