En images : quand Miyazaki adaptait Fifi Brindacier

En 1971, Hayao Miyazaki, fondateur du légendaire studio Ghibli, lance la production d'un long métrage d'après la série Fifi Brindacier d'Astrid Lindgren. Après plusieurs rencontres, le projet sera finalement avorté mais un ouvrage sorti l'année dernière au Japon en compile les planches préparatoires.

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Fifi Brindacier vue par Hayao Miyazaki et Isao Takahata

Fifi Brindacier, la fille la plus forte du monde. Une gamine espiègle aux couettes de feu, toujours habillée d'une salopette et de collants à rayures, capable à l'occasion de soulever un cheval. Enfant des douces années 90, c'est à toi que je m'adresse. Oui, avec le recul, ce dessin animé était un peu vieillot, c'est vrai, mais le personnage d'Astrid Lindgren, créé en 1945, avait alors alors près d'un demi-siècle d'activité avant sa diffusion sur TF!Jeunesse.

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Pourtant, si l'Histoire avait bien fait les choses, la télévision française aurait pu diffuser une toute autre version, onirique et stylisée, signée de l'immense Hayao Miyazaki (Princesse Mononoké, Mon voisin Totoro et autres merveilles), plus de quinze ans avant la création du studio Ghibli.

En 1971, Hayao Miyazaki et Isao Takahata, les deux futures têtes pensantes de Ghibli, alors animateurs chez A Production après avoir quitté Toei, se lancent dans la production d'un long-métrage d'animation Fifi Brindacier, séduits par cette histoire de gamine à la force démesurée. Ils enrôlent Yoichi Kotabe, directeur d'animation et character designer, et se lancent dans la production de planches de storyboard et d'aquarelles.  Pourtant, après une rencontre avec Astrid Lindgren (et malgré la présentation des planches préparatoires), celle-ci refuse de donner son feu vert aux trois animateurs, tuant le projet dans l'œuf.

Fifi Brindacier, une référence pour Miyazaki

En octobre 2014, l'artbook Fifi Brindacier (qui n'a jamais vu le jour) sort au Japon, contenant plus d'une centaine d'illustrations et de designs préparatoires du film avorté. Le résultat, saisissant, est un équilibre parfait entre l'univers scandinave et bucolique de Lindgren et le trait aérien de Miyazaki et de ses collègues, préfigurant les succès à venir de la machine à rêves Ghibli, qui ne sera fondée que quinze ans plus tard, en 1985.

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Marqués par ce refus, les futurs animateurs de Ghibli n'en restent pas moins fortement influencés par l'héroïne scandinave. On retrouve ainsi les thèmes de Lindgren, tels que la ruralité et la nostalgie de l'enfance perdue, dans plusieurs films signés Ghibli et dans la série Heidi, fille des Alpes, créée en 1974, qui compte Takahata et Miyazaki au générique. Les personnages de Dora, dans Le Château dans le ciel, ou de Mimiko, dans Panda Petit Panda, sont ainsi des hommages au personnage scandinave jamais adapté mais devenu, au fil des années, une des influences majeures de l'univers Ghibli.

Fifi Brindacier vue par Hayao Miyazaki

Fifi Brindacier vue par Hayao Miyazaki et Isao Takahata

Fifi Brindacier vue par Hayao Miyazaki

Fifi Brindacier vue par Hayao Miyazaki et Isao Takahata

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Fifi Brindacier vue par Hayao Miyazaki

Fifi Brindacier vue par Hayao Miyazaki et Isao Takahata

Fifi Brindacier vue par Hayao Miyazaki

Fifi Brindacier vue par Hayao Miyazaki et Isao Takahata

Fifi Brindacier vue par Hayao Miyazaki

Fifi Brindacier vue par Hayao Miyazaki et Isao Takahata

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Fifi Brindacier vue par Hayao Miyazaki

Fifi Brindacier vue par Hayao Miyazaki et Isao Takahata

Fifi Brindacier vue par Hayao Miyazaki

Fifi Brindacier vue par Hayao Miyazaki et Isao Takahata

Fifi Brindacier vue par Hayao Miyazaki

Fifi Brindacier vue par Hayao Miyazaki et Isao Takahata

Fifi Brindacier vue par Hayao Miyazaki

Fifi Brindacier vue par Hayao Miyazaki et Isao Takahata

Pour retrouver d'autres esquisses (et se rendre compte de ce qu'on a loupé), c'est ici.

Par Thibault Prévost, publié le 27/04/2015

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