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Avez-vous remarqué que les personnages d'animation sont souvent jaunes ? Voilà pourquoi

Publié le

par Thibault Prévost

Pikachu, Bob l'éponge ou les Simpson... plusieurs de nos personnages animés fétiches sont jaunes – et ça ne doit rien au hasard.

Ne vous êtes-vous jamais posé la question de savoir pourquoi un certain nombre de personnages animés à succès de notre époque ont pour point commun leur épiderme jaune là où, dans la vraie vie, cette teinte est loin d'être la plus répandue dans le règne animal terrestre ? Non ? Bon, d'accord, ça ne vous a peut-être jamais sauté aux yeux, et pourtant : Pikachu, Bob l'éponge, les Simpson et, évidemment, les inénarrables Minions hyperactifs de Moi, moche et méchant sont tous jaunes.

Y-a-t-il une raison particulière à cela ? Un lobby des fabricants de moutarde et de vendeurs de maïs secrètement à l'œuvre depuis des décennies pour influencer nos habitudes de consommation grâce au pouvoir de l'industrie du divertissement ? Grâce à la chaîne YouTube ChannelFrederator, repérée par Sploid, qui s'est penchée sur la question dans une vidéo de dix minutes, on en sait un peu plus. Et si la réalité est moins "conspi" que prévu, elle n'est est pas moins complexe.

RGB, CMJ et palette chromatique

Selon la vidéo, le choix du jaune obéit à plusieurs raisons qui combinent la théorie des couleurs et la psychologie liée à celles-ci. Pour commencer, rappelons-nous du cercle chromatique : les trois couleurs primaires sont le cyan, le magenta et le jaune (CMJ), et les couleurs créées par addition de deux de ces couleurs primaires sont "correspondantes" lorsqu'elles se trouvent l'une en face de l'autre sur le disque. Dans cette configuration, le jaune et le violet sont censés être compatibles. Facile. Sauf qu'on voit rarement cette association de coloris dans les séries animés, le violet allant plus souvent de pair avec le vert.

Comme nous l'explique notre youtubeur, cela s'explique par le fait que la télévision et le cinéma utilisent une autre palette chromatique, la palette RGB (plus conforme à l'affichage des écrans et au mode de calcul des ordinateurs), dont les couleurs de base sont le rouge, le vert et le bleu.

Dans cette palette particulière, le jaune est complémentaire du bleu... et ça tombe bien, puisque le ciel et l'eau ont tendance à se teinter de bleu. Première explication, donc : le jaune est compatible avec une couleur particulièrement usitée pour décrire le monde.

Le jaune, couleur la mieux perçue par nos yeux

Mais les raisons d'ordre technique n'expliquent pas tout, puisque nombre de personnages d'animation utilisent encore cette bonne vieille teinte rose cochon pour simuler la peau des personnes blanches ou s'égarent dans le reste de l'arc-en-ciel pour des résultats plus funky. Le pouvoir tentaculaire du jaune s'étend jusque dans les territoires de la psychologie et de la manière dont notre esprit, par instinct ou par construction culturelle, associe les teintes à des émotions, positives et négatives. Bingo : côté positif, le jaune est généralement la couleur de la joie (et Pixar ne s'y est pas trompé), de l'optimisme ou de la bravoure, et même ses connotations négatives – la lâcheté ou la jalousie – correspondent bien aux ressorts comiques utilisés dans les programmes pour enfants.

Enfin, la vidéo convoque la physique pour nous apprendre que le jaune est la couleur que nous percevons le mieux et le plus intensément de tout le spectre colorimétrique (entre 573 et 584 nanomètres), en raison de la manière dont notre œil distingue les couleurs. Pour notre cerveau, le jaune est donc forcément brillant. C'est la raison pour laquelle il est utilisé en signalétique pour attirer l'attention (sur des panneaux de travaux, par exemple, sur les lignes de démarcation des routes et sur les taxis).

Tellement brillant, en fait, que c'est la seule teinte de tout le spectre à ne (presque) pas être influencé par le daltonisme : le jaune d'un daltonien sera le même que le nôtre. Voilà, maintenant vous savez. Pikachu, Bob l'éponge et les Minions ont été conçus pour les daltoniens. Il y avait bien une histoire de lobby.

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