Pourquoi Saw 8 ne doit pas voir le jour

À l'heure où bruissent les rumeurs de la préparation d'un huitième Saw, les fans d'épouvante prennent vraiment peur. Konbini revient sur cinq raisons de s'inquiéter quant à la sortie d'une énième suite de la franchise.

On était pourtant prévenus dès la sortie de Saw IV : "It's a trap"

Pourquoi un Saw 8 ? Lionsgate, maison mère de la franchise, semble trouver cela bien plus rentable de réaliser des torture porn (comprendre film où la peur émerge de la torture principalement style Saw ou Hostel ou Grotesque) plutôt que de réfléchir à quelque chose de plus original, de plus réfléchi... et sûrement de plus coûteux.

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La saga a rapporté plus de 840 millions de dollars, sans parler des divers produits dérivés, jeux vidéos et autres. Mais le dernier Saw, Saw 3D - comme pour éviter le superbe jeu de mots en français Saw 7 - était censé conclure une saga qui battait de l'aile déjà fin 2010. Sauf que depuis, le seul concurrent viable du film d'horreur pour Halloween fut malheureusement la saga Paranormal Activity.

Il ne faudrait cependant pas oublier que l'année 2013 fut une année charnière pour le cinéma d'horreur, partout, même en France où le public se fait généralement plus rare : là où les Etats-Unis reçoivent une trentaine de films, seule une petite dizaine est diffusée dans nos salles obscures. Ceci dit, les productions 2013 ont été d'une rare qualité, ce qui s'est d'ailleurs ressenti dans le box office. Le retour de Saw pour nous sauver des Activités Paranormales ne nous semble donc pas nécessaire. Et voilà 5 raisons pour nous justifier.

Saw 3D, "THE FINAL CHAPTER" ?

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1. L'essoufflement des torture movies

L'année 2013 est la preuve que le cinéma d'horreur se porte mieux sans ces torture movies. Entre les insectes dévoreurs d'organes façon found footage de The Bay, la famille bourgeoise massacré de You're Next, le reboot des démons d'Evil Dead (film originellement réalisé en 1981 par Sam Raimi, repris ici par Fede Alvarez mais coécrit et produit par Sam Raimi), les exorcismes de Mama, Conjuring (1 millions d'entrées au box-office français tout de même) et Insidious 2, disons que la gamme de choix était on ne peut plus diverse pour les amateurs d'épouvante.

Et ces films étaient quasiment tous d'une qualité saisissante, dans la ligné d'Insidious et Sinister les mois précédents. De moins en moins de douleur gratuite, de plus en plus de film d'horreur à l'ancienne. On peut complètement se passer d'un nouveau film de torture, merci.

2. Manque d'originalité

Une des raisons de ce délaissement du genre bien gore style Saw se trouve peut-être dans le manque d'originalité de ces derniers. Déjà servi par sept Saw, 3 Hostel, sans parler de tous les autres films de série B, il semble que la profusion d'adaptations de ce genre en fasse un style difficilement renouvelable.

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Certes, le cerveau humain est extraordinairement prolifique lorsqu'il s'agit de trouver de nouvelles façons de faire souffrir son prochain. Mais avouez que rien ne sera jamais aussi efficace qu'un piège à loup inversé pour détruire une mâchoire ou qu'une clé cachée derrière le globe oculaire afin de détacher un masque à clou.

3. Ça ne finira donc jamais ?

Saw 3D était censé être le dernier chapitre. Le final, le grand final. Rideau. Fin de l'histoire. Si les fans ont beaucoup moins apprécié les trois derniers épisodes, en rajouter une couche est-elle la meilleure chose à faire ? Pour une fois qu'une boucle est pas trop mal bouclée, inutile de rouvrir la brèche. Car tous les fans de la saga ont une petite idée de ce vers quoi se dirigerait un Saw 8. Trois possibilités : une toute autre histoire, un reboot ou bien une suite où un nouveau tueur au puzzle serait le dernier élève, dévoilé dans le volet final. Et non, juste non.

4. Sans James Wan : même pas la peine

Il semble bon de rappeler que Saw, au départ, n'est pas tant un film gore mais plus un film d'horreur psychologique sur fond de thriller. Et si les trois premiers sont les préférés des fans, il doit y avoir une raison. Peut-être la présence de James Wan, créateur original et réalisateur du premier. Il a écrit le script du deuxième et co-écrit le troisième.

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En soi, on retrouve donc la patte de James Wan, l'un des meilleurs cinéastes du genre en ce moment (Saw, Insidious, Conjuring...) dans les trois premiers avant... qu'il ne laisse sa saga en pâture à d'autres réalisateurs. Une fois Wan parti, la saga s'embourbe dans ses rebondissements de plus en plus improbables, notamment autour du psychopathe initial (joué par l'effroyable Tobin Bell) et de ses élèves. Et cela s'est forcément ressenti sur les recettes, de moins en moins lucratives. Donc à moins que Wan ne revienne, personne ne semble capable de tourner un Saw 8 potentiellement réussi.

5. La malédiction des suites dans le cinéma d'horreur

Le Projet Blair Witch 2, Freddy's dead: the final nightmare (le sixième), Le cercle 2, Massacre à la tronçonneuse : la nouvelle génération (4ème du nom), Poltergeist 3, Hellraiser 4, Jason X (le dixième, oui oui), Halloween 3... Vous voulez qu'on continue la liste ? C'est statistique : plus on étire un concept, plus le résultat est mauvais. Surtout en ce qui concerne le cinéma d'horreur. Et au septième Saw, il s'agirait d'arrêter le massacre.

Jason X, un nanar dépassant l'entendement.

Attendons plutôt les prochains mois, ils ne s'annoncent pas trop mauvais : dans le désordre, on attend Carrie (par curiosité, après Brian de Palma en 1976), le nouveau Wolf Creek, sans parler des nouveauté que nous ne connaissons pas encore. Bon, certes, on aura aussi droit à un Rec 4, et un Human Centipede 3... Mais croyez-nous, rien ne saurait autant nous horrifier que de voir un 8ème Saw sur grand écran.

Par Arthur Cios, publié le 06/11/2013

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