On a parlé au réalisateur français de ce court-métrage sélectionné aux Oscars

Nefta Football Club d'Yves Piat qui a été nommé dans la catégorie du Meilleur Court-métrage aux Oscars.

Nefta Football Club - Oscar®-Nominated Live Action Short Film (EN/FR/SPA) from Les Valseurs on Vimeo.

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Entre Les Misérables et J'ai Perdu mon Corps, la France brille aussi aux Oscars du côté des courts-métrages avec Memorable de Bruno Collet et Jean-François Le Corre mais aussi Nefta Football Club d'Yves Piat qui a été nommé dans la catégorie du Meilleur Court-métrage. Si le film vous dit quelque chose, c'est parce qu'il a déjà traversé 100 festivals et remporté 65 awards. Prix ultime, le film pourrait terminer son parcours en beauté avec une statuette dorée le 9 février à Los Angeles. 

D'un minimalisme et d'une efficacité bluffante, Nefta Football Club se contente d'un âne, de deux enfants et d'un ballon de foot. Le nantais Yves Piat porte à l'écran un duo de deux frères, un pré-ado et un plus jeune, encore bercé d'illusions. Alors qu'ils sont en train de se disputer pour savoir qui est le meilleur joueur de foot, ils tombent sur un âne errant. L'animal, casque sur les oreilles, écoute de la musique et trace sa route chargé comme une mule. 

Tourné dans le sud de la Tunisie, à la frontière de l'Algérie, le film donne à voir moins de lieux de vie que de paysages désertiques façon carte postale. Après son premier court-métrage Tempus fugit et quelques expériences sur les plateaux en tant que chef déco, Yves Piat a été soutenu par Les Valseurs, et sera également un sérieux concurrent aux César. Depuis Los Angeles, il a accepté de répondre à quelques questions : 

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Konbini | Comment vous est venue l’idée du film ?

Yves Piat | Au départ je devais tourner au Maroc. J’y suis allé plusieurs fois et j’avais fait une marche d'une semaine dans le désert. Une marche très dure. Je ne pensais pas y retourner mais j'ai finalement eu un projet de long-métrage à Casablanca et la ville ne ressemblait plus du tout à mes souvenirs. J’avais fantasmé un Casablanca qui n’existait pas. L'énergie que j’attendais n'y était pas. J'ai retrouvé un fixeur sur place et il m’a proposé d’aller dans le désert. J’ai été subjugué, ce qui ne m’était pas arrivé lors de ma fameuse marche quelques années avant. J’étais fasciné par l’espace dans la plaine de Zagora, par l’atmosphère, les montagnes environnantes... Et j’ai su que le désert serait l’un des personnages de mon prochain film.

Lorsque j'ai achevé le scénario, je me suis aperçu que cette histoire faisait écho à deux histoires que j'avais vécues. La première remonte à mes quatre ans. J'habitais dans le nord de la France, près de la frontière belge et mon grand frère m'a un jour emmené sur la ligne frontalière. Nous nous sommes amusés à mettre un pied dans chaque pays et cela m'avait vraiment impressionné à l'époque. Je trouvais ça incroyable d'être dans deux pays en même temps... Ensuite, il y a une autre anecdote qui remonte à quand j'étais un jeune adolescent. Je suis tombé sur ces sacs de poudre blanche avec un ami et nous avons tout jeté dans la rivière.

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Vous mélangez ces deux histoires et l'incroyable bouffée d'inspiration que j'ai eue dans le sud du Maroc, vous laissez reposer, et vous obtenez Nefta Football club...

Quelles sont vos inspirations ?

Tout est inspirant quand vous découvrez une nouvelle région, un nouveau pays, de nouvelles mœurs, de nouvelles personnes... Vous avez un regard neuf sur les choses et tout est matière à écrire avec votre propre point de vue. En ce qui concerne mes inspirations cinématographiques, je peux citer Babel, La Cité de Dieu ou Ali Zaoua, prince de la rue.

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Quels sont vos prochains projets ? 

Je travaille actuellement sur un long-métrage totalement different de Nefta Football Club. Cela parle d'un comédien qui va mentir à ses proches en leur faisant croire qu'il a un grand rôle dans un film. 

Quelle a été votre réaction lorsque vous avez su que votre film était sélectionné aux Oscars ?

 J'ai sauté de joie. j'étais heureux et fier du travail accompli par toute l'équipe. Ce film a eu un parcours exceptionnel, c'est une reconnaissance de la profession. Hollywood est un rêve qui devient réalité, d'autant plus qu'il est plus difficile d'arriver à ce stade avec un court-métrage qu'avec un long-métrage car on en produit moins.

Par Lucille Bion, publié le 24/01/2020