VENICE, ITALY – SEPTEMBER 02: Nicolas Winding Refn attends the photocall of ‘Dawn Of The Dead – European Cut’ during the 73rd Venice Film Festival at Palazzo del Casino on September 2, 2016 in Venice, Italy. (Photo by Dominique Charriau/WireImage)

Nicolas Winding Refn va "ressusciter le cinéma" en lançant une plateforme de streaming gratuit

Le réalisateur danois Nicolas Winding Refn, à l’origine de Drive, Only God Forgives ou encore The Neon Demon, a annoncé la création de sa propre plateforme de streaming. Voici les premiers films bientôt en ligne.

Nicolas Winding Refn à la Mostra de Venise, en 2016. (© Dominique Charriau/WireImage/Getty)

À l’heure où Netflix semble avoir la mainmise sur l’industrie du streaming, c’est un projet à l’ambition bien différente qu’a dévoilé Nicolas Winding Refn, le 16 octobre dernier, au Festival Lumière, à Lyon. Au cours d’une conférence de presse, il avait présenté son site byNWR.com comme "la résurrection du cinéma".

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L’idée ? Mettre en lumière des films méconnus, voire oubliés du grand public, le tout gratuitement. Selon Winding Refn, "le futur du divertissement est la gratuité". Avec ce service de streaming, qui se veut "une voie d’expression artistique pure" (unique promesse que contient pour le moment le site), le réalisateur aimerait attiser la curiosité des spectateurs vis-à-vis de films moins accessibles ou grand public.

Chaque trimestre, il proposera une série thématique, avec chaque mois un film restauré à ses frais. Le cinéaste étant féru d’art, le site s’étendra au-delà du cinéma et proposera d’autres formes de contenus, tels que des essais, de la musique, des vidéos ou de la photographie.

La première sélection

Si la plateforme aurait dû être lancée en février, elle indique toujours actuellement un frustrant "Launching soon". Le réalisateur semble néanmoins encore investi dans le projet, puisqu’il vient de dévoiler au Guardian les premiers films qui y seront diffusés.

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Tout d’abord, Marée nocturne de Curtis Harrington, avec Dennis Hopper. Ce film des années 1960 se concentre sur les interrogations d’un marin qui vient de rencontrer une jeune comédienne qui gagne sa vie en tant que sirène dans un cirque. Peu à peu, il va s’apercevoir que ses anciens amants ont tous disparu. Avouez que cette enquête estivale donne envie :

On retrouvera également le documentaire The Burning Hell, de Ron Ormond, mettant en scène le pasteur Estus W. Pirkle, ainsi que The Nest of the Cuckoo Birds, de Bert Williams, dont le réalisateur parle avec passion :

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Le quatrième, Hot Thrills and Warm Chills, de Dale Berry, raconte les retrouvailles de trois femmes dans un motel, qui ont l’optique de voler la couronne du Roi du Sexe lors du prochain carnaval du Mardi gras...

La plateforme devrait être lancée durant le mois, a précisé le média.

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Un projet en accord avec sa vision de l’art

Bien avant cette annonce, Nicolas Winding Refn avait déjà exprimé à plusieurs reprises la relation particulière et assez intense qu’il entretient avec l’art :

"Vous savez, le grand art – c’est horrible à dire – est censé diviser, parce que s’il ne divise pas, il ne pénètre pas, et s’il ne pénètre pas, vous ne faites que le consommer."

Une idée qu’il avait réaffirmée dans une interview donnée à Clique :

"La créativité est très pure. C’est à propos du sexe et de la violence, ou l’amour et la haine. C’est à propos des extrêmes. J’aime tout ce qui s’oppose. Je ne trouve pas d’entre-deux. […]

L’ennemi juré de la créativité est le consensus. À notre époque, le monde du spectacle est régi par l’argent, parce qu’il coule à flots. Les hommes d’affaires ont du mal à comprendre cette approche. Mais c’est la seule manière de pouvoir continuer à être créatif. Tout ce qu’on a, c’est notre créativité."

Article publié le 19 octobre 2017 et mis à jour le 10 juillet 2018

Par Marie Jaso, publié le 10/07/2018

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