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Pour la rentrée, Netflix récupère 4 films de Jean-Luc Godard

Publié le

par Lucille Bion

Inarrêtable, la plateforme est en train de devenir un temple pour les cinéphiles.

Après François Truffaut, David Lynch et Xavier Dolan, Netflix se penche sur le cinéma de Jean-Luc Godard. La plateforme a récupéré quatre films du maître de la Nouvelle Vague. Les abonnés auront le plaisir de (re)découvrir Le Mépris, À bout de souffle, Alphaville et Détective dès le 1er septembre grâce à un accord conclu avec Studio Canal.

À bout de souffle, premier succès de Jean-Luc Godard, fête cette année ses 60 ans. Écrit sur une idée de scénario de François Truffaut, le film raconte les amours tragiques d’une Américaine et d’un voyou, joués par Jean Seberg et Jean-Paul Belmondo. Film fondateur de la Nouvelle Vague, ce drame en noir et blanc illustre toute la désinvolture du cinéaste, qui rompt alors avec les procédés cinématographiques de l’époque.

Si Le Mépris a confirmé Brigitte Bardot au statut de grande star, d’emblème de l’émancipation des femmes et de la liberté sexuelle, Jean-Luc Godard fige pour toujours à travers ce film et son corps, ses pieds, ses chevilles, ses genoux, ses cuisses et ses fesses. Ce qui donnera naissance à la fameuse réplique : "J’aime tout, totalement, tendrement, tragiquement."

Avant-gardiste et clivant, Le Mépris est une référence indéniable pour le cinéma moderne, autant parce qu’il a fait émerger le concept de cinéma d’auteur, dont Jean-Luc Godard serait la figure de proue, que parce qu’il fait écho aux déboires du couple, du cinéaste et d’Anna Karina, dans la réalité. À rattraper et revoir.

Moins connu du grand public, Alphaville marque une énième collaboration entre Anna Karina, icône de la Nouvelle Vague, et le cinéaste, avec qui elle partagera de nombreuses années de cinéma et de vie commune. Le film se déroule dans une cité exclusivement nocturne dans laquelle certains mots ont été retirés tels que "amour" et "tendresse". L’humanité, devenue froide et impassible, est alors esclave de la technologie. Là encore, si l’on arrive à décrypter les codes de la pellicule du cinéaste, on peut comprendre que Jean-Luc Godard tente d’apaiser les relations avec sa femme à l’écran, en lui déclarant sa flamme et sa tendresse, un mois après leur divorce à la ville.

Pour ceux qui l’ignoraient encore, oui, Johnny Hallyday et Jean-Luc Godard ont bien travaillé ensemble. Si ce choc des cultures vous étonne, sachez que vous pourrez admirer le fruit de cette collaboration atypique dans Détective, le quatrième film, plutôt confidentiel lui aussi, qu’a acquis Netflix.

Au casting, on retrouve également Nathalie Baye, Julie Delpy, Jean-Pierre Léaud ou encore Emmanuelle Seigner. Ce film a été vendu comme "Un polar de Godard" pour attirer un maximum de spectateurs et intellectualiser le genre du film policier. Présenté au Festival de Cannes de 1985 en compétition officielle, Détective en est revenu bredouille et n’a clairement pas marqué l’œuvre du cinéaste.

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