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Sausage Party : Seth Rogen nous raconte la naissance du film le plus barré de 2016

Publié le

par Arthur Cios

À l'occasion de la sortie de Sausage Party dans les salles obscures françaises, on a pu poser par mail quelques questions à Seth Rogen.

Seth Rogen est sans conteste le mec le plus drôle du grand Hollywood depuis quelques années maintenant. Sans conteste, vraiment. Au moins depuis Pineapple Express (Délire express en VF), si ce n'est avant. Et ce n'est pas Sausage Party, qui sort ce mercredi 30 novembre sur nos écrans, qui va changer la donne, loin de là.

Ce film d'animation façon Pixar – interdit au moins de 12 ans en France (17 aux États-Unis) –absolument génial dépeint un groupe d'aliments, de la saucisse à la tortilla, qui découvrent que contrairement à ce qu'ils ont toujours imaginé, les humains ne sont pas des dieux mais d'affreux crevards qui s'apprêtent à les éplucher, les cuire, bref à les bouffer. Le tout entremêlé d'insultes, de vannes graveleuses, de cul, de drogue, d'un peu de gore façon bouffe, de l'humour noir à la sauce Seth Rogen et de cul. Forcément, la droite catho n'a pas vraiment apprécié.

Autant dire que le postulat de départ intrigue un peu. On a donc essayé de joindre Seth Rogen comme on a pu. Après quelques échanges de mails, banco, voilà qu'on nous autorise à lui balancer quelques questions. Sachez, chers lecteurs, que les interviews par mail sont assez compliquées à réaliser, autant pour le journaliste – qui doit synthétiser ses idées tout en ne pouvant pas rebondir sur les propos de l'intéressé – que pour la personne interrogée  qui ne va pas forcément chercher à développer ses réponses.

Mais qu'importe, bordel, on a pu poser des questions à Seth Rogen.

Seth Rogen et son best buddy, James Franco, dans l'incroyable <em>Interview qui tue</em>. (© Sony)

Konbini | J’ai lu dans l'une de vos interviews qu’il vous a fallu dix ans pour faire Sausage Party. Pourquoi autant de temps ?

Seth Rogen | Cela prend beaucoup de temps pour faire un film comme ça, qui n'a aucun précédent. Et puis, écrire un film prend beaucoup de temps en soi. De plus, il faut également beaucoup de temps pour faire un film d’animation. Il a fallu peut-être trois ans pour l’écrire, trois ans pour essayer de le vendre, trois ans pour l’animer et un an pour en faire la promotion.

Pouvez-vous m’expliquer pourquoi vous avez décidé de faire un film d’animation ? Comment vous est venue cette histoire ?

Dans l’équipe, nous avons tous toujours aimé les films d’animation, du coup nous avons pensé que nous pourrions faire quelque chose de totalement inédit avec cette technique. Nous avons voulu approcher les sujets les plus adultes qui soient, tout en y incorporant le genre d’humour qui nous fait rire. L’idée nous a paru plutôt bonne, alors nous nous sommes lancés. Nous savions aussi que cela nous rendrait furieux de ne pas être les premiers à faire un film de synthèse classé R [Restricted : interdit aux moins de 17 ans, ndlr].

Comment avez-vous réussi à convaincre des personnalités telles que Salma Hayek et Edward Norton ou le célèbre compositeur Alan Menken de participer ?

Ce n’était pas si difficile que cela de les convaincre, en fait. Le script représentait très bien le produit final, et nous avons été encouragés par l’enthousiasme des personnes avec lesquelles nous voulions travailler. Le fait que ces personnes si talentueuses étaient ravies de participer à ce film nous a poussés à travailler encore plus dur durant tout le processus, car nous ne voulions pas les décevoir.

Un casting XXL dont Edward Norton dans le rôle de ce bagel et Salma Hayek en tortilla (c'est génial). (© Sony)

Qu’est-ce qui vous a inspiré pour ce film, particulièrement en ce qui concerne l’humour ?

Je pense que les premiers films de Pixar nous ont énormément inspirés. Des films comme Toy Story, 1001 Pattes. Pour ce qui est de l’humour, nous nous inspirons surtout de qui fait rire nos potes et nous-mêmes. En tant que fans de cinéma et de comédie, nous essayons simplement de créer ce que nous aimerions voir à l’écran. L’humour à proprement parler fait partie intégrante du récit, les blagues donnent des informations sur l’histoire, les personnages, et aussi sur les idées et les thèmes abordés dans le film.

Était-ce votre intention dès le début d’en faire un film pour les plus de 17 ans ?

Tout à fait. Nous avons essayé de faire une comédie tous publics, mais c’était comme essayer de boxer avec une main liée dans le dos. Les choses qui nous font réellement rire sont classées R par la MPAA [l’organisme officiel américain de la classification des films, ndlr]. Les films tous publics doivent suivre tout un tas de règles.

Dans quelles conditions avez-vous écrit ce film et plus particulièrement la scène finale, hilarante et délirante ?

Dans toutes les conditions imaginables. Comme vous le savez, il nous a fallu beaucoup de temps. En dix ans, on se retrouve confronté à beaucoup de "conditions" différentes.

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