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Nicole Kidman et Elle Fanning illuminent How to Talk to Girls at Parties en punkettes déjantées

Publié le

par Marion Olité

Onze ans après avoir monté les marches du Festival avec l’excellent ShortbusJohn Cameron Mitchell revient en terres cannoises avec un nouvel ovni. 

Adaptation de la nouvelle éponyme de Neil Gaiman (American Gods, Stardust)How to Talk to Girls at Parties narre l’étrange rencontre entre un jeune Anglais, Henry (Alex Sharp), en pleine fièvre punk des 70’s, et Zan (Elle Fanning), une superbe jeune femme qui affirme venir d’un autre monde. Lassée de sa vie ascétique auprès de sa communauté, elle s’enfuit en compagnie de Enn, curieuse de découvrir le mode de vie des punks. 

Oui, ce pitch est improbable, et assez barré pour intéresser un cinéaste de la trempe de John Cameron Mitchell, qui célébrait déjà dans son premier film, Hedwig and the Angry Inch (2001), la beauté du glam rock à travers la trajectoire d’une transsexuelle. Il fallait bien sa folie narrative et esthétique pour mélanger plusieurs genres - le film de rock vitaminé, la romance et la SF - et en sortir un objet artistique qui tient debout.

On passe ainsi de scènes de concert punk bouillonnantes à des performances de danse contemporaine (qui introduisent la communauté des aliens) bien déjantées. Si vous vous laissez porter par cet univers créatif un peu dingue qui va vous réveiller la rétine, l’expérience est jouissive. Dans le rôle de la candide Zan, Elle Fanning fait des merveilles, d’autant que John Cameron Mitchell a le bon goût de jouer avec son image de Belle au bois dormant, subvertissant les scènes de romance attendues, comme le premier baiser. Le film ne se départit jamais d’un humour de sale gosse réjouissant. 

Nicole Kidman, bien présente cette année à Cannes (elle défend 4 films et une série), étonne dans un rôle secondaire de matriarche qui prend Zan sous son aile. Voir ses deux-là en punkettes libérées, jurer et embrasser des mecs à pleine bouche, est assez jubilatoire.

Si la deuxième moitié du film a une structure un peu plus sage de comédie romantique, ce qu’on peut regretter (quitte à réaliser un ovni, autant y aller à fond), on retiendra de How to Talk to Girls at Parties sa "rebelle attitude" (les aliens du film, qui traditionnellement mangent leurs enfants sont la métaphore des parents étouffants le désir d’émancipation des adolescents), des thèmes chers à John Cameron Mitchell (la quête de l’identité sexuelle et de liberté, une célébration du mouvement queer) et une audace visuelle qui fait plaisir. 

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