Nikon Film Festival 2019 : nos 15 courts-métrages coup de cœur

Avant la clôture des votes, nous avons sélectionné 15 courts-métrages en compétition qui nous ont tapé dans l'œil.

Cette année, plus de 1 200 courts-métrages (de 2 minutes 20 maximum), réunis sous le signe du partage, ont été soumis au concours du Nikon Film Festival.

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Le jury de cette 9e édition, présidée par la réalisatrice et dessinatrice Marjane Satrapi, va désigner les lauréats parmi la présélection des 50 finalistes, en lice pour le Grand Prix du jury et 9 autres récompenses. Les noms des primé·e·s seront annoncés le 28 mars 2019, lors de la cérémonie.

Le public peut encore voter jusqu’au 10 mars pour élire ses films préférés, directement sur le site. De notre côté, à la rédaction de Konbini, nous avons sélectionné pour vous nos 15 coups de cœur.

La meilleure photographie : Je suis l’Apache

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C’est notre coup de cœur visuel, celui qui a touché la corde sensible de nos amours adolescentes. La réalisatrice Léonie Violain a construit une mise en scène à la Xavier Dolan, léchée et millimétrée, très nineties, nimbée de couleurs chaudes. Les costumes, les décors et la musique électro vaporeuse nous plongent ainsi dans les premiers émois de deux adolescents.

"Paz, un jeune et timide adolescent, est invité à la fête costumée de sa classe. D’abord hésitant, il décide de s’y rendre pour retrouver Thelma, celle qu’il aime secrètement depuis le collège. Sans déguisement, Paz va devoir affronter l’exclusion de ses camarades."

Le plus connecté : Je suis #Nightout

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Filmé en plan séquence, Je suis #Nightout oppresse son héroïne, et par la même occasion, les spectateurs. À l’heure de la Ligue du LOL et du cyberharcèlement, et alors que la parole se libère, ce court-métrage de Valentin et Elliott Clarke est particulièrement d’actualité et plus que nécessaire.

"Avant de partir en soirée, Clara poste une photo d’elle sur les réseaux. Sans s’attendre aux conséquences de sa publication."

Le plus audacieux : Je suis Instagram®

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Le parti pris de témoigner d’un sujet lié aux réseaux sociaux à travers l’écran noir d’un téléphone nous a conquis. Ce film conceptuel de Julien Lopez aborde les injonctions, les standards de beauté et la pression sociale que véhiculent les réseaux sociaux quant à la représentation de soi. Entièrement enregistré en captures d’écran vidéo, ce film nous questionne : peut-être est-ce cela le futur du cinéma ?

"Naoma poste sa nouvelle photo sur Instagram…"

Le plus poignant : Je suis mineur

Ancré dans l’actualité des tests osseux effectués sur des migrants mineurs et les enjeux éthiques que cela représente, Alexis Pazoumian met ici en scène, à travers une caméra embarquée et dans des couleurs froides, le quotidien d’un jeune homme à la rue, qui a quitté son pays pour s’en sortir. Un thème touchant et peu abordé.

"Un jeune migrant doit passer des tests osseux afin de prouver sa minorité et être pris en charge par l’État français. Ses résultats sont négatifs. Il doit quitter son hébergement d’urgence…"

Le plus bouleversant : Je suis juste le temps du trajet

Plongé dans les rêveries d’un chauffeur de taxi qui pense à sa fille, le spectateur se confronte ici au thème du paradoxe de l’hyperconnectivité : être très connecté et pourtant si seul. À travers la voix du narrateur, le film de Cyprien Saccal nous a touchés, le temps d’un trajet, et nous a rappelé les plus belles conversations qu’on a pu avoir à 3 heures du matin avec un chauffeur de taxi.

"Nassim est chauffeur Uber et se sent terriblement seul chaque nuit où il conduit. Ce soir-là, il pourrait en être autrement lorsqu’il partage son secret à Anaïs, qui rentre seule de soirée les larmes aux yeux…"

Le plus amusant : Je suis #lepartagedinformations

En tant que média, soumis au flux incessant de l’information, on ne pouvait pas passer à côté du court-métrage d’Alexia Lefaix, avec la très drôle et très schizophrénique Sanda Codreanu.

"Les moments OFF d’une chaîne de partage d’informations en continu. Ce film dénonce des médias trop présents dans notre quotidien inondé par ce surplus d’informations parfois inutiles, qui cherchent de plus en plus à divertir le téléspectateur plutôt qu’à l’informer."

Le plus écolo : Je suis une plage

Au premier abord, on pense à un gros plan drague bien lourd sur une plage de carte postale. Mais le dénouement est tout autre. Façon Black Mirror, le court-métrage de Matthias Castegnaro délivre un message écologique et engagé.

"Flore profite du soleil lorsqu’un homme l’aborde et lui propose de faire l’amour."

Le plus progressiste : Je suis un homme, un vrai

Le court-métrage d’Aurélien Mathieu aborde la question de la masculinité toxique, des injonctions de virilité faites aux petits garçons, dès le plus jeune âge, à travers le sport notamment. En l’occurrence dans ce film, le rugby, soit l’un des sports de terrain les plus violents et brutaux. En deux minutes, on a été convaincus par le jeu du fils, colérique et sensible, assez remarquable.

"Un père partage avec son fils sa vision de ce que doit être un homme, un vrai, autour d’un entraînement de rugby."

Le plus tragicomique : Je suis une poussière d’étoile

Derrière sa tonalité comique et enfantine, le film d’Amélie Prévot et Marion Christmann aborde la question du deuil, avec justesse et une petite touche morbide.

"Il y a des choses qui se partagent difficilement. Tom et Charli vont en faire l’expérience au cours d’une drôle d’épopée…"

Le plus engagé : Je suis un combat

Sur une musique qui laisse entendre le bruit des chaînes d’esclave, et à travers un ralenti en noir et blanc, Tokou dénonce les bavures policières, le délit de faciès et tout ce qui constitue le quotidien d’un jeune de banlieue, dans ce qu’il a de plus tragique et beau. Très clipesque, ce film passe des extraits de vidéos réalisées lors des marches organisées pour Adama Traoré, comme des images subliminales.

"Ce film traite bien évidemment du partage. Du partage d’un repas, de moments de complicité au partage d’un joint entre amis pour enfin décompresser à la fin d’une dure journée. Mais également du partage d’une souffrance, d’un contrôle de police. D’un contrôle de police abusif, d’un meurtre, d’un combat : la lutte contre ces violences policières qui, chaque jour, tuent des hommes, des fils, des amis, des pères avec qui nous ne pourrons, hormis nos souvenirs, partager que ce combat."

Le plus familial : Je suis samedi en quinze

Simple et frais, le court-métrage de Yannick Privat montre un couple en train de négocier des jours de garde… mais pas pour ce que vous croyez.

"Samedi en quinze, c’est pas samedi en huit."

Le plus drôle : Je suis une merde

C’est l’histoire d’un mec qui embrouille ses amis pour partager un live sur les réseaux sociaux. Le court-métrage cocasse de Nicolas Martinez nous a séduits par son jeu d’acteurs et pour son dénouement, loin d’être mesuré.

"J’y arrive pas, j’y arrive plus, je partage pas, je partage plus."

Le plus gros twist : Je suis une audition

Le film de Barnaby Coote aborde la rivalité entre deux danseuses qui préparent une audition, avec son lot de stress et tout en grâce. Physique et poétique, la caméra capture avec souplesse cette histoire, tout en exploitant une double temporalité surprenante. Une belle ode à la danse.

"Une danseuse témoigne de son audition récente."

La meilleure reconstitution : Je suis la part du gâteau

Quatre continents et pays (l’Afrique "pour la première fois", les États-Unis, l’Europe et la Chine), incarnés par des protagonistes, doivent se partager trois parts de gâteau. Les États-Unis critiquent le manque de qualité des produits faits en Chine, l’Europe "qui était là avant" se moque de l’Afrique qui réclame une part entière. Tous entrent en guerre, alors que l’Afrique reste affamée… Spoiler Alert : la Russie fait un caméo. Ce film de Quentin Lecoq est une métaphore pertinente du monde actuel.

"Les grands de ce monde partagent un dîner, quand vient l’heure du dessert."

Le plus dystopique : Je suis ta peine

Dans le monde dystopique imaginé par Bruno Abehassera, la lutte des classes existe toujours. Ce court-métrage d’anticipation met en scène une société dans laquelle les riches profitent des pauvres pour faire taire leur souffrance. Une critique acerbe de la course au bien-être permanent.

"Dans un futur proche, les plus aisés peuvent recourir à un procédé unique permettant d’alléger leur tristesse. Jusqu’où iront les hommes dans leur course au bien-être permanent ?"

Cet article a été écrit dans le cadre d’un partenariat avec Nikon.

Par Donnia Ghezlane-Lala, publié le 20/02/2019

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