Polémique : introduction d'un système de classes au cinéma

En période de crise, il faut savoir user d'imagination pour renflouer les caisses. Le cinéma Pathé Wepler à Paris a eu l'idée de créer une "classe premium". Le cinéma, c'est plus ce que c'était.

Ca fait déjà bien longtemps que le cinéma n'est plus à proprement parler "populaire". Si les Français ne boudent pas forcément les salles, ils optent de plus en plus pour l'abonnement ou l'alternance entre le cinéma et le téléchargement illégal. Une place de cinéma peut coûter en moyenne 11,20e et peut aller jusqu'à 16,20e dans certaines salles lorsque le film est en 3D.

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Si, en plus, on ajoute un système de classe, le cinéma ça va devenir quoi ?

Payer pour être mieux placé

Deux ou trois euros à dépenser en plus, c'est ce que propose la salle Pathé Welpler située sur la place de Clichy, dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Sur le principe, ce n'est pas d'une grande élégance mais soit. Que Pathé veuille instaurer un système de classe pour gonfler ses caisses, financièrement, cela peut se concevoir. Mais économiquement parlant, qu'est-ce qui ne se conçoit pas aujourd'hui ?

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Admettons que tout se justifie économiquement, sans ménagement pour la symbolique. Sans égard pour la démocratisation culturelle. Admettons que l'on accepte cela, qu'est-ce qu'on a réellement au Pathé pour deux ou trois euros de plus ? Est-ce qu'au moins à ce prix-là, et sans compter les pop corn, on peut allonger ses jambes, disposer un siège motorisé ou massant ? Que nenni : dans cette classe premium, tu auras le privilège d'avoir un siège en cuir et mieux orienté vers l'écran. Et si tu es en couple, tu pourras bénéficier pour un euro de plus d'un siège deux places sans l'accoudoir-barrière.

La fin du cinéma au sens "populaire" du terme

Ce qui se digère mal, c'est ce que ça implique symboliquement. Dans un avion ou dans un train, il y a comme une ligne invisible entre les premières et secondes classes mais au cinéma, on est tous logés à la même enseigne. On vient tous pour la même raison : rêver et profiter de ce que le cinéma a de plus fédérateur.

Tous les yeux, qui regardent vers la même direction. L'imaginaire exacerbé par une seule et même histoire, sans distinction de portefeuille ou de fauteuil plus ou moins confortable. Tout ça pour ça.

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Pour Pathé, interrogé par Télérama, conteste cette vision de ségrégation sociale :

On voit entièrement l'écran où que l'on se place, toutes les places sont donc bonnes en termes d'accès au contenu. Ensuite, on peut choisir de s'offrir le luxe de payer deux euros supplémentaires...

Par Afifia B, publié le 07/02/2013

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