Ce court-métrage dénonce la pression subie par les actrices pendant les scènes de sexe

Présenté au Festival de Toronto en 2016, ce court-métrage apporte un nouvel éclairage sur les pressions que subissent les femmes dans l’industrie du cinéma.

Avec une image abîmée (et en grande partie en noir et blanc), le réalisateur canadien Walter Woodman cherche à nous faire pénétrer dans les coulisses d’un film. Son court-métrage bien glauque nous montre toute une équipe de tournage (maquilleur, accessoiristes, coiffeuse, ingénieur du son, etc.) s’amasser sur un plateau afin de tourner une scène de sexe. Et il n’y a vraiment rien d’excitant.

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Dans (Rough Cut), les personnages principaux ne sont pas les deux partenaires de la scène de coucherie, mais le réalisateur et son actrice. Le dominant et la dominée. Celui qui utilise son pouvoir sur une jeune femme nue (ou presque), de bon matin, avant une scène délicate. Qu’on ait 40 ans de carrière ou seulement un film à son actif, les scènes de cul sont toujours un peu redoutées par les comédiens – et le comportement oppressant du personnage du réalisateur n’est clairement pas la meilleure manière de les mettre en confiance.

Présenté en compétition au festival de Toronto en 2016, le court-métrage vient tout juste d’être uploadé sur Vimeo – et n’y voyez pas là qu’un simple hasard du calendrier faisant écho à l’affaire Weinstein, le point de départ de nombreux témoignages dénonçant le fléau des violences sexuelles dans le monde du cinéma.

Sidney Leeder, l’actrice principale et coscénariste du court-métrage, a voulu dénoncer ce problème persistant, comme elle l’explique sur son site :

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"En partageant ce film maintenant, j’espère communiquer une partie du point de vue des femmes. Pour beaucoup, le message du film ne sera peut-être pas clair. (Rough Cut), qui porte bien son nom, est un exposé imparfait et dérangeant qui explore un type de situation en matière de pression sexuelle : quand une actrice et un réalisateur débattent sur la manière de filmer une scène de sexe."

Une manière artistique de balancer son porc.

Par Lucille Bion, publié le 31/10/2017

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