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Nos 3 coups de cœur du festival du film d’animation d’Annecy

Publié le

par Arthur Cios

Une production française bluffante, un film Netflix ambitieux, et un long-métrage algérien inspiré de sublimes jeux vidéo.

Nos 3 coups de cœur du festival du film d’animation d’Annecy

(© BAC Films / Netflix / Damia)

Depuis des décennies, Annecy devient, le temps d’une semaine à la mi-juin, la capitale du cinéma d’animation. Avec son festival d’une richesse folle, proposant de découvrir en avant-première des blockbusters mais surtout de dénicher les talents de demain et de voir des pépites qui devraient être importantes dans les mois à venir, Annecy est un rendez-vous immanquable du septième art.

Parmi les quelques films que l’on a pu voir cette année, voici ceux qui nous ont le plus marqués et que vous devriez suivre de près.

Le Petit Nicolas – Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ?

On l’avait raté lors de sa présentation en Séance spéciale à Cannes, et c’était l’un des événements de cette édition 2022 du festival d’Annecy. Il faut dire qu’une version animée des aventures du célèbre gamin né de l’imagination de Sempé et Goscinny avait de quoi attiser la curiosité de tous. Pour de multiples raisons.

Déjà parce que les dernières versions live action, quoi qu’on en pense, n’ont pas réussi à retranscrire parfaitement l’ambiance et l’univers de la BD. Aussi parce que le parti pris de reproduire le dessin de l’immense Sempé intriguait, ainsi que l’idée de mêler l’histoire de la vie des auteurs à celle du bambin. Et c’est là que se dégage toute l’émotion de ce long-métrage.

Car, plus qu’un long-métrage autour du Petit Nicolas, ce sont deux génies en action qui nous en apprennent plus sur le très discret Sempé, et les réflexions qu’amène le décès de Goscinny (le fait de perdre de vue ses amis, le rapport de l’artiste à son œuvre) bouleversent. Le tout avec un dessin sublime, des idées de narration et de mise en scène démentes et une musique signée Ludovic Bource (The Artist).

Le Petit Nicolas – Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ? sortira en salles le 12 octobre prochain.

Le Monstre des mers

Netflix avait surpris les aficionados d’animation en annonçant que Chris Williams, l’homme derrière Les Nouveaux Héros et qui avait co-réalisé Vaiana et participé à l’écriture de Kuzco et Lilo et Stitch, proposera son nouveau long-métrage directement sur la plateforme, quittant la maison aux grandes oreilles. Restait à voir à quoi ressemblerait son Sea Beast, et s’il tiendrait le cap. Spoiler : il le tient.

Déjà parce que l’animation est sublime. La grandiloquence des créatures impressionne autant que le travail des détails et d’une mise en scène reprenant les codes des films de ce genre. Sauf que, plus qu’un Pirates des Caraïbes façon Moby Dick avec l’allure de la trilogie Dragons, Le Monstre des mers est un pamphlet réussi contre la pêche, aussi divertissant qu’ambitieux et malin.

Le Monstre des mers sortira sur Netflix le 8 juillet.

Khamsa – Le Puits de l’oubli

C’est un nom à retenir car, le long-métrage n’ayant pas de distributeur à l’heure où l’on écrit ces mots, il faudra scruter comment sera disponible ce drôle d’objet filmique, qui était en soi un petit événement – il s’agit du premier film algérien d’animation diffusé à Annecy, rien que ça.

Le ressort principal du film, outre sa provenance, est bien évidemment son inspiration tout droit venue du jeu vidéo. L’animation, le rythme, le contraste entre le personnage et ses décors, souvent immense… Difficile de ne pas avoir l’impression de voir une longue cinématique d’un hybride entre Journey, Monument Valley, Sable et même Breath of the Wild ou Hollow Knight.

Dans cette quête onirique du petit Adi parti à la recherche de ses souvenirs se cache un tas de symboliques qu’il revient à chacun d’analyser (certains y voient un film sur la place des enfants sacrifiés, là où, pour d’autres, c’est le fantôme de la guerre qui traîne). C’est court, très beau plastiquement, surprenant dans son rythme et sa structure ne ressemblant qu’assez peu à un film. À voir, donc.

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