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Sélectionné aux Oscars et dispo en ligne, ce docu a été interdit en Chine

Publié le

par Louis Lepron

Un documentaire qui raconte les manifestations qui ont eu lieu à Hong Kong en 2019.

Field of Vision - Do Not Split from Field of Vision on Vimeo.

C’est l’histoire d’un documentaire réalisé par un Norvégien, tourné en 2019, qui prend place dans les rues de Hong Kong, en proie à des confrontations à répétition entre les autorités locales et des manifestants pro-démocratie. C’est l’histoire d’un documentaire, désormais affublé de 35 minutes d’images et d’une nomination aux Oscars 2021 dans la catégorie Meilleur court docu, qui a été interdit en Chine, censurant aussi en conséquence la diffusion de la cérémonie qui se tiendra ce dimanche 25 avril. Ce documentaire, il s’appelle Do Not Split.

Do Not Split, soit un slogan des rues, raconte ces millions de personnes qui ont défilé au cours de l’été 2019, dans un premier temps pour lutter contre une loi permettant à la ville d’extrader ses détenus vers la Chine et d’être jugés en conséquence par le système judiciaire de l’Empire du milieu. Cette loi a été la source d’une peur plus grande : celle de la rétrocession de Hong Kong à la Chine, actée pour 2047. Si la pandémie a mis un terme aux manifestations, le gouvernement chinois n’a pas hésité à promulguer une nouvelle loi adoptée en juin 2020 (la "loi de la République populaire de Chine sur la sauvegarde de la sécurité nationale dans la région administrative spéciale de Hong Kong"), limitant à nouveau la souveraineté du territoire ainsi que la liberté de ses citoyens.

Le documentaire parcourt des rues grises envahies par des gaz lacrymo, il suit des étudiants qui essaient tant bien que mal de se battre contre un gouvernement chinois qui n’entend plus leur laisser de libertés. Parmi eux, une étudiante du nom de Joey Siu, qui témoigne à visage découvert d’un avenir désormais flou et d’une volonté à toute épreuve de faire changer le cours des choses aux côtés de ses concitoyens. 

Si le documentaire a été réalisé avec un petit budget, il a désormais une grande attention sur la scène internationale, comme l’explique son réalisateur, Anders Hammer, dans un article que lui a consacré The Guardian : "Nous faisons partie d’une catégorie, les courts-métrages documentaires, qui n’est normalement pas celle qui retient le plus l’attention [dans la couverture des Oscars]. Il est ironique que Pékin fasse actuellement la promotion de notre documentaire."

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