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Nicole Kidman vampirise le Festival de Cannes 2017

Publié le

par Mehdi Omaïs

CANNES, FRANCE – MAY 22: Nicole Kidman poses at a photocall for the movie « The Killing of a Sacred Deer » on the sixth day of 2017 Cannes Film Festival May 22, 2017 in Cannes, France. (Photo by Anatoliy Zhdanov/Kommersant via Getty Images)

À l’affiche de trois longs-métrages et d’une série, Nicole Kidman règne sur le 70e Festival de Cannes.

Nicole Kidman à Cannes, le 22 mai 2017. (© Anatoliy Zhdanov/Kommersant via Getty Images)

Elle est la synthèse parfaite de l’esprit cannois. À la fois gracieuse et exigeante, élégante et inattendue. Depuis de longues années maintenant, Nicole Kidman et la Croisette coulent des jours heureux. Une idylle qui a commencé précisément en 2001. Cette année-là, Thierry Frémaux, nommé délégué artistique du Festival de Cannes, se fait immédiatement remarquer en sélectionnant Moulin Rouge ! de Baz Luhrmann en compétition. Mieux : il en fait le film d’ouverture, réconciliant le festival avec les grosses productions américaines et faisant de Nicole Kidman, tout juste sortie de l’expérience Eyes Wide Shut avec Stanley Kubrick, le visage du premier festival du XXIe siècle. Classe.

Sublime sous les traits de la courtisane Satine, l’actrice australienne est alors au sommet de sa carrière. Elle semble éternelle, intouchable, promise à toutes les merveilles du monde cinématographique. Une intuition qui se révèle exacte à en juger par sa prestation hallucinante, quelques mois plus tard, dans Les Autres d’Alejandro Amenábar. Suivront le bouleversant The Hours de Stephen Daldry, pour lequel elle obtient l’Oscar de la meilleure actrice en incarnant Virginia Woolf, et l’étonnant Dogville de Lars Von Trier avec lequel elle revient au Festival de Cannes en 2003. Dès lors, Nicole Kidman passionne les foules. Le monde la découvre hors des clous hollywoodiens, entreprenante, lucide et capable de tourner avec des cinéastes espagnol ou danois.

2017, la nouvelle résurrection ?

En 2012, avec Paperboy de Lee Daniels, et en 2014, avec Grace de Monaco d’Olivier Dahan, la superstar australienne foule de nouveau les marches du Palais. Hélas, elle fait cette fois les frais d’œuvres ratées qui l’empêchent de se réinventer et d’enclencher la renaissance de sa carrière, comme ce fut le cas au début des années 2000 où rien ne semblait lui résister. Car, au-delà des films sélectionnés à Cannes, le bilan n’est pas joli joli non plus. On s’inquiète en effet de la voir bazarder son talent dans une flopée d’œuvres insignifiantes (Effraction, Les Voix du destin, Aux yeux de tous…). Et si 2017 lui apportait une nouvelle embellie ? Et si c’était l’année de la panacée ? Le début d’un nouveau début ? Avec trois films et une série présentés dans le cadre de cette 70e édition cannoise, Nicole Kidman pourrait bien se remettre (enfin) en orbite. C’est en tout cas le pari qui se pose. Et on a bon espoir de voir la fusée Kidman redécoller vers les étoiles.

Les hostilités ont d’ailleurs commencé. L’actrice australienne a déjà fait sa première montée des marches, dimanche 21 mai, en compagnie d’Elle Fanning, pour défendre le punko-mystique How to Talk to Girls at Parties du réalisateur James Cameron Mitchell (Shortbus). En compétition, elle fera crépiter les flashs pour The Beguiled, remake lointain des Proies par Sofia Coppola et Mise à mort du cerf sacré du Grec Yorgos Lanthimos. Elle se distinguera enfin dans la deuxième saison de la série Top of the Lake, que Jane Campion présentera dans le cadre d’une brochette d’événements qui marquera les 70 ans du Festival de Cannes. Autant dire que la diaphane et incandescente Nicole Kidman nous envoie là un message clair et fort : celui d’une diva qui est loin d’avoir dit son dernier mot.

À lire -> Après The Lobster, Colin Farrell procède à la Mise à mort du cerf sacré

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