À Hollywood, les femmes sont toujours aussi peu représentées aux postes importants

Selon une étude, les femmes n’ont occupé en 2017 que 18 % des postes clés des plus gros succès du cinéma américain. C’est 1 % de plus qu’il y a 20 ans.

Morning Glory aborde le problème du plafond de verre dans le monde de l’audiovisuel. (© Paramount Pictures)

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Dénoncée par Natalie Portman à la dernière cérémonie des Golden Globes, la sous-représentation des femmes dans l’industrie audiovisuelle est aujourd’hui à nouveau confirmée : le Centre de recherche sur les femmes à la télévision et au cinéma, lié à l’Université de San Diego, vient de publier son rapport annuel. Et il est peu encourageant.

En effet, 89 % des réalisateurs et des scénaristes des 250 plus grands succès cinématographiques de l’année 2017 étaient des hommes. Pire encore, seulement 1 % de ces films comptaient parmi leurs équipes plus de 10 femmes à des postes significatifs.

Si le Wonder Woman de Patty Jenkins termine à la 9e place du classement, il semble faire figure d’exception dans une industrie où les femmes demeurent soigneusement tenues à l’écart des projets ambitieux, et où une scénariste a beaucoup plus de chance d’être engagée si la personne en charge de la réalisation est une femme (68 %) plutôt qu’un homme (8 %).

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La directrice du centre de recherche, Martha Lauzen, a commenté ces chiffres consternants :

"L’industrie du cinéma a lamentablement échoué à tacler le persistant sous-emploi des femmes en coulisses. Cette négligence a engendré une culture toxique qui a favorisé les récents scandales de harcèlement sexuel et écourté la carrière de nombreuses de femmes."

En vingt ans, aucun progrès

En 2017, les femmes représentent seulement 18 % des postes importants dans l’industrie du cinéma : elles représentent 25 % des producteurs, 19 % des producteurs exécutifs, 16 % des monteurs, 11 % des réalisateurs et des scénaristes, 8 % des mixeurs, 5 % des ingénieurs du son, 4 % des directeurs de la photographie et 3 % des compositeurs.

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Une amélioration ? Pas vraiment. L’étude étant menée chaque année depuis bientôt 20 ans, les résultats de 2017 ont pu être comparés à ceux du premier rapport, publié en 1998. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le progrès n’est pas au rendez-vous : cette année-là, les femmes occupaient 17 % des postes majeurs de l’industrie, soit seulement 1 % de moins qu’aujourd’hui.

Quand on élargit l’analyse aux 500 plus grands succès de l’année aux États-Unis (permettant l’entrée dans le classement de productions plus modestes), c’est nettement plus encourageant : la proportion de femmes aux postes clés passe alors à 21 %.

Mais le triomphe est de courte durée car il semblerait que les préjugés soient tenaces : en se concentrant sur les genres de projets qui les mobilisent, on s’aperçoit qu’elles ne sont que 13 % à travailler sur des films d’action. Une triste réalité que le mouvement Time’s Up espère bien renverser.

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Par Marie Jaso, publié le 10/01/2018

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