AccueilCinéma

Miss Hokusai, un film dans l’ombre du grand maître japonais

Publié le

par Naomi Clément

Avec son nouveau film, le réalisateur japonais Keiichi Hara lève le voile sur O-Ei, une des filles de l'illustre Hokusai. Une femme dont on avait jusqu'ici peu entendu parler, et qui pourtant a aidé le maître à peindre un grand nombre de ses estampes.

O-Ei, dans l'ombre paternelle © Image tirée du film <em>Miss Hokusai</em>

On connaît Hokusai (1760–1849) pour ses ukiyo-e, ces estampes délicates nées à l’ère Edo (1603-1868), et dont il reste aujourd'hui le chef de file. "La Grande Vague de Kanagawa", "Le Rêve de la femme du pêcheur" ou encore "L’Orage sous le sommet de la montagne"... ces œuvres réalisées au cours du XXème siècle ont récemment été (re)mises en valeur aux yeux du monde à travers "Hokusai", la plus grande rétrospective jamais dédiée au maître japonais, qui prenait lieu l’hiver dernier au Grand Palais de Paris.

Ce que l’on sait moins en revanche, c’est qu’une grande partie de ses œuvres n’étaient pas signées de deux, mais de quatre mains : celles d’Hokusai bien sûr mais aussi celles d'O-Ei,  la troisième des quatre filles du maître. Décrite comme une jeune femme rebelle et indépendante, cette dernière a hérité du superbe talent paternel, mais fut complètement occultée par son ombre.

Deux siècles plus tard, un film dédié à Miss Hokusai

Aujourd’hui, le réalisateur Keiichi Hara – à qui l’on doit déjà Colorful (2011) et Un été avec Coo (2007) – dévoile Miss Hokusai. Un film d’animation qui nous plonge dans une année de la vie d'O-Ei, en 1814 à Tokyo, et qui met la lumière sur son travail et sa relation avec son père.

De passage en Europe en mai dernier pour présenter son film au Festival d’Annecy – dont il est reparti avec le prix du jury, Keiichi Hara confiait à Libération :

Comment une artiste de son talent, qui se trouve être la fille d’un génie, a pu ainsi être oubliée ? Honnêtement, avant de lire le manga de Hinako Sugiura [inédit en France et que Hara adapte aujourd’hui], je ne connaissais même pas l’existence d’O-Ei.

Les archives nous disent pourtant qu’elle a réalisé un grand nombre d’œuvres et il semblerait que toute une partie des estampes signées Hokusai à la fin de sa vie étaient de la main de sa fille. C’est forcément fascinant.

À découvrir en salles dès aujourd’hui.

À voir aussi sur konbini :