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Riz Ahmed dénonce la mauvaise représentation des musulmans à l’écran

Publié le

par Manon Marcillat

"L’exception ne change pas la règle."

Élève brillant, rappeur, détenteur d’un Emmy Award pour son rôle dans la mini-série encensée par la critique The Night Of, amateur de blockbusters et acteur engagé, Riz Ahmed est beaucoup de choses à la fois. Mais il est également le premier musulman nommé dans la catégorie Meilleur acteur pour son rôle de batteur atteint de surdité dans Sound of Metal et a fait face à Gary Oldman ou encore Anthony Hopkins aux Oscars 2021.

Si ce dernier a finalement remporté la statuette, l’événement fera date. Et c’est la raison pour laquelle Riz Ahmed a décidé d’utiliser cette nouvelle notoriété pour donner une voix à ceux qui n’en ont pas – ou peu – dans le paysage cinématographique. Grâce à l’étude "Missing and Maligned : The Reality of Muslims in Popular Global Movies", publiée récemment et dont il est à l’initiative, il souhaite dénoncer l’absence de représentation des musulmans à Hollywood, chiffres à l’appui.

Ainsi, plus de 200 films populaires de pays anglophones, comme les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie et la Nouvelle-Zélande ont été analysés et leurs protagonistes passés au peigne fin. Seulement 10 % des films les plus rentables, sortis entre 2017 et 2019, ont un personnage musulman et seulement 2 % de ces personnages sont des rôles parlants. Ce n’est donc pas une affaire de perception, les chiffres sont là et Riz Ahmed compte inverser cette tendance avec des propositions concrètes.

"Je suis ici pour vous dire que l’exception ne change pas la règle. Au contraire, l’exception met en lumière la règle et quelque part, elle nous permet de perpétuer cette règle", a introduit l’acteur dans un discours engagé pour annoncer le lancement du Blueprint for Muslim Inclusion et de la Pillars Artist Fellowship, une bourse de 25 000 dollars offerte aux réalisateurs ou scénaristes musulmans retenus par un comité d’artistes engagés.

Les boursiers pourront également bénéficier d’un mentorat de la part de ce comité, constitué de Riz Ahmed, Mahershala Ali, Ramy Youssef, Lena Khan, Sana Amanat, Karim Amer, Rosa Attab, Nida Manzoor, Jehane Noujaim et Hasan Minhaj. Un guide des bonnes pratiques pour une meilleure inclusion des musulmans à l’écran à destination des studios de cinéma, des écoles de cinéma et des autres acteurs de l’industrie sera également proposé par le collectif.

Plus d’informations sur Pillars Fund ici.

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