En Russie, on veut interdire les films étrangers qui "diabolisent" le pays

Le ministère de la Culture russe compte interdire les films étrangers qui "diabolisent" le pays, en recommande quelques-uns mais encourage surtout les blockbusters patriotiques.

Alors qu'il y a quelques temps, le ministre de la Culture annonçait que les jeux vidéo étrangers seront désormais contrôlés et qu'en contrepartie, les jeux servant à la gloire de la patrie seront subventionnés, il s'attaque désormais à l'industrie des films étrangers. Si ce n'est pas la première fois que les autorités annoncent des restrictions quant aux films diffusés sur le territoire russe, il semble que cette fois-ci c'est du sérieux.

En effet, Batu Khasikov, membre de la commission de la culture au Conseil de la Fédération de Russie, a récemment fait une proposition concrète visant à interdire les films étrangers anti-russes dans son pays. Il a ainsi déclaré le 25 août :

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Il est nécessaire de limiter l'accès sur grand écran à des films qui diabolisent ouvertement, primitivement ou vulgairement tout ce qui est relié à la Russie ou à la culture russe.

Avant d'ajouter, histoire de rassurer : "Les critères de sélection du film ne devraient pas arrêter l'accès en Russie à des images étrangères qui sont réellement artistiques". Pour l'instant aucun film n'a été cité, mais au même moment le ministère de la Culture publiait une liste de 100 films étrangers "recommandés".

Jack Nicholson dans Vol au dessus d'un nid de coucou.

Jack Nicholson dans Vol au-dessus d'un nid de coucou.

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Que les Russes se rassurent, le gouvernement les encourage à regarder les classiques tels que Citizen Kane d'Orson Welles, Vol au-dessus d'un nid de coucou de Milos Forman, ou encore et Le Parrain et Apocalypse Now de Coppola et même E.T., Titanic ou encore Star Wars.

Il y a même du Godard, du Truffaut, du Alain Resnais ou encore du Jean Vigo pour les francophiles. Au milieu de tous ces classiques on trouve aussi quelques dessins animés dont Bambi, mais comme vous pouvez l'imaginer, il n'y a aucune trace  d'Anastasia par exempledont la première chanson dresse un tableau anti-communiste peu clément.

Le soutien aux blockbusters patriotiques

Étant donné que Poutine a décrété que l'année 2014 était "l'année de la culture", Khasikov en a alors profité pour inciter les cinéastes russes à produire des films patriotiques, avec bien évidemment un soutien de l'État à la clé. Son idée : remettre en cause le stéréotype du méchant russe souvent dépeint dans le cinéma hollywoodien.

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"À l'heure actuelle la majorité de nos films ont des héros qui ne sont pas des exemples dignes d'être imités", regrette-t-il. Avant de citer deux films qui, pour lui, devraient être des modèles.

We Are from the Future, un film de Andrey Malyukov sorti en 2008 qui raconte l'histoire de quatre jeunes du 21ème siècle transportés au milieu d'une bataille de la Seconde Guerre mondiale en Russie. Et le film Legend No. 17, un biopic sur la légende soviétique Valery Kharlamov, hockeyeur sur glace, qui avait été salué par Vladimir Poutine.

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Sans oublier de mentionner le blockbuster Stalingrad, du réalisateur russe Fedor Bondarchuk, cité lors de sa sortie l'année dernière par le ministère de la Culture comme "l'exemple phare d'un film patriotique".

Par Anaïs Chatellier, publié le 27/08/2014