Michel Hazanavicius n’est pas content.

Michel Hazanavicius accuse François Hollande de mettre en péril le cinéma

Michel Hazanavicius, réalisateur et président de la société civile des auteurs-réalisateurs-producteurs déplore dans une lettre ouverte à François Hollande les coupes opérées dans le secteur culturel - et particulièrement cinématographique. 

Michel Hazanavicius

Michel Hazanavicius n'est pas content.

C'est la suite de la polémique qui secoue le cinéma français depuis la fin de l'année 2012. Michel Hazanavicius, réalisateur (entre autres) de The Artist, les OSS 117 ou bien encore La Classe Américaine) et président de la société civile des auteurs-réalisateurs-producteurs a adressé une lettre ouverte au Président de la République pour lui faire part de son mécontentement.

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Le ministère de la culture doit se soumettre à des baisses de subventions drastiques. Ainsi, la coupe de 100 millions d'euros dans le budget du CNC passe très mal et Hazanavicius prend carrément François Hollande à partie :

"Pourquoi devons-nous être en permanence les témoins d’actes qui viennent systématiquement contredire vos engagements ? (...) Nous tenons à vous rappeler que le CNC permet de maintenir l’équilibre sans cesse menacé entre la dimension artisanale de la création cinématographique et sa dimension industrielle. Il concourt à la vitalité du cinéma français et du cinéma européen. (...)

Déjà, l’année dernière, un prélèvement de 150 millions d’euros a été fait sur les fonds du CNC.

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Remise en cause d'une promesse

"Dans le cadre des efforts demandés à tous face à la "crise", un effort de solidarité important a été consenti par notre secteur vivant et bénéficiaire. Ce prélèvement devait être exceptionnel. C’est sur la foi de cette promesse qu’il a été accepté sans trop de réticences. Aujourd’hui, prenant appui sur le rapport Queyranne, une ponction supplémentaire de 100 millions d’euros sur le fonds de roulement du CNC serait à nouveau effectuée, remettant en cause votre promesse".

Mais la coupure des subventions accordée au CNC n'est pas le seul objet de sa vindicte. Il fustige également la disparition programmée du crédit d'impôt international proposé aux productions pour les tournages en France : "C’est une réelle aberration budgétaire et c’est courir le risque de faire partir à l’étranger les personnels qualifiés (notamment dans l’animation) qui sont fort appréciés, et demandés, par les grandes productions étrangères (américaines notamment). (...) 

Un film français qui se délocalise, ou qui ne peut se réaliser, c’est entre 100 et 200 emplois qualifiés qui se perdent. C’est une PME qui ferme. Pourquoi envisager de détruire cette entreprise centenaire qu’est le cinéma ?"

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"Sacrifice de la culture et du cinéma"

Sa lettre invective alors le Président à mieux considérer le secteur cinématographique et ce, même dans une France en crise. Après avoir signé une tribune sur l'exception culturelle française peu avant le Festival de Cannes dans le Monde, le réalisateur reprend sa casquette de président de la société civile des auteurs-réalisateurs-producteurs lorsqu'il déclare :

"Nous mesurons combien votre mission est complexe dans une France en difficulté, mais nous ne pourrions comprendre que vos choix soient ceux du sacrifice de la culture et du cinéma. Il y a un peu plus d’un an maintenant, vous rappeliez "l’originalité du financement du cinéma français, et déclariez que le rôle du Centre national du cinéma devait être préservé, garanti, ainsi que ses ressources". (...)

"Ne laissez pas vos coéquipiers vous faire perdre la partie"

"Nous comptons sur votre soutien pour que les arbitrages relatifs aux crédits pour la culture et pour l’audiovisuel public (qui vont être opérés dans les prochaines semaines avant les débats sur le prochain projet de loi de finances 2014) soient positifs et n’aillent pas dans le sens d’une destruction de ce que nous avons si difficilement et efficacement construit au cours des années."

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Nous aurions beaucoup de mal à comprendre pourquoi, après avoir si brillamment sauvé l’exception culturelle, vous laisseriez détruire notre secteur, sur la foi d’un rapport qui n’a visiblement compris ni nos enjeux, ni notre rôle social. Vous avez sauvé la règle du jeu, ne laissez pas vos coéquipiers vous faire perdre la partie.

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Par Théo Chapuis, publié le 18/07/2013

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